« La fin de la Guerre froide a également marqué la fin du cadre politique et militaire spécifique dans lequel les armes nucléaires ont été un facteur d’autolimitation et de dissuasion mutuelles », a déclaré Michael Rühle, conseiller principal pour les questions de politique auprès du Secrétaire général de l’OTAN.
M. Rühle, qui est également Chef de l’unité de rédaction de discours, a exposé les conséquences de l’accession de l’Iran à la technologie nucléaire, lors d’une réunion de la Commission politique de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN tenue durant la session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN qui a lieu à Reykjavik, en Islande.
« L’absence de nouvelles règles applicables au nucléaire, ainsi qu’un processus de mondialisation toujours plus rapide, ont été à l’origine de faits nouveaux qui exercent une pression énorme sur le régime de non-prolifération traditionnel. Le programme nucléaire de l’Iran est un de ces faits, la prolifération des missiles balistiques en est un autre », a-t-il dit aux parlementaires.
En dépit de ces problèmes, a déclaré M. Rühle, il n’y a aucune raison de se montrer exagérément pessimiste.
« On peut agir sur les événements, et pas forcément en être les victimes. D’ailleurs, certains faits survenus ces dernières années mettent en évidence l’émergence d’un nouvel ensemble de règles susceptibles de compléter le régime traditionnel de non-prolifération », a-t-il déclaré.
Il est persuadé que le Traité de non-prolifération, qui évoluera au fil des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, demeurera le cadre principal permettant d’identifier un comportement dangereux et de prendre les mesures qui s’imposent pour y faire face. « Mais les cas critiques seront de plus en plus traités en fonction des circonstances qui leur sont propres ». comme en témoignent les évolutions intervenues en Libye et en Corée du Nord.
Des mesures coercitives, telles que la lutte contre la contrebande maritime ou l’imposition de sanctions économiques contre les pays qui contribuent à la prolifération, rendront plus efficace le régime de non-prolifération. Toutefois, a conclu M. Rühle, « la dissuasion nucléaire, la ‘dissuasion élargie’ à l’échelle de l’Alliance et la défense antimissile balistique resteront la dernière ligne de défense si la non-prolifération échoue ».
L’Assemblée parlementaire de l’OTAN réunit quelque 248 parlementaires de 26 Etats membres de l’OTAN, des délégués de 16 pays associés et de cinq pays associés méditerranéens, ainsi que des observateurs du Parlement européen et de parlements de plusieurs autres pays, dont l’Afghanistan et le Pakistan.