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Rapports de mission
2009
14-16 octobre 2009 - Visite de la PCNP à Washington DC
14-16 octobre 2009 - Visite de la PCNP à Washington DC, Etats-Unis
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1. Une délégation de la Sous-commission sur les partenariats de l’OTAN (PCNP) a séjourné à Washington du 14 au 16 octobre 2009 pour s’enquérir du point de vue des Etats-Unis sur des questions liées à l’OTAN et à la sécurité internationale. Conduite par le président de la Sous commission, Rainer Stinner (Allemagne), elle a discuté de la situation en Afghanistan et au Pakistan, ainsi que des relations entre l’OTAN et la Russie avec des responsables gouvernementaux américains, des membres du Congrès et des spécialistes indépendants dans le domaine de la sécurité. La mise à jour du concept stratégique de l’OTAN, les relations entre cette dernière et l’Union européenne et, enfin, l’Iran figuraient également en bonne place à l’ordre du jour des réunions. |
I. AFGHANISTAN1. La situation en 2. Un spécialiste indépendant a fait remarquer que la précédente administration américaine avait tenté de « lésiner » sur la campagne afghane et qu’une bonne partie des ressources disponibles était utilisée pour la guerre en Irak. Autre raison majeure à la situation difficile qui règne en Afghanistan : l’absence de stratégie cohérente et la « réinvention constante des plans », ont affirmé d’autres participants. Steve Bowman, du Service de recherche du Congrès (CRS), a rappelé à la délégation que l’actuelle révision de la stratégie afghane était la sixième en deux ans. 3. Si les intervenants ont convenu, de manière générale, que les troupes déployées en Afghanistan étaient trop peu nombreuses, certains n’en ont pas moins estimé qu’il serait peu réaliste de supposer que les Alliés et la communauté internationale pourraient jamais réunir les quelque 600 000 hommes nécessaires, selon certaines estimations, pour mener une stratégie contre-insurrectionnelle classique dans le pays. La façon la plus efficace d’améliorer la sécurité est donc d’accroître les capacités des forces armées afghanes (FAA) et de la police nationale afghane (PNA). Dans ce contexte, Bruce Riedel, chargé de recherches au Saban Centerfor Middle East Policyde la , a observé que le coût du déploiement d’un soldat américain en Afghanistan pour une durée d’un an s’élève à environ 250 000 dollars, tandis que celui de la formation d’un soldat afghan oscille aux alentours de 12 000 dollars. Qui plus est, chaque soldat afghan possède trois avantages sur n’importe quel soldat allié : « il parle la langue du pays, mange la nourriture du pays et boit l’eau du pays ». Pour M. Riedel, « les Alliés devraient renoncer à l’idée de constituer une armée afghane reposant sur une infrastructure afghane ». Ils devraient plutôt, avec les Alliés et la communauté internationale, bâtir une armée nationale équipée et approvisionnée par l’Ouest pendant longtemps. 4. Des représentants officiels et des spécialistes indépendants ont estimé qu’une tactique exclusivement militaire ne saurait déboucher sur une solution durable en Afghanistan. Comme l’a fait remarquer l’un des intervenants, « le développement soutient la sécurité mais il ne la crée pas ». Il est donc crucial de combiner judicieusement développement et sécurité. Les intervenants ont également reconnu que la pauvreté continuait à poser un grave problème et l’un d’eux a précisé que le taux de chômage atteignait pas moins de 40 %. Un autre intervenant a évoqué la difficulté particulière du fort pourcentage de chômeurs enregistré parmi les Afghans ayant bénéficié d’une éducation supérieure à la moyenne ; il a ajouté que seuls 25 % de ceux qui poursuivaient des études supérieures trouvaient un emploi. Aux yeux de cet intervenant, il s’agit là d’une « bombe à retardement » : bon nombre de ceux qui ne trouvent pas de travail quittent le pays et quelques autres rejoignent les talibans. Selon un spécialiste, ces derniers tirent profit de l’incertitude qui plane sur l’avenir du pays ; ils disposent en outre de moyens financiers considérables qui leur servent à recruter parmi les jeunes. Le même spécialiste s’est dit préoccupé par le fait que certains établissements pénitentiaires échappaient désormais au contrôle des autorités et faisaient office de sanctuaires et de bureaux de recrutement pour les insurgés. Enfin, il a évoqué la version divulguée du rapport du général Stanley A. McChrystal. De l’avis des intervenants, ce rapport est une évaluation « sans fard » de la situation. 