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> Accueil > Publications > Rapports de commission > 2010 Session de printemps > 056 PCNP 10 F - L’OTAN ET LES PAYS DE CONTACT
056 PCNP 10 F - L’OTAN ET LES PAYS DE CONTACT

JOSE LUIS ARNAUT (PORTUGAL)
RAPPORTEUR

I.  LE ROLE CROISSANT DES PARTENARIATS 

II.  ORIGINES ET CONTEXTE DU PARTENARIAT MONDIAL

III.  RELATIONS BILATERALES ENTRE L’OTAN ET LES PAYS DE CONTACT

      A.  LES RELATIONS ENTRE L’AUSTRALIE ET L’OTAN

      B.  LES RELATIONS ENTRE LE JAPON ET L’OTAN

      C.  LES RELATIONS ENTRE LA NOUVELLE-ZÉLANDE ET L’OTAN

      D.  LES RELATIONS ENTRE LA CORÉE DU SUD ET L’OTAN

IV.  CONCLUSIONS PRELIMINAIRES

 

1.   La mise en place des partenariats, qui forment un élément majeur de la transformation de l’Alliance, a commencé après la fin de la Guerre froide. La coopération entre l’OTAN et des pays partenaires – et singulièrement avec des pays situés en dehors de la zone euro-atlantique – marque le passage d’une organisation qui avait pour principale fonction d’assurer la défense territoriale des pays membres appartenant à ladite zone à une entité vouée à la défense, très souple et capable de projeter sécurité et stabilité au-delà de ses frontières. La Sous-commission sur les partenariats de l’OTAN s’est déjà intéressée à l’officialisation des relations avec des pays non membres. Le présent document entend traiter de manière succincte de l’évolution des rapports avec les pays de contact, également appelés « partenaires du monde entier », et se concentre sur les quatre pays qui, à ce jour, ont apporté les contributions les plus importantes aux opérations de l’OTAN : l’Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud.

 

I.   LE ROLE CROISSANT DES PARTENARIATS 

2.   A la fin de la Guerre froide, l’Alliance a élaboré des arrangements formels avec des pays qui ne souhaitaient pas la rejoindre mais qui étaient disposés à travailler avec elle. Les principales structures mises en place à cet effet sont le Conseil euro-atlantique de partenariat (CEAP), le Partenariat pour la paix (PPP), le Dialogue méditerranéen et l’Initiative de coopération d’Istanbul (ICI). L’Alliance collabore en outre avec des pays qui ne siègent pas dans ces structures formelles ; ces « partenaires du monde entier » – ou « pays de contact » – ne sont pas tous associés de la même façon à l’Alliance, mais ils partagent des valeurs et des intérêts stratégiques similaires.

3.   Les partenariats figurent parmi les plus grands succès de l’Alliance et ils marquent le passage d’une organisation créée pour assurer la défense territoriale de ses pays membres à une entité vouée à la sécurité, très souple et capable de projeter sécurité et stabilité au-delà de ses frontières pour parer aux menaces d’ampleur planétaire du 21ème siècle.

4.   Bon nombre des problèmes de sécurité qui se posent aujourd’hui – dont la prolifération nucléaire, le terrorisme international, les Etats faillis, la cybercriminalité, la piraterie – ne sont plus circonscrits à la région euro-atlantique : ils ont acquis une dimension mondiale. Face à ces défis nouveaux, l’OTAN étend considérablement « sa portée » géographique et le champ de ses opérations. Ses forces sont déployées en Afghanistan, au large de la Corne de l’Afrique, en Méditerranée, en Irak, au Soudan, au Congo et ailleurs encore.

5.   Mais, si l’OTAN demeure l’organisation de sécurité la plus efficace et la plus puissante au monde, elle ne peut triompher seule de ces menaces. Les forces de l’OTAN sont déjà utilisées au maximum et la crise financière et économique mondiale ne lui permet pas une augmentation de ses capacités. En outre, cela demande souvent une stratégie globale mettant en œuvre, outre des moyens militaires, des instruments politiques, financiers, économiques, etc. dont elle est dépourvue, puisqu’elle est essentiellement de nature militaire et politique. La sécurité ne peut donc être garantie que grâce à une étroite coopération avec des pays visant les mêmes objectifs, confrontés aux mêmes défis et dotés de moyens militaires substantiels.

