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21 juin 2012 - LES PARLEMENTAIRES DE L’OTAN SUGGERENT DE DONNER UNE PLUS GRANDE PRIORITE A LA QUESTION DES PARTENAIRES DE L’EST

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La communauté euro-atlantique doit continuer à suivre l’évolution de la situation dans certains pays de l’Est de l’Europe, où les normes démocratiques et les droits humains se sont – malheureusement – détériorés ces dernières années. Cela dit, les participants au 80ème séminaire Rose-Roth de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) ont appris que la prise de conscience croissante au plan civique était susceptible de favoriser des changements positifs à l’avenir. Le séminaire a porté essentiellement sur les relations entre la communauté euro-atlantique et ses voisins de l’Est, que sont la Russie, le Moldova, le Bélarus et l’Ukraine. Une exposition de photos a commémoré le premier séminaire Rose-Roth qui avait eu lieu également à Vilnius, en 1991.

Quelque 50 parlementaires de 19 pays membres et partenaires de l’OTAN ont participé, à Vilnius, les 18 et 19 juin 2012, au 80ème séminaire de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, intitulé « Partenaires de l’Est : Défis actuels et perspectives ». Le séminaire, organisé en collaboration avec le Seimas de la République de Lituanie avec le soutien du gouvernement suisse, a fait intervenir des représentants de haut niveau d’instituts de recherche, d’organisations internationales et non gouvernementales, de la communauté diplomatique et des médias.

Le Président de l’AP-OTAN, Karl A. Lamers, et Irena Degutiene, présidente du Seimas, ont rappelé aux participants l’immense succès qu’avait représenté l’intégration des pays d’Europe centrale et orientale aux structures euro-atlantiques après la chute du rideau de fer. La ministre lituanienne de la Défense,Rasa Jukneviciene, a fait observer que la différenciation des valeurs entre l’Est et l’Ouest tendait à disparaître progressivement. Pour autant, l’Europe n’est pas encore totalement unie ni libre, des pays étant laissés pour compte.

L’Ukraine demeure un pays pivot, à l’incidence déterminante sur la sécurité européenne, même après que le gouvernement de Victor Ianoukovitch a décidé de retirer de l’ordre du jour la question de l’adhésion du pays à l’Alliance. Les discussions dans le cadre du séminaire ont mis en lumière les préoccupations concernant l’évolution de la situation en Ukraine et les participants ont fait valoir que l’engagement pris par le gouvernement ukrainien de respecter les valeurs et principes démocratiques était remis en cause par l’administration sélective de la justice et la concentration disproportionnée des pouvoirs aux mains de la présidence. Le Président de l’AP-OTAN Karl A. Lamers a appelé le Président Ianoukovitch a libérer de prison Ioulia Timochenko entre autres acteurs politiques. L’Ukraine doit redoubler d’efforts pour mettre en œuvre des réformes ambitieuses afin de moderniser son économie et son pouvoir judiciaire. Faute de quoi, sa politique intérieure et étrangère continuerait d’être tenue en otage par d’obscurs groupes d’intérêts liés au monde des affaires. Il est par ailleurs instamment demandé aux autorités ukrainiennes de veiller à ce que les prochaines élections législatives soient libres, justes et ouvertes.

Des perspectives plus favorables ont été entrevues pour le Moldova. Quelques progrès ont été observés au niveau des négociations sur un règlement de la question de la Transnistrie, selon l’ambassadeur Erwan Fouere, représentant spécial de la présidence en exercice de l’OSCE pour le processus de règlement transnistrien. Il n’en reste pas moins qu’un grand pas vers un règlement de cette question est peu vraisemblable et que le fait de parvenir à un règlement constituera un processus à plus long terme. Une solution à ce problème contribuerait de manière décisive au renforcement de l’architecture de sécurité en Europe. Parallèlement, les participants ont été informés de ce que le soutien en faveur de l’intégration européenne, et en particulier de l’intégration euro-atlantique, avait diminué de façon tangible au Moldova ces dernières années.