5. Le débat a fait apparaître un vaste consensus autour de la nécessité de donner aux Afghans l’espoir d’une amélioration de la situation. Aussi les autorités afghanes et la communauté internationale doivent-elles avoir pour priorité absolue l’instauration d’une plus grande sécurité pour les personnes et d’une gouvernance satisfaisante. Les intervenants ont cependant estimé que les choses s’étaient encore compliquées depuis les récents scrutins (élection présidentielle et élection des conseils provinciaux), scrutins dont les intervenants ont jugé qu’ils avaient été biaisés en faveur des dirigeants en place. Des opinions divergentes ont été émises sur le degré de gravité que des élections entachées de fraude présentaient pour l’avenir du pays. M. Riedel a qualifié de « fiasco » ces élections, qui étaient censées apporter un partenaire fiable à la communauté internationale. Toutefois, un autre intervenant a insisté sur deux aspects positifs des élections : le taux de participation a été élevé, en dépit d’une sécurité précaire, et la commission de vérification des plaintes, mandatée par l’ONU, mène une enquête sur le déroulement des scrutins. Le même intervenant a en outre fait valoir que le débat qui s’était ouvert en Afghanistan dans le prolongement des élections portait bien moins sur la fraude électorale que sur la participation : en effet, dans le nord et le sud du pays, de nombreux électeurs n’ont pu voter en raison, avant tout, des mauvaises conditions de sécurité. De ce fait, le problème le plus grave qui se pose après les élections est peut-être celui des différentes perceptions des habitants du nord et du sud de l’Afghanistan. Dans le même ordre d’idées, Steve Coll, de la New America Foundation, a émis l’opinion que le projet de réconciliation et de réintégration ethniques était « vital ». 6. Tous les intervenants qui se sont exprimés au sujet de l’Afghanistan ont admis qu’il fallait se pencher sur les lacunes apparues lors du processus électoral et former au plus vite un gouvernement comportant des représentants de toutes les communautés ethniques. La grande majorité des participants ont également convenu que, sur le plan de la reddition de comptes de la part des autorités, des améliorations considérables s’imposaient. Un intervenant a ajouté qu’il fallait purger le gouvernement de tous ceux qui étaient impliqués dans le trafic de stupéfiants. Il a cependant été souligné qu’il fallait pour cela une volonté politique, en plus de moyens civils. Selon un spécialiste indépendant, un facteur complique encore la situation et risque de restreindre l’influence de la communauté internationale sur les dirigeants afghans : « le sentiment prédominant, chez les partisans de M. Karzaï, que “l’Ouest” évincerait ce dernier par tous les moyens ».
II. L’ENGAGEMENT FUTUR DE L’OTAN EN AFGHANISTAN7. Se plaçant dans l’optique de l’Alliance, le lieutenant-général (e.r.) David Barno, directeur du Near East South Asia Center for Strategic Studies (NESA), a distingué quatre tâches ou problèmes majeurs pour l’OTAN en Afghanistan. 8. En premier lieu, les Alliés doivent faire échec à la stratégie des talibans en insistant sur leur engagement durable envers la région : en effet, les talibans pensent qu’ils n’ont qu’à attendre le retrait des Alliés du pays. D’autres intervenants ont souscrit à ce point de vue, et l’un d’eux a estimé que l’engagement des Etats-Unis en Afghanistan figurait au nombre des interventions « tout ou rien » de ces 25 ou 30 dernières années. De l’avis de l’intervenant, la plupart des acteurs de la région considèrent que le chaos de ces dernières années est le résultat de la politique américaine d’intervention ou d’abstention, et ils ne pensent pas que les Etats-Unis resteront sur place. Ils appliquent donc une « tactique fluctuante » et élaborent leurs stratégies de sécurité nationale en fonction de « la tournure que prendront les choses le jour où les Américains s’en iront ». Un intervenant a déclaré que toute discussion sur un éventuel départ ou de possibles stratégies de désengagement nuisait à la mission proprement dite et portait atteinte aux objectifs stratégiques des Etats-Unis. 9. En deuxième lieu, le prochain gouvernement afghan devra reconquérir la confiance de la population, a souligné le lieutenant-général Barno. Un spécialiste indépendant a estimé que les Afghans se méfiaient désormais de la manière dont la communauté internationale investissait dans le pays. Les échanges ont fait apparaître l’existence d’un large consensus autour du fait que les principaux problèmes restent la corruption et le manque de légitimité des autorités de Kaboul. George Voinovich (Sénat des Etats-Unis) a indiqué que les Alliés devaient pouvoir faire confiance auxdites autorités pour envisager de constituer des forces armées et une police. Selon un membre de la délégation, les autorités afghanes doivent « faire beaucoup plus pour justifier que les pays occidentaux exposent la vie de leurs jeunes soldats ». Un autre intervenant a affirmé que le manque de confiance sapait les efforts de l’OTAN et de la communauté internationale. 