I. INTRODUCTION
II. FORCES ARMEES AFGHANES (FAA)
A. FAITS ET CHIFFRES
B. PROBLEMES PROPRES AUX FAA
C. LE CORPS AERIEN DES FAA
III. POLICE NATIONALE AFGHANE (PNA)
A. FAITS ET CHIFFRES
B. PROBLEMES PROPRES A LA PNA
IV. SECURITE COMMUNAUTAIRE
V. PROBLEMES TRANSVERSAUX
A. APTITUDE AU COMMANDEMENT
B. ANALPHABETISME, CORRUPTION, TOXICOMANIE
C. COORDINATION ET REPARTITION DES TACHES
D. LOGISTIQUE, COMPTABILISATION ET « COULAGE » D’EQUIPEMENTS
E. COMPOSITION ETHNIQUE
F. VIABILITE ET FINANCEMENT
VI. LA MISSION OTAN DE FORMATION EN AFGHANISTAN (NTM-A)
A. PARTENARIAT INTEGRE ET AUGMENTATION DU NOMBRE D’INSTRUCTEURS
B. DE NOUVELLES ORIENTATIONS POUR LA PNA
VII. CONCLUSIONS PRELIMINAIRES ET RECOMMANDATIONS
I. INTRODUCTION
1. Après la saison politique extrêmement mouvementée à laquelle on a pu assister en Afghanistan en 2009, l’Alliance a confirmé les engagements fondamentaux de la mission qu’elle accomplit là-bas sous la conduite des Etats-Unis. Dans le prolongement de l’examen stratégique effectué par le général Stanley McChrystal, qui commande la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), l’OTAN a adopté sans ambiguïté les techniques de contre-insurrection comme le moyen le plus sûr de donner des résultats positifs dans un conflit qui dure maintenant depuis neuf ans.
2. Suivant les principes de la contre-insurrection, il faudrait des centaines de milliers d’hommes pour stabiliser le pays. Or, à leur plus haut niveau enregistré à ce jour, les contingents affectés en Afghanistan par la communauté internationale ne dépassent pas quelque 125 000 hommes. Sur la base de ses propres hypothèses, la stratégie du général McChrystal devra donc mettre en œuvre des forces armées afghanes pour combler l’écart entre les effectifs requis et ceux que les pays contributeurs veulent et peuvent fournir.
3. En effet, les ministres des Affaires étrangères des pays participant à la FIAS avaient raison lorsqu’ils déclaraient, le 4 décembre 2009 : « notre mission sera accomplie quand les forces afghanes seront en mesure d’assurer la sécurité dans leur pays. » Ce qui amène naturellement à se poser la question dont dépend l’évolution de l’intervention de l’OTAN en Afghanistan : quelles sont, pour les forces afghanes, les perspectives d’être entraînées, équipées, motivées et capables de répondre aux besoins du peuple afghan dans des délais acceptables par les pays contributeurs de forces ?
4. La communauté internationale n’est pas la seule à s’interroger à cet égard. Dans son discours d’investiture de novembre 2009, le président afghan, M. Hamid Karzaï, a souhaité que, d’ici à la fin de son mandat, en 2014, la sécurité de l’Afghanistan puisse être assurée entièrement par des Afghans ; il a également fait part de sa volonté de mettre un terme aux activités des sociétés de sécurité privées dans le pays.
5. Le présent rapport a été établi pour la Commission de la défense et de la sécurité de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) et est destiné à alimenter les discussions de cette commission sur un élément crucial de la campagne afghane. Il donnera un résumé des structures et des fonctions des forces de sécurité afghanes (FSA) et, plus spécifiquement, des Forces armées afghanes (FAA) et de la Police nationale afghane (PNA).
6. Il fera en outre le point sur les efforts consentis par la communauté internationale pour faire en sorte que les FSA puissent assurer efficacement la sécurité de la population afghane. Dans ce contexte, la Mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A), créée en novembre 2009 pour accélérer les activités de formation et d’équipement des FSA par les Alliés, revêt une importance toute particulière.