 

II.  ORIGINES ET CONTEXTE DU PARTENARIAT MONDIAL

6.   Au début des années 90, l’Alliance a instauré progressivement une coopération avec des pays qui n’étaient pas des partenaires formels. Cette volonté de coopération accrue s’est manifestée par la mise au point par les Alliés, en 1998, d’un ensemble de lignes directrices générales pour les relations avec les pays de contact, lignes directrices qui n’ont cependant pas mené à une institutionnalisation formelle de ces relations.

7.   Ces dernières années, la coopération dans le contexte de la campagne afghane a été le principal catalyseur de l’évolution rapide des relations entre l’OTAN et des pays extérieurs à la zone euro-atlantique. Des pays de contact comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou Singapour affectent maintenant des troupes à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), en Afghanistan. Numériquement parlant, les contributions australiennes sont, de loin, les plus importantes ; la Nouvelle-Zélande, pour sa part, dirige une équipe provinciale de reconstruction (PRT) dans la province de Bamiyan et la Corée du Sud (officiellement la République de Corée) met des unités médicales et des troupes du Génie au service de la PRT de la province de Parwan ; le Japon, lui, est un donateur de première importance, tant en Afghanistan que dans les Balkans.

8.   Plusieurs déclarations publiées lors de sommets de l’OTAN reconnaissent amplement la valeur des contributions des pays non membres. Ainsi, au Sommet d’Istanbul, en 2004, les Alliés se sont félicités de la poursuite de la participation des Partenaires aux opérations et ont indiqué qu’ils veilleraient « à ce que les pays qui fournissent des troupes soient associés le plus tôt possible au processus d’élaboration des décisions ».

9.   Le Sommet de Riga, en 2006, a accordé une attention particulière aux partenariats et aux relations que l’OTAN entretenait à un stade plus avancé avec les pays de contact qui le souhaitaient. Sur un plan pratique, les Alliés ont convenu d’accroître la pertinence opérationnelle de la coopération entre l’OTAN, d’une part, et ses partenaires formels ou d’autres partenaires du monde entier, d’autre part. Dans ce contexte, ils ont décidé d’ouvrir aux pays de contact intéressés les activités du PPP, de l’ICI et du Dialogue méditerranéen. Ils ont aussi réaffirmé leur intention « de tenir des réunions ad hoc, en fonction des événements, avec les pays qui contribuent à [leurs] opérations et [leurs] missions, ou qui les soutiennent, sur les plans politique, militaire ou autre, ainsi qu’avec les pays qui sont des contributeurs potentiels, compte tenu des intérêts qu’ils ont spécifiquement dans des régions où l’OTAN est engagée. Cela se fera par l’adoption de configurations souples en vue de la tenue de réunions de consultation des Alliés avec un ou plusieurs partenaires intéressés (…) et/ou les pays de contact intéressés, selon les principes de l’inclusivité, de la transparence et de l’autodifférenciation ».

10.   Ces déclarations ont été renforcées par les décisions prises au Sommet de Bucarest, en 2008 ; ces décisions définissaient un ensemble d’objectifs concernant les relations en question et ouvraient la voie à un dialogue politique renforcé. Des programmes de travail annuels – les Paquets individuels et adaptés d’activités en coopération – ont été mis au point ; les activités qu’ils englobent vont des opérations et exercices conjoints aux échanges d’informations, en passant par les conseils et la formation linguistique. La coopération avec les pays de contact devrait être profitable à toutes les parties ; chaque pays de contact peut choisir son niveau d’engagement avec l’OTAN, en fonction de ses intérêts. D’une manière générale, la participation des pays de contact aux opérations de l’Alliance s’inscrit dans le prolongement d’une approbation formelle du Conseil de l’Atlantique Nord (CAN). Une fois cette participation approuvée, elle doit faire l’objet d’accords financiers et techniques entre chaque pays contributeur et l’OTAN, après évaluation des contributions proposées. Le pays de contact conserve la responsabilité du déploiement de ses contingents et de la fourniture à ces derniers du soutien dont ils ont besoin pour agir efficacement. Il arrive souvent qu’un pays allié propose son aide pour le déploiement.