10. Troisièmement, les Alliés doivent parvenir à une véritable unité d’action, de l’avis du lieutenant-général Barno. Si l’on a beaucoup parlé, ces dernières années, de la nécessité d’appliquer une méthode globale, on n’a jamais tenté vraiment de passer à la pratique. De sérieux problèmes subsistent, a-t-il été indiqué à la délégation, dont l’absence de communication au niveau local, provincial et régional, et les militaires doivent contribuer aux activités des civils. Il existe au sein de l’Alliance une crise de confiance, conséquence – essentiellement – des opérations en Afghanistan. Un intervenant a évoqué la persistance des clauses restrictives et autres limitations nationales imposées aux troupes alliées sur le terrain. Un autre a observé que les armées européennes étaient devenues de facto des forces de maintien de la paix et ne disposaient que de capacités de combat inutilement réduites. Ces lacunes ont conduit une partie des officiers américains de rang intermédiaire à ne plus considérer leurs camarades alliés comme leurs égaux, et l’acronyme anglais de la Force internationale d’assistance à la sécurité, ISAF, a été déformé en I Saw Americans Fight (« J’ai vu des Américains se battre »). L’intervenant a estimé que cela était préoccupant et s’est demandé quel effet cela pouvait avoir sur l’OTAN en tant qu’alliance. 11. Quatrièmement, les autorités nationales doivent reformuler avec clarté les explications de la présence alliée en Afghanistan, a conclu le lieutenant-général Barno, selon qui les raisons de cette présence ont été « brouillées », ces dernières années. Le président de l’Assemblée, John Tanner (Congrès des Etats-Unis), a souligné l’importance cruciale du soutien de l’opinion publique à la campagne afghane. Il s’est référé, à cet égard, à l’émiettement progressif de l’adhésion des Américains à la guerre du Viet Nam, ajoutant cependant qu’à son avis « nous n’avons d’autre choix que de rester en Afghanistan ». Les membres de la délégation ont convenu qu’il n’était pas aisé de faire en sorte que l’opinion publique continue à soutenir l’intervention alliée en Afghanistan. Un parlementaire canadien de la délégation a dit qu’il était important de souligner que le coût du retrait des forces alliées serait bien supérieur à celui de leur maintien sur place. 12. Le lieutenant-général Barno et d’autres intervenants ont reconnu qu’il n’y avait pas de solution aisée et bon marché. Lorsqu’ils réfléchiront à la suite de leur engagement en Afghanistan, les Alliés devront prendre en compte les éventuelles conséquences d’un échec. Par exemple, le taliban et al-Qaïda seront-ils « catalysés » si l’OTAN et la communauté internationale échouent ? Si les Alliés ne parviennent pas à leurs fins, quelles seront les répercussions sur la crédibilité des Etats-Unis et de l’OTAN ? Celle-ci survivra-t-elle en tant qu’Alliance si elle échoue ? Les intervenants ont souligné que les Alliés pouvaient bel et bien sortir victorieux de la campagne afghane. M. Riedel a fait observer que la majorité des Afghans voulaient collaborer avec la coalition. L’écrasante majorité de la population, y compris les Pachtounes du sud du pays, ne veulent pas d’un retour des talibans. Les Afghans suivent de près l’évolution du débat qui se déroule aux Etats-Unis sur la future stratégie de la campagne, a indiqué un intervenant, qui a ajouté qu’aux yeux de la population, le pire des scénarios serait que le pays soit une fois de plus abandonné à son sort. 13. M. Voinovich a déclaré qu’une victoire en Afghanistan exigeait une solide stratégie et une augmentation des contributions alliées. Il a expliqué que l’administration américaine envisageait de s’engager de manière durable vis-à-vis de l’Afghanistan et a demandé ce que les Alliés étaient disposés à faire là-bas. Il a également posé la question de savoir si les populations européennes avaient bien conscience de la menace que ferait peser un échec dans le pays. 14. Un membre de la délégation a souligné l’importance d’une méthode et d’un processus décisionnels qui soient authentiquement collectifs pour ce qui est de l’engagement de l’Alliance en Afghanistan. Julianne Smith, directrice principale pour la politique relative à l’OTAN et à l’Europe au cabinet du secrétaire à la Défense des Etats-Unis, a fait valoir que la tactique adoptée par la nouvelle administration américaine donnait suite à diverses requêtes alliées en faveur d’une stratégie régionale doublée d’une méthode globale et assortie d’objectifs qui ne soient pas hors de portée. Répondant aux observations d’un parlementaire canadien de la délégation, Mme Smith et M. Reed ont admis que de nombreux Américains ignoraient la contribution apportée sur le terrain par l’OTAN. Mme Smith a assuré aux membres de la délégation que le gouvernement américain tiendrait compte des intérêts des Alliés.
