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AccueilSALLE DE PRESSE200713 septembre, 2007 - AFGHANISTAN : DES PROGRÈS ONT ÉTÉ ACCOMPLIS, MAIS UNE AUGMENTATION ET UNE RÉAFFECTATION DES RESSOURCES S’IMPOSENT [COMMUNIQUE DE PRESSE]

13 septembre 2007 - AFGHANISTAN : DES PROGRÈS ONT ÉTÉ ACCOMPLIS, MAIS UNE AUGMENTATION ET UNE RÉAFFECTATION DES RESSOURCES S’IMPOSENT [communiqué de presse]

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Une délégation de six membres de la Commission de la défense et de la sécurité conduite par son président, M. Julio Miranda Calha (Portugal), s’est rendue en Afghanistan du 2 au 7 septembre, puis à Douchambé, capitale du Tadjikistan, les 7 et 8 septembre. Les parlementaires (originaires du Canada, d’Estonie, des Etats-Unis, de Lituanie et du Royaume-Uni) se sont entretenus avec des responsables nationaux et locaux et plusieurs parlementaires afghans, ainsi qu’avec le commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS-ISAF) et un certain nombre de ses subordonnés. Ils se sont également rendus en divers endroits du pays pour y rencontrer des équipes de reconstruction provinciales (PRT).

NATO-PA delegation arrival for PRT visit at Lashkar Gah, Helmand Province, Afghanistan

La délégation a estimé que des progrès tangibles avaient été accomplis depuis la dernière visite de la Commission, en mai 2006 : par exemple, une recrudescence de l’activité économique est visible dans les rues de Kaboul. Elle a aussi puisé un motif d’encouragement dans les activités des PRT dont elle a visité les installations.

Autre motif d’encouragement particulier : l’excellent comportement des militaires alliés présents en Afghanistan et des contingents des pays partenaires qui combattent à leur côté. Non seulement ces militaires s’acquittent fort bien de leur mission, mais ils le font selon une orientation multinationale remarquablement efficace ; les forces des membres de l’OTAN font ainsi la preuve de leur interopérabilité et de leurs capacités.

Par contre, la délégation s’est dite extrêmement préoccupée par les graves problèmes tactiques et stratégiques qui obèrent l’instauration de la sécurité et de la stabilité dans le pays. Selon elle, les effectifs et le matériel sur place ne suffisent pas. Si les forces alliées peuvent débarrasser une zone donnée des insurgés qui s’y trouvent, elles ne disposent toutefois pas d’assez d’hommes pour, ensuite, « occuper le terrain ». Quant aux forces de sécurité nationales, elles ne possèdent pas l’entraînement et les compétences voulus pour agir de façon autonome. Il s’ensuit de  nouvelles infiltrations d’insurgés dans les régions « nettoyées », sans compter que la population locale se voit dans l’impossibilité de s’engager à soutenir activement l’OTAN et le gouvernement.

NATO-PA Delegation Group Photo, in front of Afghan Parliament

Sur le plan du matériel, la coalition alliée a besoin de renforts de toute urgence : instructeurs, pour accélérer la mise en condition des forces nationales, hélicoptères adaptés au théâtre des opérations, d’une importance vitale au vu du relief accidenté et des longues distances à parcourir, et moyens de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), indispensables pour connaître le champ de bataille et diminuer les pertes civiles.

Dans l’ensemble, la portée des clauses restrictives nationales a été sensiblement réduite depuis le Sommet de Riga et les contingents affectés à la région méridionale, là où se produisent la plupart des affrontements les plus durs, ne sont soumis à aucune contrainte majeure de la part de leurs gouvernements respectifs. Cependant, le général McNeill, qui commande l’ISAF, a qualifié de « contrariantes » les clauses qui subsistent, affirmant qu’elles continuaient à l’empêcher de concentrer des troupes en masse quand il le faudrait et assez vite pour que cette concentration porte ses fruits.

Indépendamment des questions opérationnelles, la mauvaise gouvernance demeurera sans doute, aussi loin qu’on puisse prévoir, l’un des principaux obstacles à la reconstruction de l’Afghanistan, pays qui n’a pas connu d’autorités centrales dignes de ce nom depuis trente ans. La corruption, souvent liée à un trafic de stupéfiants en pleine expansion, entrave l’action menée à tous les échelons de l’appareil gouvernemental, depuis le ministère de l’Intérieur jusqu’aux gouverneurs provinciaux, en passant par la magistrature et la police. Faute d’avancée spectaculaire dans ce secteur, la mise en place d’un Etat stable, démocratique et soucieux de répondre aux besoins du peuple restera une utopie.

La délégation conclut que la première difficulté politico-militaire à laquelle soit confrontée l’Alliance est l’absence d’une stratégie précise sous-tendant son engagement en Afghanistan. Certes, elle a pu étendre sa présence à travers le pays et, à l’échelon tactique, ses troupes s’acquittent brillamment de leur tâche, mais elle ne peut encore accoler d’objectif suffisamment explicite à la démarche qu’elle entend mener en collaboration avec les autorités nationales. Sans un tel objectif, ses forces continueront à engranger les succès mais ne parviendront pas à créer la sécurité et la stabilité requises pour l’éclosion d’une solution politique proprement afghane.

Pour l’essentiel, la délégation conserve de sa visite le sentiment que les efforts déployés se traduisent par une amélioration progressive notable de la situation, mais le rythme de cette amélioration n’est pas susceptible d’autoriser l’OTAN à mettre un terme à sa mission dans des conditions acceptables et en toute certitude. L’Organisation doit procéder à une analyse et à une redéfinition fondamentales de son projet stratégique pour l’Afghanistan et, dans l’immédiat, dégager les ressources humaines et financières nécessaires à la concrétisation de ce projet.

La délégation a profité de son déplacement dans cette partie du monde pour se rendre à Douchambé où elle s’est entretenue, les 7 et 8 septembre, avec des responsables tadjiks et alliés. L’OTAN resserre ses relations avec le Tadjikistan : entre autres, elle l’aide à surveiller les 1 206 kilomètres de sa frontière commune avec l’Afghanistan pour prévenir les trafics les plus divers, dont celui des stupéfiants et des armes de petit calibre. Les autorités tadjikes ont bon espoir de voir leur voisin se transformer en un solide partenaire commercial, un partenaire dont le territoire pourrait, avant tout, servir de couloir pour l’acheminement de produits énergétiques de l’Asie vers l’Europe. La délégation a visité les installations militaires françaises à Douchambé, plate-forme de grande importance pour les transports alliés à destination ou en provenance de l’Afghanistan, ainsi que la base des chasseurs français Mirage qui appuient l’action internationale dans ce pays. Les membres de la délégation ont appris que ces installations pour le moins impressionnantes apportaient une contribution essentielle aux opérations alliées.

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