11.   La participation des Partenaires à des opérations conduites par l’OTAN est régie par le Cadre politico-militaire (CPM) conçu pour les opérations relevant du PPP. Le CPM permet aux Partenaires contributeurs de prendre part au processus décisionnel et aux activités de planification et de génération de forces par l’intermédiaire du Centre de coordination international du Quartier général suprême des puissances alliées en Europe (SHAPE), à Mons, en Belgique, et, le cas échéant, grâce à une liaison temporaire avec les commandements stratégiques.

 

III.   RELATIONS BILATERALES ENTRE L’OTAN ET LES PAYS DE CONTACT

12.   Les pays de contact de l’OTAN se répartissent dans le monde entier. Par exemple, l’Argentine et le Chili, qui ont travaillé avec les Alliés au maintien de la sécurité dans les Balkans, sont du nombre. Le présent rapport s’intéresse de plus près aux quatre pays de contact qui apportent des contributions importantes aux opérations de l’OTAN et à la concrétisation de ses politiques : l’Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud. Les motivations qui poussent à l’établissement et au développement de relations avec l’Alliance diffèrent d’un pays à l’autre. Ceux qui contribuent aux actions dirigées par l’OTAN peuvent également souhaiter améliorer l’expérience opérationnelle de leurs troupes qui interviennent au côté des forces alliées. D’autres, tels le Japon ou la Corée du Sud, voient dans l’Alliance une tribune de plus qui servira à sensibiliser le monde – et, singulièrement, l’Europe – à la situation de l’Asie sur le plan de la sécurité. Les pays de contact aimeraient aussi bénéficier de l’expérience de l’OTAN dans des domaines comme l’interopérabilité, la normalisation, les acquisitions conjointes, la recherche-développement, la planification multilatérale et les plans de défense. Cela est particulièrement vrai pour les pays de la région Asie-Pacifique, où la coopération multilatérale en matière de sécurité est très peu développée, voire totalement absente. Une coopération pratique avec l’OTAN via, par exemple, la participation aux exercices et aux séminaires de celle-ci permet aux pays de contact de se familiariser avec l’aspect multilatéral de la planification et des opérations.

13.   Toutefois, les pays désireux de coopérer avec l’OTAN partagent certaines similitudes. Dans l’ensemble, les pays de contact poursuivent les mêmes objectifs que l’OTAN : stabilité des Balkans et de l’Afghanistan, lutte contre les mouvements terroristes agissant à l’échelle internationale, prévention de la prolifération des armes de destruction massive (ADM) et de leurs vecteurs. Ils considèrent que la collaboration avec l’OTAN est le meilleur moyen de contribuer à la concrétisation de ces objectifs. Pour le monde extérieur, l’OTAN apparaît comme un acteur influent dans le secteur de la sécurité, et des pays de contact tels que le Japon la tiennent désormais pour un nouveau partenaire politique majeur.

A.  LES RELATIONS ENTRE L’AUSTRALIE ET L’OTAN

14.   Grâce, pour une large part, aux activités bilatérales coopératives qu’elle mène avec certains pays membres, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada, l’Australie a des contacts avec l’OTAN depuis de nombreuses années. Les Forces de défense australiennes sont donc familières des doctrines et des procédures opérationnelles de cette dernière, de ses publications et de ses accords de normalisation et de plusieurs de ses groupes de travail ou organes techniques. Durant la décennie écoulée, l’OTAN et l’Australie ont entretenu une coopération pratique significative – et complétée par un dialogue politique – dans un grand nombre de domaines, coopération qui s’est intensifiée de manière notable après les attentats du 11 septembre 2001. Cette intensification s’est reflétée dans de multiples visites officielles et consultations, parmi lesquelles il convient de citer la première visite d’un Secrétaire général de l’OTAN dans ce pays, en 2005.