III. PAKISTAN15. M. Reed et d’autres intervenants ont insisté sur l’importance que revêtait le Pakistan dans le contexte de la stratégie régionale globale que les Alliés et, de fait, la communauté internationale doivent appliquer en Afghanistan. Les participants ont souscrit au point de vue selon lequel la sécurité de l’un et l’autre pays étaient indissociables et que la stabilité du Pakistan restait fragile. Paul W. Jones, adjoint du représentant spécial et vice-secrétaire d’Etat adjoint pour l’Afghanistan et le Pakistan, et d’autres intervenants ont souligné que les Etats-Unis étaient conscients de cet état de choses. L’importance du Pakistan va même au-delà de la région, comme l’a fait observer M. Riedel ; ce dernier a précisé que l’arsenal nucléaire pakistanais était l’un de ceux qui se développaient le plus rapidement au monde. Un spécialiste indépendant a indiqué que « si l’Afghanistan pose un problème ardu, le Pakistan en pose un bien plus ardu encore ». Plusieurs intervenants ont émis l’opinion qu’al-Qaïda – qui, selon eux, représente une menace aussi redoutable que huit ans auparavant – est désormais essentiellement basée au Pakistan. Un participant a fait remarquer que le principal quartier général des talibans afghans se trouverait, paraît-il, à Quetta mais que les forces de sécurité pakistanaises n’avaient rien fait à ce sujet. Un sentiment général s’est toutefois dégagé de la discussion : les autorités d’Islamabad ont compris, comme l’ont fait observer M. Riedel et d’autres intervenants, que l’existence même du Pakistan était menacée par les groupes terroristes islamistes, notamment depuis les attaques dont ont fait l’objet les forces de sécurité du pays. 16. Ces forces combattent maintenant les insurgés sur le territoire national et les opérations menées dans la vallée de Swat – opérations qui ont malheureusement obligé une grande partie des habitants à fuir – ont été couronnées de succès. Cependant, les autorités pakistanaises ne disposent pas, actuellement, des ressources nécessaires pour défaire complètement l’ennemi. Leurs forces armées n’ont pas la perspective, la formation et l’équipement requis par des activités contre-insurrectionnelles de longue durée. Aussi les offensives pakistanaises, telle celle qui est en cours dans le Waziristan, seront-elles d’une ampleur limitée. 17. La délégation a appris qu’en dépit de la gravité des menaces qui pèsent sur la sécurité du pays c’est l’économie qui pose le problème le plus sérieux. M. Riedel et d’autres intervenants ont expliqué que la mauvaise santé économique du Pakistan était la première raison du succès des extrémistes. Si l’assistance promise lors de la conférence des pays donateurs qui s’est tenue au Japon permet effectivement d’alléger le fardeau, elle ne suffit pas, a expliqué un spécialiste indépendant. M. Coll a rappelé que M. Obama venait de signer une loi qui ferait date, puisqu’elle a porté l’aide américaine au Pakistan à environ 1,5 milliard de dollars. Malgré cela, les relations entre Washington et Islamabad ne sont pas dépourvues de complications, selon plusieurs spécialistes indépendants. A cet égard, M. Riedel a expliqué que les conditions auxquelles le Congrès avait subordonné l’entrée en vigueur du programme d’assistance conçu par l’administration Obama avaient suscité des protestations au Pakistan. Si la plupart des conditions votées par la Chambre des représentants ont été supprimées lors des négociations avec le Sénat, l’Assemblée nationale pakistanaise n’en a pas moins examiné une résolution condamnant cette loi. Pour M. Riedel, les Etats-Unis adoptent donc vis-à-vis des autorités pakistanaises, en matière de communication, une politique placée sous le signe de la franchise en privé et de la circonspection en public. M. Sedney a ajouté que les discussions avec les responsables gouvernementaux pakistanais – des discussions qui, dans le passé, avaient été très difficiles – étaient devenues beaucoup plus fructueuses ces six derniers mois. M. Riedel a indiqué que le Pakistan connaissait une période de transition critique et que c’était la quatrième fois qu’il tentait de se doter d’un régime démocratique. 18. La complexité des problèmes de sécurité auxquels sont confrontés l’Afghanistan et le Pakistan a été une nouvelle fois mise en relief par plusieurs intervenants qui ont insisté sur l’importance cruciale des relations entre Islamabad et New Delhi. M. Coll a estimé qu’une normalisation entre le Pakistan et l’Inde avait un caractère éminemment décisif pour l’accomplissement d’avancées au Pakistan même, y compris la conclusion d’un accord viable sur le partage du pouvoir entre l’armée et le gouvernement. La délégation a entendu différents points de vue sur l’état des relations bilatérales entre les deux pays. Un intervenant a fait valoir qu’aux yeux des autorités indiennes le Pakistan ne s’était pas sérieusement attelé au démantèlement du réseau terroriste et multipliait les provocations à son égard depuis dix ans. Toutefois, Islamabad et New Delhi discutent très sérieusement dans les coulisses et le président pakistanais, M. Zardari, a insisté sur sa volonté de reprendre à l’endroit où son prédécesseur, M. Moucharraf, s’était arrêté. Un autre intervenant a indiqué que les négociations bilatérales progressaient fort bien et que les deux parties semblaient véritablement désireuses d’améliorer ces relations. Selon MM. Coll et Riedel, le différend le plus grave reste celui du Cachemire. M. Riedel a estimé qu’une solution au problème pourrait être la reconnaissance de la « Ligne de contrôle » en tant que frontière, moyennant quelques modifications mineures. Cette frontière devrait toutefois « être perméable » et autoriser le passage des biens et des personnes, d’autant que la seule perspective offerte à la région est celle du tourisme. M. Riedel a insisté sur la nécessité d’associer la communauté internationale au règlement de la question du Cachemire. Lorsque l’Inde et le Pakistan seront parvenus à un accord, il conviendra également d’y associer ladite communauté, ce qui pourrait inspirer confiance aux deux parties. 