Prenant la parole devant la 55e Session annuelle de l’Assemblée dimanche à Edimbourg, M. Mikser a expliqué que le nouveau Concept stratégique ne devrait pas modifier radicalement les principes fondamentaux de l’Alliance à cet égard. « Nous aimerions qu’il soit réaffirmé que l’article 5 et la défense collective sont la pierre angulaire de l’Alliance. Ils en sont l’élément central. » De nouvelles menaces comme la cyberguerre ou la sécurité énergétique devraient également être abordées, mais pas nécessairement sur la même base.
L’Assemblée parlementaire de l’OTAN rédige actuellement une série de recommandations sur la question du nouveau Concept stratégique pour examen par le Secrétaire Général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen. Selon M. Mikser, qui est également rapporteur spécial sur la contribution de l’Assemblée au Concept stratégique, elles seront soumises courant avril.
L’article 5 du Traité de Washington de 1949 consacre la défense collective comme mission de l’Alliance, en prévoyant qu’une attaque armée contre un ou plusieurs Etats de l’Alliance, survenant en Europe ou en Amérique du Nord, est considérée comme une attaque dirigée contre l’ensemble des pays membres de l’OTAN. La question de savoir si cela couvrirait ou non les nouvelles menaces a fait l’objet de débats, des experts affirmant que les « consultations » en vertu de l’article 4 du Traité seraient plus appropriées pour faire face aux cyberattaques ou à la désorganisation de l’approvisionnement énergétique.
« Les consultations sont importantes, » dit M. Mikser, « pour éviter des crises militaires ainsi que pour coordonner les politiques des Alliés sur diverses questions liées à la sécurité. Toutefois, l’engagement des Alliés à appliquer l’article 5 reste pertinent et important. »
Au cours du week-end, M. Mikser s’est exprimé devant les cinq commissions de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, en présentant les divers points des recommandations formulés jusqu’à présent. Un de ces points se rapporte aux menaces plus générales qui pourraient ne pas être couvertes par l’article 5, comme la cyberguerre, la sécurité maritime et la sécurité énergétique. Une autre recommandation a trait à la nécessité de fournir des capacités suffisantes pour les missions – et écarte expressément comme un « choix qui n’a pas lieu d’être » le conflit que certains voient entre les missions « hors zone » et la défense de la sécurité territoriale. « Indépendamment » de l’endroit où se situe une menace, « il est impératif de faire en sorte que les militaires de l’OTAN soient plus déployables, capables et intégrés », dit le dernier projet de recommandations.
Le nouveau Concept stratégique, première révision intervenant depuis 1999, devra trouver un équilibre entre les diverses priorités d’une alliance qui ne cesse de s’élargir dans le contexte de tout un éventail de nouvelles menaces. « C’est le premier Concept stratégique depuis le 11 septembre et depuis l’émergence du […..] réchauffement climatique en tant que défi majeur à la sécurité et d’autres questions » a dit M. Mikser. « C’est aussi le premier Concept stratégique impliquant les nouveaux Etats membres orientaux. En conséquence, le nouveau Concept stratégique devra prendre en compte une perception beaucoup plus diverse des menaces que les précédents. »
Le texte souligne aussi l’importance d’une meilleure coopération avec d’autres organisations internationales comme l’UE. « Nous comprenons tous les circonstances politiques » qui ont créé des obstacles pour la coopération entre l’OTAN et l’UE, a dit M. Mikser, mais, a-t-il ajouté, « deux organisations dont les membres sont en partie les mêmes devraient trouver des moyens d’améliorer coordination et coopération, même si cela implique un fonctionnement sur une base ad hoc jusqu’au moment où un cadre formel aura pu être défini ».
Enfin, les recommandations ont souligné que « la communication publique est vitale ». La compréhension insuffisante des principes et activités de l’OTAN risque en effet de mener à un soutien insuffisant des populations alliées et d’affaiblir la solidarité. C’est là que le rôle de l’Assemblée parlementaire est « particulièrement important », a dit M. Mikser. « Nous avons la responsabilité d’écouter le public, comme de l’informer ».
Plusieurs autres points ont été soulevés au cours des séances de l’Assemblée tenues le week-end dernier à Edimbourg et pourraient être inclus dans la version finale du projet de recommandations qui sera présentée au Secrétaire Général de l’OTAN en avril 2010. L’ouverture du Grand Nord provoquée par le changement climatique, la nécessité de rationnaliser certaines des structures de l’OTAN et l’impact de la crise économique sont autant de questions qui seront peut-être abordées, a dit M. Mikser. « Et bien évidemment, a-t-il ajouté, nous espérons qu’un maximum de ces points trouvera place dans le Concept stratégique, bien qu’à ce stade, la manière dont ce document sera effectivement rédigé n’ait pas encore été complètement définie ».