15.   Le resserrement de la coopération s’est accompagné de démarches institutionnelles concrètes. L’OTAN et l’Australie ont conclu un accord sur le partage d’informations classifiées en avril 2005 et un attaché militaire australien auprès de l’OTAN et de l’Union européenne est en poste à Bruxelles depuis le mois de septembre de la même année. Parallèlement, les deux parties ont créé une unité de renseignement sur la menace terroriste pour faciliter l’échange d’informations et d’évaluations dans le secteur du contre-terrorisme. L’Australie est le pays de contact à s’être montré le plus revendicatif, exigeant un partage d’informations plus large et une association plus étroite à l’élaboration des politiques, puis au processus décisionnel ; les difficultés initiales liées, précisément, au partage des informations ont cependant été surmontées après la conclusion d’un accord entre les autorités de Canberra et l’OTAN sur l’échange de renseignements militaires secrets, en mars 2008.

16.   Les rapports entre l’OTAN et l’Australie se sont resserrés considérablement ces dernières années, conséquence surtout de la coopération instaurée en Afghanistan. L’Australie est le premier contributeur non membre de l’OTAN à la FIAS et le 9e contributeur militaire, Alliés compris. Le contingent des Forces de défense australiennes déployé en Afghanistan (initialement 240 hommes) a rapidement augmenté pour atteindre 1 550 hommes, dont une équipe d’instructeurs de la police fédérale (déployée dans le pays). Des ministres (et, avant tout, des ministres de la Défense) des pays participant à la FIAS se réunissent désormais régulièrement et les séances de travail entre pays contributeurs de troupes – au sein du Groupe de coordination des orientations, par exemple – permettent des consultations axées sur des questions de fond.

17.   Le point central de l’engagement de l’Australie est la contribution que ce pays apporte à la PRT de la province d’Orouzgan, conduite par les Pays-Bas : les soldats australiens opèrent dans une région instable sans être soumis à de quelconques clauses restrictives de la part de leurs autorités. L’Australie déploie aussi sur place des hélicoptères Chinook, un groupe opérationnel de forces spéciales et une unité d’observation et d’analyse radar, et elle délègue auprès des quartiers généraux de Kaboul et de Kandahar un certain nombre d’officiers d’état-major. Enfin, elle est le premier donateur au Fonds d’affectation spéciale pour les forces armées afghanes (FAA) et elle a versé une contribution à un fonds franco-britannique d’affectation spéciale dont l’objet est d’opérer sur des hélicoptères, transformations sans lesquelles ils ne pourraient être mis en service en Afghanistan. De surcroît, le programme australien d’assistance extérieure a dégagé plus de 580 millions de dollars australiens au bénéfice de l’Afghanistan depuis 2001.

18.   Outre qu’elle accueille sur son territoire des bases militaires américaines et qu’elle déploie des forces en Irak et en Afghanistan, l’Australie a rejoint le système mondial d’interception de missiles mis au point par les Etats-Unis et apporte une contribution majeure aux opérations de stabilisation que mène l’OTAN dans l’ancienne Yougoslavie.

19.   Lors de la visite en Australie de la Commission de la défense et de la sécurité, en septembre 2009, de hauts responsables des ministères de la Défense, des Affaires étrangères et du Commerce ont souligné que l’Australie et l’OTAN partageaient de nombreux intérêts.

B.  LES RELATIONS ENTRE LE JAPON ET L’OTAN

20.   A la différence de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, dont les relations avec l’OTAN reposent avant tout sur la coopération opérationnelle, le Japon poursuit avec l’OTAN un dialogue essentiellement politique. Les rapports entre les deux parties se sont développés progressivement depuis le début des années 90 et se sont encore consolidés après les conférences OTAN-Japon sur la sécurité. Les Alliés et le Japon ont périodiquement des entretiens de niveau ministériel ou sous-ministériel à propos d’une variété de questions d’intérêt commun. Cette intensification du dialogue politique s’accompagne d’une coopération pratique dans divers secteurs d’intérêt commun, dont les plans civils d’urgence, le terrorisme, la non-prolifération, la gestion des crises et la participation à des activités militaires. De la même manière, la collaboration dans le domaine de la sécurité – et, en particulier, dans celui de la lutte contre les groupes terroristes – s’est faite plus concrète depuis les attentats du 11 septembre 2001.