19. M. Riedel a conclu en déclarant qu’une amélioration de la situation en Afghanistan et au Pakistan exigeait une stratégie articulée en trois volets : 1) élaboration d’une stratégie régionale (faisant intervenir aussi l’Iran, la Russie, la Chine et les pays du Golfe) ; 2) modification fondamentale des relations des Etats-Unis et des Alliés avec le Pakistan (à cet égard, M. Riedel a expliqué que la politique de M. Obama tentait d’introduire de la constance et de la cohérence dans les rapports entre Washington et Islamabad) ; 3) mise au point d’une politique contre-insurrectionnelle cohérente.
IV. IRAN20. Plusieurs intervenants ont fait observer que, jusqu’ici, l’Iran avait joué un rôle très constructif dans la question afghane. Cela s’explique, selon eux, par le fait qu’il a certains intérêts en commun avec les Alliés dans ce dossier. Le débat a également porté sur les activités nucléaires iraniennes et sur les négociations en cours entre Téhéran et le groupe « P5+1 » (soit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne). Tous les participants ont convenu que ces activités étaient des plus préoccupantes et qu’un règlement négocié de la question demeurait préférable. De surcroît, une solution militaire ne résoudrait en aucun cas le problème d’une manière stratégique ; bien au contraire, elle ne ferait qu’aggraver les choses et aurait de gigantesques répercussions régionales, comme l’a affirmé Flynt Leverett, de la New America Foundation. Un spécialiste indépendant a souhaité qu’il soit possible « d’empêcher les Iraniens de donner le dernier tour de vis nécessaire à la fabrication d’une bombe nucléaire ». 21. M. Leverett a fait observer qu’il serait impossible de traiter la question nucléaire indépendamment d’autres questions internationales d’une portée plus vaste. D’un point de vue iranien, cela a déjà été fait, mais en vain. Par ailleurs, l’Iran se pose en chef de facto de la résistance aux politiques américaines dans la région et son rôle dans cette partie du monde a gagné en importance, ce qui est une source de défis, mais aussi de possibilités nouvelles, pour les Etats-Unis. Evoquant les troubles survenus récemment dans le pays, l’intervenant a indiqué que l’évolution de la situation politique intérieure n’était guère susceptible d’influer les politiques radicales adoptées par Téhéran dans les domaines de la sécurité nationale et de la diplomatie. Enfin, l’intervenant a estimé que l’Iran jouissait d’une certaine stabilité sur le plan intérieur. 22. Cathy Addis, du CRS, a brièvement expliqué la stratégie des Etats-Unis vis-à-vis du régime iranien en faisant ressortir le parallélisme entre ouverture et sanctions. Cette politique bénéficie de l’aval du Congrès, notamment en ce qui concerne l’application d’éventuelles sanctions supplémentaires. L’intervenante a indiqué succinctement que le bilan des dernières rencontres avec le « P5+1 » était prometteur et que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) prévoyait des inspections pour le 25 octobre. A la différence de Mme Addis, M. Leverett s’est montré sceptique au sujet de la stratégie parallèle, faisant valoir que les sanctions seraient une perte de temps, dès lors qu’elles ne changeraient rien à rien. De plus, et dans la mesure où elles seraient appliquées, elles nuiraient à la crédibilité de la voie diplomatique, a-t-il affirmé. Il vaudrait mieux que l’Ouest envisage sérieusement de recourir à une politique stratégique globale. M. Leverett a ajouté que les Etats-Unis devaient recadrer leur politique envers l’Iran, de la même manière que le président Nixon l’avait fait pour la Chine. Téhéran pourrait mener une politique étrangère rationnelle – il a prouvé qu’il en était capable depuis la fin du conflit avec l’Irak. L’intervenant a rappelé que l’Iran ne comptait pas moins de 15 voisins dont aucun – du point de vue de ses dirigeants – n’est un allié naturel. Il a dans la région des intérêts légitimes à préserver et un rôle légitime à jouer. En outre, il sera impossible de régler la question de la Palestine, du Liban, etc. sans sa coopération. A cet égard, M. Leverett a fait référence au problème palestinien et à l’influence de Téhéran sur le Hamas en affirmant que si ce dernier ne participait pas au processus, il ne faudrait s’attendre à aucun progrès. Le directeur du ministère des Affaires étrangères d’Israël et du Bureau des affaires palestiniennes, Thomas H. Goldberger, a insisté, au contraire, sur le fait que Washington continuait à considérer le Hamas comme une organisation terroriste.
