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Discours prononcé par le président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, M. Karl A. Lamers, à la conférence « L’OTAN après Lisbonne »

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Assemblée de la République portugaise
Lisbonne, 2 février 2011

Monsieur le Président,

Amiral,

Général,

Mesdames et Messieurs,

Bom dia!

Muito obrigado pelo convite. É para mim motive de grande alegria poder estar nesta lindíssima cidade de Lisboa como vosso convidado.

Je voudrais tout d’abord vous remercier très sincèrement de m’avoir invité à cette conférence de haut niveau organisée par la commission de la défense de l’Assemblée de la République portugaise.

C’est pour moi un privilège de partager la tribune, ce matin, avec d’aussi éminentes personnalités que le président de l’Assemblée de la République, Jaime Gama, l’amiral James G. Stavridis, commandant suprême des forces alliées en Europe, et le général Valença Pinto, chef de l’état-major général des forces armées. Je me félicite notamment que l’amiral Stavridis nous ait rejoints pour nous faire part de ses idées sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés. L’OTAN est une alliance militaire et politique ; il convient donc que les deux facettes soient représentées à une réunion de ce niveau.

J’aimerais saluer quelques collègues qui sont présents parmi nous et qui ont joué un rôle notable à l’Assemblée parlementaire de l’OTAN comme à l’Assemblée de la République : Jaime Gama, qui a été le chef de la délégation du Portugal auprès de l’Assemblée et qui a consacré à celle-ci de longues années de sa carrière, et Julio Miranda Calha, qui, jusqu’à cette année encore, présidait la Commission de la défense et de la sécurité de l’Assemblée, sans oublier, bien évidemment, José Lello, qui, il y a de cela quelques années à peine, a occupé la présidence de l’Assemblée. La façon dont vous vous êtes acquitté de votre tâche, José, est pour moi une source d’inspiration dans l’exercice de mes fonctions.

Après mon élection à la présidence de l’Assemblée le 16 novembre dernier à Varsovie, c’est à Lisbonne que j’ai prononcé mon premier grand discours, lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’OTAN. Et me voici de retour quelques semaines plus tard pour assister à une conférence d’importance majeure. En novembre, le point principal de l’ordre du jour était l’adoption du nouveau concept stratégique de l’OTAN. Nous nous penchons aujourd’hui sur l’application de ce concept. C’est selon moi une heureuse coïncidence. Cette conférence a pour but d’entamer une réflexion sur l’avenir et sur la voie à suivre après le Sommet de Lisbonne.

Je voudrais évoquer quelques domaines spécifiques dans lesquels nous pouvons progresser, à mon avis, mais permettez-moi d’abord de revenir au sommet de novembre et de vous rappeler ce que nous avons accompli dans cette ville.

SOMMET DE LISBONNE ET NOUVEAU CONCEPT STRATEGIQUE

Le sommet qui a eu lieu ici il y a quelques semaines était important à plus d’un titre :

  • l’OTAN a adopté un nouveau concept stratégique, le premier depuis plus de dix ans ;
  • nous avons réaffirmé l’attachement de l’Alliance à la défense collective ;
  • mais nous avons aussi considéré que les menaces pouvaient provenir de bien des sources et qu’elles ne correspondaient pas toutes aux menaces traditionnelles contre lesquelles l’Alliance se prémunit ; nous avons donc recensé de nouvelles missions spécifiques pour l’OTAN et admis la nécessité de bâtir de meilleurs partenariats avec l’Union européenne et les Nations unies, de manière que l’OTAN devienne un partenaire plus efficace dans le contexte de missions de stabilisation.

Il n’est pas exagéré de dire que le Sommet de Lisbonne a été extraordinaire, voire historique, et extrêmement fructueux.

Le concept stratégique est un document important et je félicite le Secrétaire général de son excellent travail. Mais je suis très fier aussi que l’Assemblée ait présenté son propre projet en avril de l’année dernière, projet qui a beaucoup contribué à ce que le nouveau concept oriente l’OTAN dans la bonne direction. Un grand nombre de nos recommandations ont été prises en compte dans le concept et nous nous en réjouissons.