21.   L’aptitude du Japon à apporter une contribution militaire aux opérations de l’OTAN est limitée essentiellement par la Constitution du pays, qui ne prévoit que la défense du territoire national. En dépit de ces restrictions d’ordre constitutionnel, des troupes japonaises sont intervenues au côté de pays alliés dans le contexte de plusieurs opérations de maintien de la paix. Par exemple, dans les années 90, elles ont aidé de manière non négligeable à la stabilisation des Balkans ; entre novembre 2001 et janvier 2010, des bâtiments de la Marine japonaise ont croisé dans l’océan Indien et la mer d’Arabie, ravitaillant en carburant  et en eau les navires affectés à la lutte antiterroriste ; de janvier 2004 à juillet 2006, des unités terrestres japonaises se sont acquittées, dans le sud de l’Irak, de missions d’aide humanitaire et de reconstruction. Tokyo a aussi envoyé des observateurs à de multiples exercices relevant de l’Initiative de sécurité contre la prolifération, exercices organisés par des membres de l’OTAN. En avril 2009, le Japon a signé les documents officiels relatifs à sa récente contribution au Fonds d’affectation spéciale du PPP pour l’Azerbaïdjan.

22.   Parmi les exemples d’association du Japon à des opérations de sécurité en Afghanistan, on peut citer son rôle dans le désarmement, la démobilisation et la réinsertion d’anciens combattants afghans, le démantèlement de milices illégales et le fonctionnement d’un fonds d’affectation spéciale pour l’ordre public. En outre, le gouvernement japonais a alloué deux milliards de yens (environ 22 millions de dollars) à des projets d’aide humanitaire et de reconstruction via les PRT de l’OTAN. Enfin, la participation initiale de bâtiments japonais à la mission de ravitaillement en carburant dans l’océan Indien facilite grandement l’intervention de l’OTAN dans la stabilisation et la reconstruction de l’Afghanistan.

23.   Les contributions militaires du Japon et l’intensification du dialogue politique avec ce pays reflètent le renforcement des relations avec l’OTAN qui s’est produit ces dernières années. Pendant la visite de la Sous-commission sur les relations économiques transatlantiques de la Commission de l’économie et de la sécurité, des responsables japonais ont manifesté leur intérêt pour un approfondissement de la coopération avec l’OTAN et les gouvernements de ses pays membres dans le domaine de la sécurité ; ils ont également fait part de leur volonté de contribuer activement à des opérations internationales de maintien de la paix. Qui plus est, l’amélioration de l’interopérabilité entre les forces armées japonaises et les troupes chargées de telles opérations pourrait gagner quelques places dans l’ordre du jour du dialogue entre Tokyo et l’OTAN, au vu des fluctuations de la sécurité dans l’Asie du Nord-Est. Cependant, le changement de gouvernement qui a fait suite aux élections législatives de la mi-2009 pourrait se traduire par une révision de la politique de sécurité du Japon vis-à-vis des Etats-Unis comme de l’OTAN. En janvier 2010, les autorités japonaises ont officiellement mis un terme à la participation de leur Marine aux opérations de ravitaillement destinées au soutien des navires de la coalition mobilisés dans la campagne afghane depuis 2001. En échange, elles se sont engagées à faire passer à cinq milliards de dollars son aide à la reconstruction  du pays au cours des cinq années à venir. La Sous-commission envisage de se rendre au Japon à l’automne 2010.

C.   LES RELATIONS ENTRE LA NOUVELLE-ZÉLANDE ET L’OTAN

24.   L’OTAN et la Nouvelle-Zélande entretiennent des relations régulières depuis 2001, à la suite des attentats du 11 septembre. Cependant, le principal catalyseur du partenariat qui prend ainsi forme est la contribution de ce pays à la FIAS. Comme dans le cas de l’Australie, le déploiement de troupes néo-zélandaises en Afghanistan s’est déroulé initialement dans le contexte de l’opération Liberté immuable, en étroite coopération avec les Etats-Unis. Depuis l’expansion géographique de la FIAS, fin 2006, le contingent néo-zélandais cantonné dans la province de Bamiyan est passé sous le commandement de cette force.