V. RUSSIE23. Puisque les relations avec la Russie figurent à l’ordre du jour de la Commission politique, il n’était que logique que la Sous-commission sur les partenariats de l’OTAN souhaite entendre le point de vue de Washington à ce propos. D’une manière générale, les intervenants qui se sont adressés à la délégation se sont félicités de la volonté de l’administration Obama et d’autres pays alliés d’améliorer ces relations. Dans ce contexte, l’annulation des plans de l’administration précédente concernant le déploiement d’éléments du système américain de défense antimissiles en Pologne et dans la République tchèque est une décision fort bienvenue. M. Voinovich a estimé que la décision en soi était appropriée. Il a cependant critiqué le fait qu’elle ait été annoncée le jour anniversaire de l’invasion de la Pologne par l’URSS en 1940. Des responsables du département d’Etat et du département de la défense ont souligné que les Etats-Unis « n’ont abandonné aucune partie de l’Europe au profit d’une amélioration de leurs relations avec la Russie ». A cet égard, Tina Kaidanow, vice-secrétaire d’Etat adjointe, a parlé du différend qui oppose Washington et Moscou au sujet de la Géorgie. Evoquant le conflit russo-géorgien d’août 2008, elle a qualifié d’« équilibré » le rapport établi par la mission d'enquête internationale indépendante sur ce conflit (dit « rapport Tagliavini ») et a ajouté que la porte de l’OTAN devait rester ouverte à la Géorgie, tout en précisant que la participation de ce pays au plan d’action pour l’adhésion à l’OTAN ne se trouvait pas en tête de l’ordre du jour pour l’instant. 24. Steve Hildreth, du CRS, a indiqué que la menace posée par les missiles avait changé : en effet, les travaux consacrés par les Iraniens à la fabrication de missiles balistiques intercontinentaux ont progressé plus lentement, contrairement à ceux qui concernent les missiles à courte ou à moyenne portée. 25. Le colonel Tim Shea, directeur de la politique pour l’Eurasie et la mer Noire au cabinet du secrétaire à la Défense, a rappelé que les Etats-Unis avaient rétabli leurs relations militaires avec la Russie en juillet dernier. Les forces armées russes font actuellement l’objet d’une réforme approfondie. Vue de l’extérieur, cependant, la planification de la défense de la Fédération ne semble pas toujours cohérente. A cet égard, l’intervenant a fait observer que la plupart des menaces pesant sur la sécurité du pays émanaient du sud et que la Russie avait besoin de forces plus souples et plus légères pour faire face aux défis présents et à venir. Or cela n’apparaît pas nécessairement dans la réforme en cours.
VI. RELATIONS ENTRE l’OTAN ET L'UNION EUROPEENNE26. Leo Michel, chargé de recherches principal à l’Institute for National Strategic Studies de la National Defense University, a succinctement passé en revue les relations entre l’OTAN et l’Union européenne. Si, dans le passé, les Etats-Unis semblaient sceptiques quant à l’idée d’un rôle plus affirmé de l’Union dans les affaires de sécurité, ils paraissent en revanche plus préoccupés, aujourd’hui, par le fait que la même Union n’est pas assez active dans ce domaine. L’intervenant brosse des relations entre l’OTAN et l’Union un tableau d’ensemble assez mitigé. Certes, il peut arriver que de bonnes relations de travail existent sur le terrain, mais ce sont les relations aux échelons supérieurs qu’il faut améliorer, a dit l’intervenant. Ainsi, les relations entre les deux entités au Kosovo sont « assez bonnes » au niveau pratique, notamment entre la mission « Etat de droit » de l’Union (EULEX) et la KFOR. Par contre, la situation en Afghanistan est très différente. L’envoi par l’Union d’une mission chargée de la formation de policiers avait suscité de grands espoirs, des espoirs qui se sont toutefois évanouis assez vite au vu de l’extrême lenteur du processus ; aujourd’hui, l’Union déploie à grand-peine 265 policiers. M. Michel a évoqué d’autres exemples de coopération entre l’OTAN et l’Union, tel celui de diverses activités de formation d’ampleur restreinte en Irak : l’Union a envoyé dans ce pays une mission EULEX pour former des magistrats ; cette mission bénéficie de l’assistance de la Mission OTAN de mise en œuvre de la formation en Irak (NTM-I), laquelle a aménagé à cet effet une zone de sécurité efficace et viable. 