Le concept stratégique consiste en un plan de marche clair et concis qui indique la direction à suivre par l’Alliance. N’oublions pas, toutefois, qu’il ne s’agit que d’un document; nous devons réfléchir soigneusement à la façon de le traduire en actions concrètes. C’est à nous qu’il incombe maintenant de veiller à ce qu’il soit effectivement appliqué et activement soutenu par tous les pays membres.

C’est peut-être l’écrivain portugais et prix Nobel de littérature José Saramago qui l’a le mieux écrit : « (…) Certains passent toute leur vie à lire sans jamais réussir à dépasser le stade de la lecture, (…) ils ne comprennent pas que les mots sont comme des pierres placées en travers d’une rivière pour en faciliter la traversée, elles sont là pour que nous puissions parvenir sur l’autre rive, c’est l’autre rive qui importe (…). »

Tel est le défi qui nous est lancé : parvenir sur l’autre rive. Faire ce qu’il faut pour trouver le moyen de transposer le concept stratégique dans la réalité. Goethe, ce grand écrivain allemand, a dit un jour : « Le savoir ne suffit pas, faut-il encore l’appliquer ; le vouloir ne suffit pas, faut-il encore agir. »

Dans le même ordre d’idées, j’aimerais maintenant avancer quelques suggestions sur la manière de procéder et sur la contribution que l’entité que j’ai le privilège de présider, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, peut apporter à cet égard.

CYBERSECURITE

1. Attaques contre des structures d’Etat

Le nouveau concept stratégique accorde une attention spéciale à la sécurité de nos systèmes informatiques. Ces dernières années, plusieurs incidents ont conféré une existence bien réelle à la menace d’attaques électroniques dirigées contre ces systèmes. Il suffit de rappeler le cas de l’Estonie en avril 2007, celui de la Géorgie en 2008, ou encore, celui, tout récent du ver « Stuxnet » en Iran. Le Pentagone, par exemple, subit de trois à six millions d’attaques chaque jour. Je frémis à l’idée de ce qui pourrait se produire dans l’avenir.

Aujourd’hui, nos sociétés sont de plus en plus dépendantes des systèmes informatiques, et cette dépendance prend des formes qui étaient encore inimaginables vingt ans auparavant. Nous savons que les institutions gouvernementales ne sont pas les seules cibles de telles attaques, qui peuvent endommager gravement – et même détruire – les structures étatiques et économiques.

2. Attaques contre d’autres structures

Ainsi, une attaque visant les systèmes informatiques d’institutions bancaires et financières pourrait avoir des effets dévastateurs ; une attaque dirigée contre les systèmes informatiques contrôlant la production et la distribution d’électricité pourrait plonger des villes entières dans l’obscurité.

3. La cybersécurité et l’OTAN

Pourquoi est-il indispensable que l’Alliance se penche sur la question de la cybersécurité ? Parce qu’une attaque contre les systèmes informatiques d’un pays membre de l’OTAN pourrait entraîner un effet « boule de neige » dont pâtiraient de nombreux autres Alliés. Nous devons coordonner les parades à de telles attaques, partager les informations disponibles et mettre au point des stratégies de crise.

A mes yeux, l’article 4 du Traité de l’Atlantique Nord est le cadre qui se prête le mieux à l’étude de cet important sujet. Notamment, l’OTAN devrait réfléchir aux questions suivantes : une cyberattaque doit-elle entraîner une riposte de sa part ? Dans quelles circonstances ? De quelle manière cette riposte pourrait-elle être coordonnée avec d’autres organisations internationales ? En quoi devrait-elle consister ?

Un sujet complexe comme celui-là doit être traité tant à l’échelon de l’Alliance qu’à celui de nos parlements respectifs. L’Assemblée parlementaire de l’OTAN peut servir ici de forum unique en son genre à des fins de discussion et de coordination entre législateurs des pays alliés.

