15 novembre 2006 - LE PRÉSIDENT SORTANT DE L’AP-OTAN SE DIT INQUIET POUR L’AVENIR DE L’OTAN [COMMUNIQUÉ DE PRESSE]
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Pierre Lellouche, Président sortant de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, a fait part aux membres de l’Assemblée de ses craintes quant à l’avenir de l’Alliance atlantique. |
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M. Lellouche a dit à ses collègues parlementaires, présents à la session annuelle de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN qui se tient à Québec, que les Etats-Unis comme les Etats membres de l'Union européenne doivent s'employer plus activement à assurer la survie de l'alliance politique et militaire qui a permis de gagner la Guerre froide. " Je dois vous avouer que je suis inquiet sur le devenir de l'Alliance atlantique… Je suis inquiet, d'abord parce que nos amis et alliés américains ne me donnent pas l'impression d'avoir véritablement choisi un cap quant au futur de l'Alliance " a-t-il déclaré lors d'une réception offerte par le Parlement canadien. M. Lellouche a dit qu'après les attaques du 11 septembre contre le World Trade Center, les Etats-Unis avaient court-circuité l'Alliance durant la " première phase de la guerre en Afghanistan, puis de l'opération en Irak ". Il s'est dit également inquiet du " désarmement budgétaire unilatéral " de nombreux pays européens et a plaidé en faveur d'efforts accrus pour consolider l'Alliance transatlantique. " Mais je suis inquiet aussi de l'inexistence du fameux pilier européen de l'Alliance. L'Europe se gargarise de sa fameuse PESD, Politique européenne de sécurité et de défense, mais elle est en fait, hormis la Grande-Bretagne et la France, en voie de désarmement budgétaire unilatéral. ", a-t-il déclaré. M. Lellouche a fait observer que l'Union européenne, avec une population une fois et demie supérieure et un PNB supérieur à celui des Etats-Unis, ne dépense que 40 % de l'effort militaire américain et n'aligne que 10% de forces de combat utilisables sur les théâtres d'opération extérieurs. " Unilatéralisme d'un côté, incantation verbale de l'autre, le résultat peut être tragique, comme on le voit aujourd'hui en Afghanistan où, si nous n'y prenons garde, l'OTAN, qui a pris en charge désormais la totalité du territoire afghan, risque d'être militairement mise en difficulté par les taliban, faute de moyens suffisants sur le terrain. Une déroute de l'Alliance, sous la forme d'un retrait plus ou moins organisé, porterait un coup terrible à sa crédibilité ", a-t-il indiqué. La session annuelle de l'AP-OTAN qui se déroule sur cinq jours a été dominée par l'Afghanistan où l'Alliance risque, comme le craignent de nombreux parlementaires, de ne pas atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés : apporter la paix et la stabilité à un pays dévasté par plus de 20 années de conflit. " La solidarité entre nations libres et démocratiques est un impératif… mais les principes que porte l'Alliance ne peuvent avoir de portée effective que si elle est efficace sur le terrain. L'Afghanistan est à cet égard l'opération la plus importante menée aujourd'hui par l'OTAN ", a-t-il ajouté. L'Assemblée parlementaire de l'OTAN, volet parlementaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), compte quelque 248 délégués de 26 Etats membres. Des délégués de 13 pays associés et de quatre pays méditerranéens participent également à la session.
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