27. Mais, en général, il n’y a pas eu de progrès sur le plan de l’approfondissement et de la structuration des relations entre l’OTAN et l’Union européenne. Qui plus est, il n’existe pas encore d’accord formel entre les deux entités, que ce soit au Kosovo ou en Afghanistan. M. Michel a souligné que la véritable utilité de relations étroites entre l’OTAN et l’Union ne résidait pas dans le domaine purement militaire, mais dans celui des activités conjointes des secteurs civil et militaire, puisque l’Union, ainsi que ses Etats membres, disposent d’une vaste panoplie d’instruments qui peuvent servir aux opérations postérieures aux conflits. L’intervenant suggère, pour resserrer les relations entre l’Union et l’Alliance et les rendre plus efficaces, la création d’un quartier général commun réservé aux opérations militaro-civiles. Cette démarche apporterait une valeur ajoutée indéniable, d’autant qu’elle est davantage susceptible d’occuper une place plus élevée dans l’ordre du jour des deux entités. Plusieurs membres de la délégation ont répondu à cela que l’instauration de relations de travail plus étroites entre l’OTAN et l’Union européenne se faisait attendre depuis bien trop longtemps, même si les objectifs principaux de l’une et de l’autre – objectifs qui peuvent parfois se chevaucher – sont fondamentalement différents. M. Michel a prédit que le rôle de ces relations sera un thème majeur dans le débat sur la mise à jour du concept stratégique de l’OTAN.
VII. MISE A JOUR DU CONCEPT STRATEGIQUE DE L'OTAN28. Les rencontres avec des membres du Congrès, des spécialistes du CRS et des représentants du département d’Etat et du département de la Défense ont donné à la délégation l’occasion de discuter du concept stratégique de l’OTAN, en cours d’examen. Mme Smith a souligné combien il était important de mettre à jour le concept, lequel fournira des lignes directrices au sujet des futures missions de l’OTAN, des moyens nécessaires à leur accomplissement et des modalités régissant la création de partenariats entre l’Alliance et des pays ou des institutions. Rainer Stinner (DE) et plusieurs membres de la Chambre des représentants ont insisté sur l’importance qu’il y avait d’associer les parlements à la mise à jour du concept. Un certain nombre de membres de la Chambre des représentants ont rappelé que l’Assemblée parlementaire de l’OTAN avait joué un rôle de pionnier dans ce débat. 29. Vince Morelli, directeur de recherches pour l’Europe au CRS, a précisé que la mise à jour se faisait en trois phases, à savoir : 1) une « phase de réflexion », qui comporte plusieurs séminaires, 2) une « phase de consultation », pendant laquelle le groupe d’experts présidé par Mme Madeleine Albright se réunira avec les chefs d’Etat et examinera les conclusions de la « phase de réflexion », et 3) une « phase de rédaction » du nouveau concept stratégique. 30. Les participants sont convenus que le nouveau concept stratégique devait reconfirmer l’attachement de l’OTAN à l’article 5, tout en permettant à l’Alliance de parer aux nouvelles menaces qui font leur apparition. Du point de vue des Etats-Unis, le concept mis à jour doit permettre à l’OTAN d’assumer sa tâche principale : faire face aux grands défis du XXIe siècle qui découlent des menaces pesant sur la sécurité mondiale, telles que le terrorisme ou la prolifération des armes de destruction massive. Des membres de la Chambre des représentants ont estimé que le nouveau concept devait aussi aborder des questions comme la cyberdéfense ou la sécurité énergétique. Paul Belkin, analyste des affaires européennes au CRS, a déclaré que Washington soutenait sans ambiguïté une Politique européenne de défense et de sécurité (PESD) qui complète l’OTAN sans s’y substituer. Des membres du Congrès ont affirmé que le nouveau concept devait aborder la question des relations avec l’Union européenne et l’ONU. 31. Au cours d’échanges avec des membres de la Chambre des représentants, des participants ont fait observer que le nouveau concept stratégique devait être acceptable aux yeux de tous les pays membres de l’Alliance. D’aucuns ont toutefois rappelé que des divergences importantes subsistaient au sujet de la définition des menaces et du partage des risques et des charges entre Alliés. De surcroît, plusieurs intervenants américains ont souligné que certains Alliés nourrissaient des opinions différentes sur la poursuite du développement des partenariats. 32. Enfin, le débat a montré l’existence d’un solide consensus quant à la nécessité de mettre en valeur, dans le concept stratégique, la diplomatie publique, qui devient de plus en plus importante. La mise à jour pourrait aussi contribuer à élargir le profil public de l’OTAN. Dans ce contexte, l’un des intervenants du CRS a posé la triple question suivante : « L’Europe peut-elle justifier l’engagement de dépenses de défense suffisantes ? L’opinion publique de ses Etats membres l’acceptera-t-elle ? Si cela n’était pas le cas, les Etats-Unis toléreraient-ils une telle situation ?
