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AccueilSALLE DE PRESSE200917 octobre 2009 - LE SÉMINAIRE ROSE-ROTH DE L’AP-OTAN TENU À LVIV SOULIGNE LA NÉCESSITÉ DE TROUVER UN ÉQUILIBRE DANS LES RELATIONS OTAN-RUSSIE

17 octobre 2009 - LE SÉMINAIRE ROSE-ROTH DE L’AP-OTAN TENU À LVIV SOULIGNE LA NÉCESSITÉ DE TROUVER UN ÉQUILIBRE DANS LES RELATIONS OTAN-RUSSIE

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Le 72ème séminaire Rose-Roth, qui s’est tenu à Lviv, en Ukraine, du 13 au 15 octobre, a montré que les pays membres de l’OTAN et leurs partenaires ukrainien et géorgien tentent de réaliser un équilibre entre deux principes contradictoires : édifier une relation de coopération avec la Russie et protéger le droit d’États souverains à choisir leur propre voie en matière de politique étrangère. Les travaux étaient principalement axés sur l’Ukraine, mais des sessions ont également été consacrées à la Géorgie, au Moldova, au Bélarus et à la sécurité énergétique.

Il est apparu que beaucoup d’États de l’ex-Union soviétique ont le sentiment d’être soumis à une pression croissante de la part de la Russie. Les Ukrainiens ont souligné les déclarations présomptueuses de Moscou visant à remettre en cause l’indépendance du pays, la pratique  préoccupante des russes qui consiste à délivrer des passeports aux Russes de souche dans la région de la Crimée, et l’utilisation des approvisionnements énergétiques comme moyen d’influer sur la politique ukrainienne. Les Moldoves ont évoqué la persistance de la présence de forces russes dans la région de la Transnistrie, qui soutiennent un régime non reconnu au plan international sur leur territoire national. Les Géorgiens ont souligné les efforts continus de la Russie pour faire  de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, qui sont reconnues comme parties du territoire souverain de la Géorgie, des États distincts. Dans tous les cas, l’ambition de la Russie est de maintenir à ses frontières des États faibles sur lesquels elle puisse exercer une grande influence, notamment en termes de politique étrangère. L’objectif principal de Moscou est d’empêcher ces États d’adhérer aux structures euro-atlantiques, raison pour laquelle les deux pays qui aspirent à devenir membres de l’OTAN – la Géorgie et l’Ukraine -   subissent le plus gros de cette pression.

Les participants se sont accordés sur la nécessité d’établir de meilleures relations avec la Russie sur la base de leurs intérêts mutuels. La préoccupation qui en découle est toutefois que, tels qu’ils sont perçus, les intérêts stratégiques de la Russie font de sorte qu’il est difficile d’y parvenir sans sacrifier des intérêts stratégiques essentiels de l’Ukraine, de la Géorgie et d’autres États de la région. Comme l’a établi Boris Tarasiuk, président de la Commission de la Verkhovna Rada sur l’intégration européenne et fondateur et directeur de l’Institut de coopération euro-atlantique, « oui, nous devrions instaurer une coopération avec la Russie, mais à quel prix ? »

La session dédiée à l’Ukraine a montré que ce pays réalise des progrès substantiels pour se conformer aux normes de l’OTAN et atteindre les objectifs fixés dans son plan annuel. Il faut toutefois qu’un consensus national se dégage concernant l’adhésion à l’OTAN, ce qui n’est toujours pas le cas. Comme l’a relevé Simon Lunn, du Centre de Genève pour le contrôle démocratique des forces armées, « c’est tout le pays qui adhère à l’OTAN, pas seulement l’armée. » Même s’il existe un consensus entre les grands partis politiques au sujet d’une appartenance à l’OTAN à terme, cela ne s’est pas encore traduit par un vaste soutien populaire. Andreï Shkil, chef de la délégation de l’Ukraine auprès de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, a cependant souligné que le soutien de la population s’est accru et que, par ailleurs, de nombreux membres actuels de l’Alliance avaient connu des difficultés analogues en matière de sensibilisation de leur opinion publique alors qu’ils étaient en route vers l’adhésion. Les réunions consacrées au Moldova et au Bélarus ont montré que la pression exercée par la Russie sur ses voisions ne se limite pas aux pays qui cherchent à devenir membres de l’OTAN. Le Bélarus et, jusqu’à récemment, le Moldova, se sont tous deux montrés coopératifs envers Moscou. Pourtant, a indiqué Vlad Lupan, expert indépendant, cela pas empêché la Russie de mener des actions dans la région séparatiste de la Transnistrie, ce qui, ironiquement, a poussé le Moldova à adopter un comportement de plus en plus pro-occidental. Le Bélarus est également en train d’adapter ses politiques en vue de s’engager auprès de l’Union   européenne. Ces deux cas montrent peut-être que l’attitude de Moscou à l’égard de ses voisins pourrait en fait rapprocher ces derniers des institutions occidentales.

La sécurité énergétique et le rôle qu’elle joue dans la région ont été au cœur de nombreux débats entre les participants. Comme l’a relevé Ferdinand Pavel, du German Institute for Economic Research, l’UE importe 35% de son gaz et 45% de son pétrole de Russie, dont une grande partie par le biais de pipelines qui traversent l’Ukraine. Cela confère à la Russie un moyen de pression considérable, auquel elle recourt à des fins politiques et économiques. Plusieurs participants ukrainiens ont noté, par exemple, qu’une grande partie de la capacité de raffinage de pétrole de leur pays a été achetée par des investisseurs russes, qui la laissent en sommeil. Même si cela ne semble pas avoir de sens sur le plan économique, les avantages politiques sont évidents en ce sens que l’Ukraine est maintenue sous la coupe de la Russie.

La session finale du séminaire portait sur la Géorgie. Giorgi Baramidze, vice-premier ministre géorgien, a évoqué l’attitude de « patience stratégique » adoptée par son pays vis-à-vis de la Russie depuis la guerre de 2008. Il s’est félicité du rapport de la Commission européenne sur les événements qui ont conduit à cette guerre et a souligné que la Géorgie est plus déterminée que jamais à mener à bien les réformes nécessaires pour intégrer l’Union européenne et l’OTAN. Selon Ghia Nodia, directeur de l’Institut du Caucase pour la paix, la démocratie et le développement, le pays réalise des progrès tant au niveau politique qu’au niveau économique. Économiquement, la Géorgie se comporte relativement bien dans le contexte de récession mondiale, et elle maintiendra son approche libérale vis-à-vis des investissements étrangers. Le pays traverse cependant toujours une phase de maturation politique. Le gouvernement a appris à mieux travailler avec l’opposition, mais le véritable test de démocratie de la Géorgie se fera lorsque se produira le premier transfert de pouvoir constitutionnel. Un point est ressorti clairement du débat : le gouvernement géorgien et l’opinion publique sont plus déterminés à intégrer l’OTAN et l’UE aujourd’hui qu’avant la guerre de 2008.  

 

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