4. Visites

Pour, tout à la fois, poser un geste et me rendre compte par moi-même du travail accompli jusqu’ici, je me propose de visiter le Centre OTAN de réaction aux incidents informatiques (NCIRC), à Mons, le 22 février, et le Centre d’excellence pour la cyberdéfense en coopération (CCDCOE) de Tallinn en avril. J’entends ainsi montrer que j’accorderai une grande importance à la cybersécurité durant mon mandat.

RUSSIE

Autre question vitale qui réclame notre attention : les relations entre l’OTAN et la Russie.

1. Condoléances

Je voudrais tout d’abord, après le sanglant attentat qui s’est produit la semaine dernière à l’aéroport Domodiédovo de Moscou, présenter mes plus sincères condoléances aux familles des victimes et au peuple russe et assurer de ma compassion les nombreux blessés. Les coupables s’imaginent, à tort, que leurs agissements affaibliront d’une manière ou d’une autre la détermination de la communauté internationale à venir à bout du terrorisme. Bien au contraire, cela ne fait qu’affermir notre résolution de travailler ensemble dans ce sens.

2. Pour une amélioration de la coopération

a. Relations OTAN - Russie

Le secrétaire général de l’OTAN, M. Rasmussen, a fait des relations entre l’OTAN et la Russie l’une de ses priorités absolues et je le soutiens sans réserve dans cette démarche. Je me félicite que, dans le contexte du Sommet de Lisbonne, une rencontre ait été organisée entre les membres du Conseil de l’Atlantique Nord (CAN) et le président russe. Il est indéniable que la Russie est un élément clé de la sécurité de la région européenne. La stabilité de l’Europe ne peut être garantie que par l’existence d’étroits liens entre la Fédération et l’Ouest, d’autant que la première est un partenaire indispensable pour la résolution de nombreux problèmes internationaux. Aussi devons-nous instaurer des relations pragmatiques, l’objectif étant de coopérer avec elle lorsqu’il y va de notre intérêt, sans ménager toutefois nos critiques à son encontre lorsque cela se justifie. Nous ne saurions nous abstenir de parler des droits de l’Homme, de la liberté de la presse ou de la démocratie. Il me suffit de songer, à cet égard, à la condamnation de l’homme d’affaires russe Michaïl Chodorkowski.

b. Relations NATO-PA – Douma/Conseil de la Fédération

L’un des objectifs déclarés de ma présidence est donc d’améliorer la coopération avec la Russie et de jeter de nouvelles bases à cet effet. Je m’emploierai à rétablir d’étroites relations de travail avec la Douma et le Conseil de la Fédération. Je suis fermement convaincu que nous devons avoir avec nos homologues russes la plus grande interaction possible. Depuis le conflit qui a opposé la Géorgie et la Fédération de Russie en août 2008, les relations entre l’Assemblée et la Russie n’ont pas toujours été faciles. En novembre 2008, nous avons décidé de restreindre les droits de la délégation de ce pays et d’exclure ses membres de toute une série d’activités. À l’époque, il était important de faire un exemple. Mais nous devons maintenant nous tourner vers l’avenir. À la prochaine réunion de la Commission permanente de l’Assemblée, qui se tiendra aux Açores en avril de cette année, je me prononcerai pour la levée de ces restrictions et la réouverture de toutes les voies de communication. L’Assemblée est évidemment une organisation démocratique et je ne peux préjuger de l’issue des travaux de la Commission permanente, mais je pense que bon nombre de mes collègues parlementaires partagent mon point de vue. Qui plus est, j’ai l’intention d’effectuer un voyage présidentiel en Russie le plus rapidement possible. Voilà l’occasion de chercher ensemble des solutions à nos problèmes communs. Tel est notre rôle, et vous pouvez compter sur l’Assemblée pour contribuer à l’édification de relations constructives, pragmatiques et réalistes avec la Fédération de Russie.