VIII. RELATIONS TRANSATLANTIQUES33. Les débats ont également porté sur les relations transatlantiques. M. Stinner a constaté des changements spectaculaires dans la politique étrangère des Etats-Unis depuis l’arrivée à la présidence de M. Obama, des changements qui touchent la défense antimissiles, la Russie, les partenariats, etc. Ben Chandler, membre du Congrès et vice-président de la Commission politique, ainsi que d’autres participants ont souligné l’existence d’une nette différence de ton. M. Morelli a déclaré que le ton des relations entre Washington, d’une part, et les Alliés et la communauté internationale dans son ensemble, d’autre part, s’était considérablement modifié, ce qui avait suscité un élan de bonne volonté à l’endroit des Etats-Unis. L’administration en place a clairement montré qu’elle souhaitait traiter les Alliés en partenaires. Dans quelle mesure le fera‑t‑elle ? Cela sera fonction de la disposition desdits Alliés à s’investir dans le règlement de questions comme celles de l’Iran, de l’Afghanistan et d’autres encore. 34. Un responsable de l’administration américaine a indiqué que les Etats-Unis comptaient aussi sur les Alliés pour avoir des idées et prendre des initiatives, mais ceux-ci ne répondaient pas toujours aux attentes, des attentes auxquelles Washington n’a pas renoncé. L’intervenant a expliqué que le partenariat était une rue à double sens et que les partenaires de l’autre rive de l’Atlantique ou d’ailleurs devaient aussi procéder aux adaptations nécessaires. Si les Alliés ne s’adaptent pas à leur tour aux nouveaux défis, l’Alliance a du souci à se faire, a-t-il ajouté. Le dispositif défensif nucléaire de l’OTAN risque d’être une pierre d’achoppement ; c’est là une question qui, selon Jeffrey Lewis, directeur du projet d’initiative sur la non-prolifération à la New America Foundation, pose un sérieux problème. M. Lewis a affirmé que la modernisation des arsenaux nucléaires américains déployés en Europe n’était pas pour l’instant une priorité de l’administration en place. En revanche, certains Alliés européens voudraient que ces armes soient retirées de leur territoire. Aussi l’Alliance risque-t-elle d’être empêtrée dans un débat public malencontreux autour des armes nucléaires, comme au début des années 80. L’intervenant a conclu en disant qu’il fallait réfléchir sérieusement à la façon de maintenir le dispositif nucléaire de l’OTAN. 35. Mme Smith a précisé que, pour les autorités militaires américaines, l’OTAN ne fonctionnait pas aussi bien qu’elle le pourrait et le devrait. Rappelant que les membres de l’OTAN avaient pris l’engagement de consacrer environ 2 % de leur PIB à la défense, elle a cependant ajouté que, compte tenu de la crise économique et financière mondiale, il serait peu réaliste de penser que tous les pays alliés pourraient atteindre cet objectif. Pourtant, les Alliés pourraient améliorer leurs résultats, par exemple en éliminant les gaspillages et les doubles emplois. Dans le même ordre d’idées, David Ochmanek, vice-secrétaire adjoint à la Défense pour le développement des forces, a déclaré que le déséquilibre militaire (autrement dit, la prédominance militaire des Etats-Unis) ne durerait probablement pas. Selon l’intervenant, la période de l’après-après-Guerre froide posera davantage de problèmes de sécurité, dès lors que les menaces émanant de belligérants régionaux détenteurs de l’arme nucléaire iront vraisemblablement en s’aggravant. De plus, il se peut que les Etats-Unis et les Alliés doivent modifier le processus de développement des forces dont ils auront besoin. Par exemple, alors que les Américains tendaient à mettre au point des armes de haut de gamme faisant appel à des technologies de pointe, armes conçues tout spécialement dans la perspective de confrontations militaires de grande ampleur, ils devront se concentrer désormais sur la constitution de forces plus réduites et plus spécialisées, car les problèmes de sécurité posés par des forces irrégulières, voire des groupes terroristes et des adversaires ne revêtant pas une forme étatique se multiplieront. Les partenariats gagneront donc en importance et il sera sans doute plus avantageux de collaborer avec des pays partenaires, car les Etats-Unis ne disposent pas des effectifs et des ressources requis pour mener des opérations de contre-insurrection dans le monde entier. Mme Smith et Nancy McEldowney, principale vice-secrétaire d’Etat adjointe, ont souligné que l’OTAN demeurait pour les Etats-Unis l’alliance la plus importante. _____________________________ |
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