7. En conclusion, le rapporteur soulignera les failles très préoccupantes qu’il constate dans l’aptitude des FSA à assurer la sécurité élémentaire des Afghans. Les FAA et la PNA partagent – à quelques différences près – les mêmes problèmes fondamentaux : lacunes dans le secteur du commandement, corruption, toxicomanie, analphabétisme et équipement insuffisant.
8. Certes, les programmes en cours d’exécution qui visent à améliorer la situation sont prometteurs et des mesures décisives (fixation de priorités pour la PNA, augmentation substantielle du salaire des policiers, organisation de cours d’instruction primaire) ont été prises pour remédier aux erreurs passées, mais du temps et des ressources ont été gaspillés en quantité incalculable depuis que la communauté internationale a commencé à apporter son aide à la mise sur pied de FSA efficaces. La nouvelle méthode adoptée par l’OTAN marque le début d’une action correctrice en la matière mais, sans les moyens nécessaires, elle ne pourra sans doute pas atteindre des objectifs jugés acceptables par les pays contributeurs dans des délais politiquement tolérables.
9. Le rapporteur s’est fondé, pour rédiger le présent projet, sur ses séjours répétés en Afghanistan et sur ses entretiens avec des responsables de divers pays et commandements alliés, dont le US Central Command (CENTCOM) – placé sous la responsabilité du général David Petraeus –, où il s’est rendu à la fin du mois de janvier 2010. Le rapport sera mis à jour en fonction des informations qui pourront être recueillies lors de la visite en Afghanistan en avril 2010 et des discussions que la Commission de la défense et de la sécurité tiendra à ce propos à Riga, au mois de mai.
II. FORCES ARMEES AFGHANES (FAA)
10. La création de FAA après le départ des talibans se poursuit depuis 2002, date à laquelle les forces spéciales américaines ont entamé la formation du premier kandak (bataillon) de l’armée de terre afghane1. Le rôle et l’importance des FAA sont allés en s’amplifiant ces dernières années, à mesure que l’insurrection s’étendait et que la sécurité se détériorait, d’une part, et dès lors que les pays contributeurs ont fait remarquer que leur engagement ne saurait durer indéfiniment, d’autre part. Le retrait des forces internationales est donc éminemment tributaire de la poursuite de la constitution des FAA et, à plus long terme, de l’autonomie de celles-ci. Cela est d’autant plus vrai que, comme le ministre de la Défense, M. Abdoul Wahim Wardak, l’avait précisé en 2009 à des parlementaires de l’AP-OTAN de passage, un Afghanistan faible attisera toujours la convoitise des puissances régionales, tandis qu’un Afghanistan capable de se défendre contribuera à la sécurité régionale et sera un allié d’une importance capitale dans une région difficile.
A. FAITS ET CHIFFRES
11. Selon les estimations officielles, les FAA comptent des effectifs oscillant actuellement entre 100 000 et 110 000 hommes. Elles sont organisées en cinq corps d’armée répartis entre cinq commandements régionaux (CR) installés dans cinq villes : CR Centre (Kaboul), CR Est (Gardez), CR Sud (Kandahar), CR Ouest (Herat) et CR Nord (Mazar e-Charif). Chaque corps d’armée se compose de plusieurs brigades dont chacune est formée d’un certain nombre de kandaks (jusqu’à cinq) : trois kandaks d’infanterie, un kandak de soutien et un kandak d’appui au combat. Un kandak rassemble trois ou quatre compagnies et son effectif ne peut dépasser 658 hommes. De plus, chaque CR accueille au moins un kandak commando. Pour l’instant, sept kandaks commandos – sur les neuf prévus – sont sur le terrain, selon le général de corps d’armée William Caldwell, qui commande la Mission OTAN de formation en Afghanistan2.