DEFENSE ANTIMISSILE

Une question appelée à prendre de l’importance est celle de la défense antimissile. Les missiles font peser une menace grandissante sur nos populations, nos territoires et nos forces armées sur le terrain. Plus de trente pays sont en passe d’acquérir ou possèdent déjà des missiles qui peuvent être dotés de charges classiques ou servir d’armes de destruction massive. Conscients de cela, les dirigeants de l’OTAN ont décidé à Lisbonne de construire un système de défense antimissile destiné à protéger les populations et le territoire des Alliés européens.

Initialement, ce projet était exclusivement américain ; ce sera désormais un projet de l’OTAN qui sera mené en « coopération active » avec la Russie. Sur le plan de la défense, il s’agit là d’un changement fondamental qui peut être considéré comme une avancée notable dans les relations entre l’OTAN et la Fédération.

A Lisbonne, le Conseil OTAN-Russie (COR) a été chargé de procéder à une analyse conjointe exhaustive du futur cadre de coopération dans le secteur de la défense antimissile. L’état d’avancement de cette analyse sera évalué à la réunion que les ministres de la défense des pays siégeant au COR tiendront en juin 2011.

Il incombera à l’Assemblée de faire participer toutes nos délégations nationales à ce débat et d’offrir un forum ouvert à la discussion. Elle a montré à plusieurs reprises qu’elle excellait à cela. Par exemple, à la session du Forum parlementaire transatlantique qui s’est tenue à Washington en décembre dernier, nous avons pu parvenir à un consensus avec nos homologues américains autour du nouveau traité START. Enfin, toujours au mois de décembre, le Sénat des Etats-Unis a ratifié ce traité conclu entre Washington et Moscou, imité en cela par les parlementaires russes la semaine dernière.

Selon moi, l’entrée en vigueur de cet important instrument est une bonne nouvelle pour la sécurité et la stabilité internationales. J’espère aussi que la dynamique politique ainsi créée aidera l’OTAN et la Russie à réaliser des progrès concrets dans l’édification de leur partenariat stratégique, y compris dans le secteur de la défense antimissile.

RELATIONS OTAN-UNION EUROPEENNE

Puisque je parle de partenariats, j’en viens au point suivant : les relations entre l’OTAN et l’Union européenne. Comme nous le savons tous, ces relations n’ont pas toujours été parfaites. A un moment où les ressources s’amenuisent de plus en plus, il est urgent pour ces deux entités de coopérer étroitement, de combiner leurs forces et de réduire leurs dépenses. Un véritable partenariat stratégique doit être fondé. Dans le nouveau concept stratégique, l’un des objectifs déclarés de l’Alliance est de consolider le partenariat avec l’Union, d’améliorer la coopération pratique et de collaborer davantage au développement des capacités.

L’Assemblée est déterminée à contribuer à l’instauration de circonstances plus propices à la concrétisation de ces objectifs.

Le Traité de Lisbonne a renforcé les droits des parlements nationaux et du Parlement européen. En tant que membres de l’Assemblée, nous devons en tirer parti et intensifier encore le dialogue au niveau parlementaire.

DROITS DE L’HOMME

Dès les premières pages, le nouveau concept stratégique rappelle que l’Alliance repose sur des valeurs communes. C’est l’adhésion aux institutions démocratiques et la défense des libertés fondamentales qui rendent nos sociétés et l’Alliance aussi fortes. Voilà ce qui nous unit : la liberté de s’exprimer et de s’organiser pour des changements politiques pacifiques est l’une des valeurs capitales de toutes les démocraties. La liberté de la presse et la liberté d’expression des citoyens en sont d’autres. De même, la liberté de conviction et le droit des individus à agir en accord avec leur conscience sont deux éléments cruciaux.

