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20 décembre 2010 - LE GROUPE SPECIAL MEDITERRANEE ET MOYEN-ORIENT SE REND AU SULTANAT D’OMAN

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Des membres du Groupe spécial Méditerranée et Moyen-Orient (GSM) de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN se sont rendus à Mascate, dans le Sultanat d’Oman, les 13 et 14 décembre 2010, pour participer à des réunions avec des responsables omanis, des ambassadeurs de pays membres de l’OTAN et des représentants de la société civile de ce pays.

Conduite par le président du GSM Vahit Erdem, la délégation en a appris davantage sur le rôle particulier que joue le Sultanat dans une région par ailleurs très importante d’un point de vue stratégique. Au cours des 40 dernières années, le Sultanat d’Oman s’est transformé en un pays moderne, qui tire sa prospérité de ses exportations d’hydrocarbures mais tente néanmoins de diversifier son économie. Dans le même temps, il a su maintenir une stabilité intérieure et éviter les problèmes de radicalisation qui touchent quelques-uns de ses voisins. Le mérite en a en grande partie été attribué au sultan Qaboos qui dirige le pays depuis 1970, et dont le rôle a été véritablement moteur.

Sayyid Badr, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, a dressé un tableau de la politique étrangère omanie aux délégués. Avec des situations potentiellement dangereuses au Yémen, au sud, et en Iran, à l’est, le Sultanat doit jouer un rôle de renforcement de la stabilité dans la région. De façon générale, la politique étrangère du Sultanat se fonde sur les principes de non-ingérence et de bonnes relations avec tous les pays voisins. De manière plus spécifique, M. Badr a porté son attention sur le Yémen, l’Iran et le conflit israélo-arabe. Au Yémen, il a fait remarquer que la pauvreté constituait un ressort de la radicalisation et de l’instabilité dans le pays, et que Mascate entretenait des relations régulières avec les autorités yéménites afin de renforcer la stabilité. M.  Badr a souligné que l’Iran pourrait jouer un rôle constructif dans la région, si une certaine confiance pouvait s’établir entre Téhéran et les capitales occidentales. Il a par ailleurs mis l’accent sur le conflit israélo-arabe qui sape la confiance que le monde arabe peut avoir dans les intentions occidentales, avant de mettre en garde contre une diplomatie à tout-va qui ne produit pas de résultats concrets.

La délégation s’est également entretenue avec des représentants des deux corps législatifs, le Conseil de la Shura, élu, et le Conseil de l’Etat, dont les membres sont nommés par le sultan. Les membres de la Shura ont fait résolument valoir que le conflit israélo-arabe était responsable de la très grande majorité des problèmes qui prévalent au Moyen-Orient et que sa résolution ferait avancer de multiples dossiers, parmi lesquels celui des relations avec l’Iran. La question des relations que l’OTAN entretient avec le Sultanat a été abordée avec le Conseil de l’Etat. Celui-ci a clairement indiqué aux délégués qu’Oman appréhendait ses relations étrangères de manière bilatérale avant tout, et qu’il était par conséquent réticent à s’impliquer dans des structures de l’Alliance telles que l’Initiative de coopération d’Istanbul (ICI). Il a été souligné que le pays n’était pas hostile, loin s’en fallait, aux intentions de l’OTAN et qu’il participait aux réunions de l’ICI en qualité d’observateur. Toutefois, la politique étrangère du Sultanat se fonde sur le pragmatisme et la flexibilité, et le pays tend à éviter tout arrangement multinational.

Les ambassadeurs de pays membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord ont unanimement salué les progrès réalisés par le pays grâce au sultan Qaboos, avant de souligner qu’Oman jouait globalement un rôle positif dans la région.  D ’aucuns ont indiqué qu’il participait indirectement aux missions de l’OTAN dans la région, en autorisant les bâtiments de la coalition à se ravitailler et à se réapprovisionner dans ses ports. Ils ont également fait valoir que les responsables omanis étaient préoccupés, en privé, par le programme nucléaire iranien et ses effets sur la stabilité régionale, et ce, bien qu’ils entrevoient par ailleurs, pour leur pays, un rôle de trait d’union entre l’Iran et les pays occidentaux.

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