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24 mai 2008 - L’ERADICATION DU PAVOT RENFORCE LES TALIBAN, RECONNAISSENT LES EXPERTS

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Les efforts d’éradication « qui ne créent pas de sources de revenus alternatives pour les fermiers afghans, ne font que renforcer le soutien aux taliban » dans les provinces les plus instables d’Afghanistan, affirme un rapport de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN présenté aujourd’hui (samedi) par le député britannique Hugh Bayley à l’occasion de la session de printemps de l’Assemblée qui se tient actuellement à Berlin. « Le commerce de l’opium alimente l’insurrection qui, à son tour, pousse à une augmentation de la production », a expliqué M. Bayley aux membres de la Commission de l’économie et de la sécurité de l’Assemblée. « Les experts s’accordent de plus en plus pour dire qu’une simple éradication et interdiction ne permettra pas de briser ce cercle vicieux ». Qui plus est, la militarisation de la lutte contre les narcotiques pourrait se solder par davantage de victimes civiles et nous aliéner les chefs afghans locaux qui fournissent des renseignements sur les taliban aux forces de l’OTAN.

Douglas Bereuter, président d’Asia Foundation, ONG américaine qui participe à divers projets en Afghanistan dans les domaines de la gouvernance, de la société civile et de l’éducation, s’est fait l’écho des propos de M. Bayley.  « Les efforts en vue de l’éradication n’ont jusqu’à présent donné que des résultats mitigés », a déclaré M. Bereuter, ancien membre du Congrès américain et ancien Président de l’AP-OTAN, « la sécurité et la coopération au niveau local constituant les principaux obstacles ; entre-temps, les revenus potentiels de la culture du pavot restent de loin supérieurs à ceux des autres moyens de subsistance proposés par le gouvernement ».

M. Bayley est par ailleurs peu convaincu des chances de réussite d’autres méthodes, comme la légalisation du commerce de l’opium par l’achat direct de pavots pour la production d’antidouleurs, étant donné que la demande pour ce type de médicaments n’arriverait pas à éponger la capacité de production. Son rapport plaide en revanche pour que l’on mette davantage l’accent sur des stratégies de développement rural. Des expériences menées en Thaïlande et en Colombie démontrent qu’une tactique d’éradication ne peut réussir avant le renforcement préalable des forces de police et des structures de l’Etat et le lancement de projets de cultures de substitution. En Afghanistan, persuader les fermiers qui accepteraient de passer à des cultures de substitution, comme le safran ou la pistache, qu’ils auront un accès garanti aux marchés, passe également par des investissements dans les infrastructures de l’Etat.

En guide de conclusion, M. Bayley invite vivement les législateurs d’Afghanistan et du Pakistan présents à la session de l’AP-OTAN, à insister auprès de leurs gouvernements respectifs pour qu’ils intensifient leur collaboration en vue de résoudre le problème des narcotiques, et ainsi affaiblir les taliban. L’Iran, qui est lui aussi confronté à de graves problèmes de narcotiques illicites dans l’est de son territoire, pourrait se laisser convaincre de jouer un rôle dans ce combat.

La session de printemps de l’AP-OTAN, qui réunit quelque 340 parlementaires des 26 pays membres de l’OTAN, se tient pendant 5 jours à Berlin, dans le bâtiment du Reichstag, jusqu’au 27 mai.

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