Pour ce qui est du Bélarus, les intervenants au séminaire ont indiqué que le pays continuait de s’acheminer vers l’auto-isolement. Simultanément, la dépendance du pays à l’égard de la Russie allait en augmentant, en raison des politiques menées par les responsables politiques à Minsk et de la difficile situation économique. Les participants au séminaire ont exprimé leurs inquiétudes quant à la situation politique et au problème des droits humains au Bélarus et ont fermement appuyé l’appel lancé aux autorités bélarusses pour qu’elles libèrent immédiatement tous les prisonniers politiques. L’apparition, au sein de la société bélarusse, d’une nouvelle majorité qui – bien qu’encore largement apolitique – commence à exiger des changements, ouvre des perspectives positives. En tout état de cause, une démocratisation rapide est hautement improbable dans un avenir proche, quand bien même les conditions économiques se détérioreraient davantage : comme l’a relevé l’un des orateurs invités, les récents événements semblent démentir l’idée que la popularité de l’opposition va se développer à mesure que l’économie se dégradera. Les représentants de l’opposition bélarusse avaient des avis divergents quant à la question de savoir si les forces démocratiques devraient ou non boycotter les prochaines élections législatives. Les participants ont examiné les moyens de soutenir la transition du pays vers la démocratie, notamment en proposant des exemptions de visa et des programmes européens en matière d’éducation.

La Russie a été omniprésente dans les discussions. La ministre dela Défense Rasa Jukneviciene a insisté sur le fait qu’il est important que les Alliés dressent un tableau réaliste de la Russie, non de la manière dont ils souhaitentla voir. Lesparticipants au séminaire ont entendu des points de vue divergents quant à l’évolution de la situation dans le plus grand pays d’Europe, allant des vives critiques à l’encontre de l’augmentation, par le gouvernement, des mesures visant à circonscrire les libertés individuelles à la reconnaissance d’une certaine consolidation de l’économie et de la politique du pays. Si les participants au séminaire se sont accordés à dire que les Alliés tiennent à un partenariat avec la Russie, de nombreuses questions restent en suspens, parmi lesquelles celle de savoir avec quelle Russie traite l’Alliance et comment, et à quelles conditions, l’OTAN pourrait poursuivre ce partenariat. L’intervenant principal Andrei Illarionov, maître de conférences auCato Institute, a douté de l’intérêt de la politique de « redémarrage » à l’égard des dirigeants russes actuels. L’ambassadeurLinas Linkevicius, conseiller en matière de sécurité nationale auprès du Premier ministre lituanien, a relevé que l’ordre du jour actuel OTAN-Russie était vaste, ajoutant que la question des valeurs et principes démocratiques ne doit pas être oubliée dans le cadre de l’évolution des relations entre l’OTAN et ce pays.

Les participants au séminaire se sont accordés à penser que l’Organisation doit être pragmatique dans son approche vis-à-vis de ces quatre pays, mais que la communauté euro-atlantique doit également encourager les pays partenaires de l’Est à se transformer en des sociétés ouvertes et démocratiques.  Rasa Jukneviciene a rappelé aux participants que la guerre froide ne s’est pas simplement terminée, mais qu’elle a été gagnée par ceux qui vivaient pour la liberté et les droits humains. Dans le même ordre d’idées, la présidente du Seimas Irena Degutiene a prévenu que si l’OTAN et l’Union européenne ne parviennent pas aider leurs partenaires de l’Est, d’autres leur emboîteront le pas, avec le risque que soient créées de nouvelles lignes de fracture en Europe. Faisant valoir que la liberté constitue un acquis naturel et doit être défendue, Rasa Jukneviciene a insisté sur le fait que la réalisation d’une Europe unie et libre doit représenter notre objectif pour les décennies à venir.

 

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