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19 mai 2008 - Une visite des Parlementaires de l’OTAN en Egypte met l’accent sur la sécurité et l’économie dans la région méditerranéenne

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Du 14 au 16 mai, une délégation du Groupe spécial Méditerranée de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN a séjourné en Egypte, où elle a rencontré des membres de l'Assemblée du peuple, des responsables gouvernementaux et militaires, des experts indépendants et des représentants de l’Union européenne. Conduite par M. Vahit Erdem (Turquie) et M. Ramon Aleu (Espagne), cette délégation comptait neuf parlementaires de sept pays de l’OTAN.

Egyptian Minister of Foreign Affairs, Ahmed Ali Aboul Gheit, with NATO Parliamentarians

Parlementaires et responsables égyptiens ont   évoqué à l’unisson la position délicate de leur pays, qui est situé dans une région très instable et qui se trouve aux prises avec une conjoncture économique et politique difficile. Le ministre des Affaires étrangères, M. Ahmed Ali Aboul Gheit, a parlé de la « pression » qu’exerçaient sur l’Égypte, « pôle de stabilité dans la région », les conflits du Proche-Orient et, singulièrement, l’affrontement israélo-arabe, la crise libanaise et l’instabilité au Soudan et dans la Corne de l’Afrique ; le général Fouad Arfa, directeur adjoint du Renseignement militaire, a d’ailleurs souscrit à ce point de vue. Selon le ministre, la situation alimente la « colère » d’une bonne partie de ses 80 millions de compatriotes et pousse certains d’entre eux à apporter leur soutien à des mouvements islamistes tels que celui des Frères musulmans, interdit et pourtant représenté à l’Assemblée du peuple par 88 députés « indépendants ».

Le président de l’Assemblée du peuple, M. Ahmed Fathy Sorour, a rappelé aux membres de la délégation que le Constitution du pays interdisait les partis politiques confessionnels. Le ministre des Biens religieux (Awkaf), M. Mahmoud Hamdi Zakzouk, a fait valoir qu’il existait des extrémistes religieux dans de nombreuses sociétés mais qu’en Egypte, comme dans la plupart de ces sociétés, ils constituaient une « minorité ». M. Zakzouk a ajouté que son ministère, qui supervise toutes les questions liées à la religion musulmane, contribuait à enrayer la dissémination des idées radicales en faisant en sorte qu’aucune de la centaine de milliers de mosquées que compte l’Egypte ne soit contrôlée par une entité privée et ne serve à la diffusion de propagande extrémiste.

Abordant les difficultés économiques de son pays, M. Sorour les a imputées aux « politiques économiques de l’Ouest » et à « l’échec de la mondialisation ». Tout en admettant franchement que les pays européens avaient « raison » de critiquer l’Egypte et d’autres pays en transition «sur le chapitre de la démocratie et des droits de l’homme », il a stigmatisé les « mensonges de l’Occident » au sujet du libre-échange international et de la libéralisation du commerce. « L’Ouest vend de la démocratie et des droits de l’homme pendant que les pays en voie de développement sont étranglés sur le plan économique ». Des critiques semblables ont été émises par un groupe d’anciens diplomates de haut rang et d’universitaires que la délégation a rencontrés dans les locaux du Conseil égyptien des affaires étrangères. Au terme d’un débat franc et ouvert sur la situation au Proche-Orient et dans le Golfe, les experts ont, d’une manière générale, recommandé que l’Ouest arrête de jeter de l’huile sur le feu en guerroyant au nom de la démocratie, car la région a besoin de solutions politiques et diplomatiques plutôt que de solutions militaires.

A chacune des réunions, les participants ont souligné l’urgence d’une intensification du dialogue et de la coopération entre l’Ouest, l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, qui permettra d’éviter les malentendus comme les fausses impressions. Ils ont aussi souligné de manière réitérée la nécessité d'œuvrer à l'avènement d'un Proche-Orient dépourvu d’armes de destruction massive et, à cet égard, la plupart des interlocuteurs égyptiens de la délégation ont dénoncé la pratique du deux-poids, deux-mesures ». Pour ce qui est de la coopération entre le Caire et l’OTAN, le ministre des Affaires étrangères a déclaré qu’il comprenait le rôle nouveau de l’Alliance, mais il a reconnu que les Egyptiens continuaient à regarder celle-ci avec « beaucoup de circonspection » parce qu’ils conservaient à l’esprit l’image qui lui était associée du temps de la Guerre froide. Il a indiqué aussi que son pays était prêt à prendre part à l’opération Active Endeavour, « mais à ses propres conditions », ajoutant : « Nous ne saurions accepter la conclusion d’un accord permanent en vertu duquel l’OTAN pourrait arraisonner des navires dans nos eaux territoriales : notre marine peut s’en charger, dès lors que nous avons été avertis par les forces alliées. »

Le dernier jour, la délégation s’est rendue à Alexandrie, où elle a rencontré des représentants de la Fondation euroméditerranéenne Anna Lindh et de l’Institut suédois, avec lesquels elle s’est entretenue du dialogue et de la coopération culturelles dans la région de la Méditerranée.

Ahmed Fathy Sorour, Speaker of Egypt's People's Assembly, and Vahit Erdem, GSM Rapporteur

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