Nous appelons « droits de l’Homme » les libertés fondamentales, et j’insiste sur la référence à la dimension humaine de ce concept : ce ne sont pas des droits européens, pas plus que des droits américains, ce sont les droits de tous. Loin de moi l’idée que l’Alliance peut ou doit obliger les pays qui ne reconnaissent pas ces droits à adopter subitement les valeurs qui sont les nôtres. Cela ne signifie pas pour autant que nous devions feindre de croire qu’un problème ne se pose pas à cet égard dans de nombreux pays.

  •  En Chine : que l’on songe au prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo.
  • En Russie : que l’on songe à Michaïl Chodorkowski, dont j’ai déjà parlé.
  • En Iran : que l’on songe à ces deux journalistes allemands emprisonnés depuis octobre dernier. J’invite instamment l’Iran à les relâcher immédiatement. La liberté de la presse est un indicateur de la liberté tout court.

Nous devons mettre à profit toutes les occasions qui s’offrent à nous pour obtenir des pays irrespectueux des droits de l’Homme qu’ils libèrent les prisonniers politiques et rétablissent la liberté d’expression et de conscience, et nous devons le faire de manière adéquate, sans compromettre la coopération dont nous avons besoin avec ces pays !

Permettez-moi d’évoquer les soulèvements spectaculaires dont l’Afrique du Nord est le théâtre et qui suscitent une forte émotion. Je pense à la Tunisie, à l’Egypte. Demain, d’autres pays pourraient être gagnés à leur tour par ces soulèvements. Ce sont en particulier les jeunes qui se dressent pour exiger liberté et démocratie. Les pays membres de l’OTAN sont du côté des droits et des libertés fondamentaux. Nous devons envoyer d’ici, de Lisbonne, un message sans ambiguïté aux gouvernements de tous les pays, un message leur enjoignant de s’abstenir de recourir à toute forme de violence contre des manifestants pacifiques. Il faut donner une chance à la liberté et aux droits de l’Homme.

CONCEPT STRATEGIQUE/SIEGE DE L’OTAN

Mesdames et Messieurs,

Une autre question se pose, à laquelle nous devrions réfléchir : la concrétisation du nouveau concept stratégique au siège de l’OTAN. Un coup d’œil à la déclaration du Sommet de Lisbonne montre qu’il reste beaucoup à faire. Le CAN est chargé de dresser un plan de campagne pour l’application de la politique à suivre en matière de cybersécurité, d’élaborer une politique de défense antimissile et de mettre au point des orientations globales pour une stratégie de la sécurité, et tout cela dans les six mois à venir. La tâche est immense pour le CAN, et je crois qu’à mesure que ce dernier débat ces questions et conçoit des politiques il devrait discuter davantage avec l’Assemblée.

Les membres de la Commission permanente de l’Assemblée et moi-même nous réunirons avec le CAN à Bruxelles dans quelques semaines pour parler de tout cela. Cela pourrait être une contribution utile à l’exécution de l’ambitieux programme assigné à l’OTAN, tel qu’il ressort de la déclaration du Sommet de Lisbonne.

Communication

Mesdames et Messieurs,

Tout gouvernement, tout parlement a besoin du soutien de la population. Ce n’est que dans ces conditions que peuvent s’élaborer de bonnes politiques. Dans le monde d’aujourd’hui, la communication est, à cet égard, plus vitale mais aussi plus difficile que jamais. Ce n’est un secret pour personne : l’OTAN apparaît à bon nombre de nos citoyens comme un vestige d’une époque révolue. Quand je rencontre mes électeurs dans ma circonscription, j’entends souvent parler de trois choses : la guerre, l’Afghanistan et les Etats-Unis. Pour beaucoup, l’OTAN n’est qu’un instrument dont se servent les Etats-Unis pour faire la guerre en Afghanistan.

C’est une idée fausse, et aussi une idée dangereuse. En politique, les impressions peuvent compter tout autant que la réalité, et nous devons retoquer ces impressions de manière à ce que nos citoyens comprennent parfaitement ce qu’est l’OTAN et ce qu’elle fait.

