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16 novembre 2008 - Selon un expert, la situation au Pakistan serait "plus sombre" qu'en Afghanistan

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Intervenant à la 54e session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, qui s’est tenue à Valence du 14 au 18 novembre, l’analyste et écrivain pakistanais Ahmed Rachid a souligné que la communauté internationale devait élaborer d’urgence une stratégie régionale globale pour mettre un terme au chaos qui règne en Afghanistan et au Pakistan.

Selon M. Rachid, « le gouvernement civil pakistanais a besoin d’un soutien international accru pour résoudre les trois grands problèmes auxquels il se voit confronté : la crise économique, conséquence de l’absence de changements structurels sous le régime militaire de M. Moucharraf, la menace terroriste que représentent les milices contrôlant les régions tribales sous administration fédérale (RTAF) – à moitié autonomes – situées à proximité de la frontière avec l’Afghanistan, et les rapports difficiles entre le pouvoir et l’armée, laquelle refuse de se mobiliser contre les insurgés  ».

Les autorités d’Islamabad sont « toutes disposées » à rectifier les erreurs passées et entendent convaincre les militaires de juguler les dangers que recèlent les RTAF. Cependant, a expliqué M. Rachid, « si les responsables pakistanais ne se décident pas à donner la priorité à la stabilisation du gouvernement afghan plutôt qu’à la menace indienne, l’insurrection menée à partir de sanctuaires aménagés au Pakistan se poursuivra  ».

M. Rachid a fait observer qu’il n’existait pas de structures multilatérales susceptibles de démêler l’écheveau des problèmes qui affligent la région. L’OTAN n’a pas de ligne de conduite précise au sujet du Pakistan, en dépit des pertes que des insurgés basés sur le territoire pakistanais infligent à ses troupes en Afghanistan. Quant au Conseil de sécurité de l’ONU, « c’est à peine s’il a évoqué le rôle du Pakistan en Afghanistan  ».

La future administration américaine parle d’une « montée en puissance » en Afghanistan et d’une relance des démarches politiques dans la région, tendance qu’il conviendrait, de l’avis de M. Rachid, de transformer en une « initiative diplomatique de haut niveau  » dont l’objectif consisterait à obtenir un véritable consensus autour de la stabilisation de l’Afghanistan en s’attaquant aux racines de l’instabilité au Pakistan. Une telle stratégie devrait prévoir le règlement du litige avec le Cachemire, ce qui permettrait aux forces armées pakistanaises de concentrer leurs efforts sur la frontière avec l’Afghanistan.

« Une première étape », a suggéré M. Rachid, « pourrait être la création d’un groupe de contact pour la région sous les auspices des Nations unies », groupe où siégeraient les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, l’OTAN et l’Arabie saoudite et qui aurait pour tâche d’encourager le dialogue entre les protagonistes régionaux. Ce dialogue devrait être complété par « un plan international “multicouche” d’aide au développement  » plus spécialement consacré aux régions frontalières.

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