25.   La Nouvelle-Zélande affecte à la campagne afghane 71 hommes des forces d’élite du Special Air Service (SAS) et quelque 140 autres militaires qui s’occupent d’une PRT dans la province de Bamiyan. Au total, le contingent néo-zélandais comprend actuellement 220 hommes, mais il devrait se réduire progressivement : en effet, le Premier ministre de Nouvelle-Zélande, M. John Key, a annoncé au Secrétaire général de l’OTAN en septembre 2009 que les forces de son pays quitteraient l’Afghanistan dans un délai de trois à cinq ans. Il faut ajouter que, jusqu’en 2007, Wellington a affecté des troupes aux forces de l’OTAN présentes en Bosnie-Herzégovine, puis à l’EUFOR, la force conduite par l’Union européenne qui leur a succédé.

26.   Sur le plan politique et diplomatique, le dialogue s’est nettement intensifié entre la Nouvelle‑Zélande et l’OTAN, ces dernières années, en même temps que les visites de haut niveau se multipliaient. C’est Helen Clark qui, alors qu’elle occupait les fonctions de Premier ministre, a instauré le principe de visites périodiques au siège de l’OTAN ; le ministre des Affaires étrangères, Phil Goff, a ensuite rencontré le Secrétaire général de l’OTAN en septembre 2001 puis en novembre 2003. La première visite officielle d’un Secrétaire général de l’OTAN en Nouvelle-Zélande a eu lieu en mars 2005 ; elle a réaffirmé la volonté de l’Alliance d’instaurer une coopération plus étroite avec Wellington, au vu des valeurs – démocratie, liberté, droits de l’homme fondamentaux – communes aux deux parties.

27.   Dans la logique de cet accroissement de la coopération, la Nouvelle-Zélande et l’OTAN ont signé, le 3 février 2006, un accord sur la protection des informations classifiées. Cet accord permet l’échange de renseignements opérationnels confidentiels à un rythme périodique plutôt qu’à titre ponctuel. D’autres voies de coopération pratique sont explorées grâce aux programmes de travaux annuels. De plus, la Nouvelle-Zélande prend part à diverses activités de nature technique qui concernent avant tout des secteurs liés aux opérations de soutien de la paix, et elle peut fournir une assistance et un soutien diplomatique ciblés dans le contexte de négociations internationales.

D.   LES RELATIONS ENTRE LA CORÉE DU SUD ET L’OTAN

28.   L’instauration de relations entre la Corée du Sud et l’OTAN est relativement récente. Elle remonte à 2005, lorsque le ministre des Affaires étrangères de l’époque, M. Ban Ki-moon, a pris la parole devant le CAN ; ces relations ont évolué pour prendre la forme d’entretiens réguliers de haut niveau. Comme pour les autres pays de contact, l’OTAN a mis au point à l’intention de la Corée du Sud un programme de travail annuel qui sert de base à une coopération pratique principalement axée sur les secteurs liés aux opérations de soutien de la paix.

29.   La Corée du Sud participe à des opérations de l’OTAN et apporte sa contribution aux efforts de stabilisation de l’Afghanistan. Elle a dirigé la PRT de Parwan, où des unités du Service de santé et du Génie avaient été envoyées en 2002, avant leur retrait complet en 2007, à la suite de l’assassinat par les talibans de deux religieux qui faisaient partie d’un groupe de travailleurs humanitaires pris en otages. Mais si les forces armées ont été retirées, du personnel médical et des ingénieurs ont été maintenus sur place.

30.   La Sous-commission sur les partenariats de l’OTAN s’est rendue en Corée du Sud au mois d’octobre 2008 pour discuter de sujets d’intérêt commun. De hauts responsables, dont le ministre adjoint de la Défense, Kim Jeong-cheon, ont indiqué que leur pays était très intéressé par une coopération avec l’OTAN dans plusieurs secteurs. M. Kim a convenu de la nécessité croissante d’une collaboration internationale pour s’atteler à la résolution de problèmes comme la prolifération des ADM, le terrorisme ou la piraterie. Les autorités de Séoul sont particulièrement désireuses de combattre les pirates qui opèrent au large de la Somalie. Ceci est particulièrement important pour la Corée du Sud qui cumule en effet les titres de 10ème consommateur d’énergie, de 4ème importateur de pétrole et de 2ème importateur de gaz naturel et de charbon au monde. Le ministre des Affaires étrangères, Yu Myung-hwan, a déclaré que son pays était tout à fait prêt à collaborer avec l’OTAN dans le domaine de la lutte contre la prolifération des ADM. Bien qu’elle dispose de la sixième armée du monde, la Corée du Sud n’a apporté qu’une contribution limitée aux opérations internationales menées sous le commandement de l’ONU ; toutefois, elle acquiert peu à peu une vision stratégique de plus en plus mondiale qui, avec le temps, devrait l’amener à jouer un rôle plus actif sur la scène internationale.