Ce qu’est l’OTAN

Nos citoyens doivent comprendre que l’OTAN est bien plus qu’une alliance militaire : c’est une alliance politico-militaire reposant sur des valeurs communes.

Lorsque nous nous adressons au grand public, nous devons insister sur ces valeurs communes et sur le rôle que l’Alliance joue dans leur rayonnement. Cela trouvera un écho chez nos citoyens et, en particulier, chez les jeunes, qui représentent une partie importante de la population. Si nous pouvons les convaincre de l’utilité de l’OTAN, l’avenir de l’Alliance sera assuré.

Ce que fait l’OTAN

Nous devons aussi expliquer clairement à nos citoyens ce que fait l’Alliance. Hier encore, je m’entretenais avec des étudiants de ma circonscription, à Heidelberg, de l’OTAN et de ses multiples responsabilités :

  • l’OTAN épaule le gouvernement afghan dans sa lutte contre le terrorisme,
  • elle contribue à assurer la sécurité de la navigation en Méditerranée,
  • elle combat la piraterie dans le golfe d’Aden,
  • elle forme et équipe les forces armées irakiennes,
  • elle participe à l’édification de sociétés plus stables en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo,
  • ses avions acheminent une aide humanitaire matérielle vers les zones de conflit en Afrique,
  • elle a porté secours aux Européens après les inondations de l’an dernier en Pologne, et aux Américains, après le passage de l’ouragan Katrina,
  • elle est intervenue dans les opérations de secours à Haïti et au Pakistan après les tremblements de terre dévastateurs qui ont frappé ces deux pays.

Ce sont là des choses dont on ne parle que rarement : il n’est donc pas étonnant que de nombreux citoyens ne comprennent ni ce que représente l’OTAN ni ce qu’elle fait pour eux comme pour d’autres.

Comment l’OTAN et l’Assemblée parlementaire de l’OTAN travaillent pour la sécurité

Je dirai, pour conclure, que nous devons tous expliquer encore et toujours que l’OTAN reste vitale pour la sécurité de nos populations et que la paix et la liberté que goûtent celles-ci sont le résultat de nos efforts communs.

La communication avec nos citoyens est un domaine important dans lequel je peux vous assurer que l’Assemblée travaillera, au profit des objectifs plus généraux de l’Alliance.

En tant que parlementaires, nous avons des rapports directs avec les citoyens qui nous ont élus. En tant que représentants élus des peuples de nos pays, nous rencontrons sans cesse nos électeurs. Nous pouvons susciter des débats publics sur les missions de l’OTAN et donner naissance à un mouvement de soutien en faveur de ces missions. Les parlementaires peuvent aider le grand public à comprendre pourquoi l’OTAN agit et pourquoi elle est importante pour leur sécurité.

Je suggère la création d’une Journée internationale de l’OTAN que nous mettrions à profit pour aller dans les écoles et dans les universités, discuter avec les citoyens et expliquer le rôle de l’OTAN pour la paix et la stabilité au XXIe siècle.

Mesdames et Messieurs,

Le nouveau concept stratégique renferme un potentiel extraordinaire et montre la voie à suivre. Mais, comme l’a dit un autre écrivain portugais, Fernando Pessoa : « Le succès consiste à avoir du succès, non à avoir le potentiel du succès. » Transformer les idées sur le papier en actions concrètes demandera beaucoup d’efforts, mais l’Assemblée peut apporter son aide et le fera à coup sûr. Nous nous pencherons sur la question capitale de la cybersécurité, nous contribuerons à l’instauration de relations constructives et réalistes avec la Russie et nous relaierons auprès du grand public les objectifs de l’Alliance.

Mais, avant tout, nous rappellerons constamment les valeurs qui forment le socle de nos sociétés démocratiques et de l’Alliance. Prenons donc les mesures qui s’imposent pour réussir non seulement sur le papier, mais sur le terrain.

Muito obrigado pela atenção dispensada!

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