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Varna, 30 mai 2011 - L'OTAN INTENSIFIE SA REPONSE FACE AUX BOMBES IMPROVISEES EN AFGHANISTAN

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L'OTAN accroît ses investissements dans les mesures de lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI) en Afghanistan, causes de la majorité des victimes dans ce conflit, tel est le message que l'Assemblée parlementaire de l'OTAN a entendu dimanche 29 mai 2011.

«Au cours des trois dernières années, environ 60 % des victimes parmi les forces de l'OTAN en Afghanistan étaient dues à des EEI, et de 2008 à 2010 le nombre d'incidents EEI en Afghanistan a augmenté de plus de 300 % » a déclaré le sénateur canadien Pierre Claude Nolin à la Commission des sciences et technologies de l'Assemblée.

Les engins improvisés sont également responsables de la majorité des morts survenues au sein des forces afghanes et parmi la population civile, a dit M. Nolin dans l'exposé qu'il a fait sur son projet de rapport intitulé Lutte contre l'insurrection en Afghanistan : menaces de faible niveau technologique, solutions de haut niveau technologique.

Ces bombes, souvent fabriquées pour une poignée de dollars, représentent non seulement une menace importante pour les opérations de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) dirigées par l'OTAN en Afghanistan, mais elles pourraient aussi saper les objectifs globaux de l'OTAN en Afghanistan, a indiqué le rapporteur aux représentants réunis pour la session de printemps de l'Assemblée à Varna.

« Comme on pouvait s'y attendre », dit le rapport, « de nombreux moyens ont été mobilisés afin de contrer la menace des EEI au fil des années. L'organisation américaine Joint IED Defeat Organization (JIEDDO), fondée en 2006, dispose à elle seule d'un budget annuel de plus de 3 milliards de dollars ». 

M. Nolin a indiqué que des véhicules aériens sans pilote, ou drones, utilisés pour surveiller les activités suspectes comme la pose de bombe, et des véhicules terrestres sans pilote qui fouillent le sol à la recherche d'engins dissimulés font partie des mesures technologiques de lutte anti-EEI.

D'autres mesures comprennent l'ouverture d'un centre d'excellence à Madrid spécialisé dans la lutte anti-EEI qui forme et entraîne des experts OTAN, et l'adoption par l'Alliance d'un plan d'action en 2010.

M. Nolin a indiqué que grâce à cela on enregistre « des signes encourageants dans les efforts de lutte contre les EEI en Afghanistan » comme le fait que « les forces de la coalition ont apparemment perturbé les réseaux EEI et ont découvert environ quatre fois plus d'armes et d'explosifs qu'en temps normal, selon le général David Petraeus », commandant des troupes alliées en Afghanistan.

Toutefois, le rapporteur a concédé que l'ennemi faisait preuve d'une grande faculté d'adaptation. « Jusqu'à présent, aucun progrès décisif n'a été enregistré en matière de lutte anti-EEI mais les pays de la FIAS suivent certaines pistes prometteuses » a-t-il indiqué.

Le rapport analysait également les frappes de drones en Afghanistan et au Pakistan, notamment la campagne controversée de frappes de drones par les Américains au Pakistan. Bien que cette campagne ne fasse pas partie de la mission de la FIAS, le rapport concluait qu'elle avait des conséquences importantes sur la mission en Afghanistan. M. Nolin a mis l'accent sur le fait que «aussi justifiées, légitimes et efficaces que ces frappes de drones puissent être, il convient de veiller soigneusement aux aspects juridiques et éthiques ».

Au cours du débat qui a suivi l'exposé, Caroline Dinenage, députée britannique, a suggéré qu'on pourrait désamorcer les bombes au lieu de les faire exploser comme un certain nombre des forces au sein de la FIAS ont pris l'habitude de le faire, ce qui permettrait de les inspecter pour trouver des empreintes digitales et autres indices et ainsi de capturer des insurgés et de les faire juger. Bien que l'option proposée puisse certainement représenter un objectif à long terme, M. Nolin a souligné le fait que malheureusement le système judiciaire afghan ne dispose pas encore des capacités ou des compétences nécessaires pour traiter ces informations.

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