31.   A la fin du mois de février 2010, l’Assemblée nationale a voté une loi qui prévoit le déploiement en Afghanistan d’un contingent pouvant atteindre 320 hommes, et ce pour la période comprise entre juillet 2010 et décembre 2012. Ce contingent aura pour mission principale d’assurer la protection d’une centaine de travailleurs humanitaires coréens dans la province de Parwan. De plus, quarante policiers iront sur place pour participer à la formation de leurs collègues afghans. Ce déploiement représente un changement bienvenu dans la politique coréenne vis-à-vis de l’Afghanistan de même qu’un signe fort de la volonté de Séoul de coopérer avec l’OTAN. En outre, la Corée du Sud travaille avec celle-ci, la Force navale de la coalition, l’Union européenne et d’autres pays pour quadriller les eaux du golfe d’Aden, infestées de pirates.

 

IV.  CONCLUSIONS PRELIMINAIRES

32.   Alors que l’OTAN intervient de plus en plus en dehors de sa zone initiale, la coopération avec les pays de contact acquiert une importance toujours plus grande. Les partenariats conclus avec ces pays augmentent la capacité des Alliés et des Partenaires de relever de nouveaux défis sur le plan de la sécurité. Les contributions des pays de contact sont de plus en plus précieuses et déterminantes pour l’aboutissement des opérations actuellement engagées par l’OTAN, notamment dans les domaines de la planification, de l’interopérabilité et du partage d’informations.

33.   L’OTAN devrait développer encore ses relations avec les pays de contact. Sur le plan pratique, l’Alliance doit améliorer ses mécanismes de consultation et de coopération avec les Partenaires qui choisissent de contribuer aux opérations alliées. D’un point de vue opérationnel, les missions de lutte contre la piraterie menées au large de la Corne de l’Afrique semblent offrir la possibilité d’une intensification de la coopération entre l’OTAN et les pays de contact. Qui plus est, il serait bon que l’OTAN et les pays de contact étoffent leur dialogue politique, notamment à propos de la prolifération des ADM et du terrorisme. L’élaboration du nouveau Concept stratégique est l’occasion de renforcer la coopération existante.

34.   La coopération avec l’Alliance diffère d’un pays de contact à l’autre, tant sur les modalités que sur l’ampleur des engagements. Certains souhaitent une coopération militaire, d’autres, une coopération financière, voire diplomatique. Par ailleurs, il n’existe pas d’accord interallié sur la transformation des relations informelles avec les pays de contact en un concept plus formel de « partenariat mondial ». Il faut ajouter qu’en dépit de préoccupations occasionnelles quant au partage des informations ou à leur contribution aux activités de planification, les pays de contact apparaissent généralement satisfaits de leur statut, en vertu duquel ils entretiennent avec l’Alliance des relations souples et pragmatiques fondées sur les intérêts des parties ; ils ne cherchent pas à instaurer des relations plus formelles pour l’instant. Une coopération, tout à la fois souple et étroite, reposant sur des consultations bilatérales périodiques, des programmes conjoints de transformation et des exercices semblent constituer, à court terme, la meilleure    façon d’améliorer la coopération.

35.   En approfondissant le dialogue interparlementaire avec les pays de contact, l’Assemblée peut apporter une contribution de taille à la poursuite du développement des relations entre l’OTAN et les pays de contact. Dans le passé, elle a déjà effectué – essentiellement par l’intermédiaire de la Sous-commission sur les partenariats de l’OTAN – des visites dans plusieurs de ces pays. En entretenant des rapports réguliers au niveau parlementaire, elle peut contribuer à consolider les relations entre les pays de contact et l’OTAN.

 

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