12. La plupart des analystes estiment que les FAA sont une réussite à certains égards. L’un d’eux, M. Anthony Cordesman, du Center for Strategic & International Studies, déclare : « Les nouvelles sont bonnes à plusieurs titres : [les FAA] sont l’émanation institutionnelle la plus respectée du gouvernement afghan et [certains de] leurs éléments sont à la fois efficaces et capables de prendre la tête d’opérations3. » De surcroît, des militaires de la coalition ont déclaré à de multiples reprises que les soldats afghans pouvaient faire preuve d’une efficacité relative au niveau de l’escouade, que bon nombre d’entre eux se distinguaient par leur courage et leur dynamisme et qu’ils étaient plus doués, et de loin, pour fouiller les habitations et identifier les combattants talibans potentiels4.
13. Un rapport de l’inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis donnait à entendre, en septembre 2009, que « dans les FSA, des progrès avaient été accomplis dans les secteurs de la doctrine, de l’entraînement, du développement des aptitudes au commandement, du matériel et de la logistique et de la coopération internationale ». Figuraient dans la liste des points positifs : de meilleurs rapports entre les hommes des FAA et leurs instructeurs et conseillers, un pourcentage accru d’opérations de combat conduites par les Afghans (54 % de l’ensemble), la création d’écoles de sous-officiers et la mise sur pied du Groupe d’assistance intégrée civile-militaire, qui coordonne les actions entreprises par différentes entités gouvernementales en faveur du développement des FAA et de la PNA5.
14. De fait, le rapporteur a été impressionné par sa visite, en compagnie d’une délégation de l’AP-OTAN, de l’Académie militaire afghane, fleuron de l’enseignement supérieur militaire et des structures de développement des aptitudes au commandement. Cet établissement, où travaille une équipe de conseillers et d’instructeurs originaires de dix pays contributeurs, décerne des licences et forme chaque année de 300 à 400 lieutenants destinés à occuper des postes de commandement et pourvus d’une formation digne des normes professionnelles les plus exigeantes. Les membres de la délégation ont pu, à cette occasion, observer une simulation d’opérations complexes en milieu urbain menées par des élèves officiers du Centre de formation militaire de Kaboul – coïmplanté avec l’Académie – et s’entretenir directement avec ceux-ci ; ils se sont dits admiratifs de la détermination et du professionnalisme des soldats qu’ils ont rencontrés et de leurs chefs afghans.
B. PROBLEMES PROPRES AUX FAA
15. Cependant, le sentiment prévaut que les FAA connaissent malheureusement de graves problèmes dans plusieurs domaines importants : aptitude au commandement insuffisante, pénurie d’équipements, infrastructures et moyens logistiques limités, manque de transparence en matière de finances, d’équipements et de personnel, difficultés concernant la passation de marchés, mauvaise qualité des matériels et des services et, dans l’ensemble, manque de ressources pour la mission de formation. En octobre 2009, l’enquêteur spécial général des Etats-Unis pour l’Afghanistan a révélé que le nombre de kandaks capables d’opérer de façon indépendante avait diminué, passant de 47 à 43 entre mai et septembre de cette même année6.
16. Depuis 2002, les FAA ont été essentiellement dotées d’équipements estampillés « URSS » ou « Pacte de Varsovie », mais le matériel américain remplace de plus en plus ces équipements, souvent dépassés. Ainsi, les M-16 se substituent progressivement aux fusils d’assaut AK-47 (« kalachnikovs »)7. L’AK-47 est utilisé dans le pays depuis 30 ans, mais le M-16, de fabrication américaine, serait plus léger et plus précis et offre cet avantage supplémentaire de décourager les soldats des FAA de vendre des munitions aux talibans8. Certains experts estiment toutefois que le M-16 ne convient pas pour l’Afghanistan : il est plus cher, plus malaisé à entretenir et plus exposé à une boue et à une poussière omniprésentes9.
17. L’inadéquation de l’équipement reste un problème généralisé, selon M. Wardak, qui, en septembre 2009, a expliqué à une délégation de l’AP-OTAN que les FAA manquaient de puissance de feu, de mobilité et de techniques anti-Engins explosifs improvisés (EEI) : les EEI sont responsables de 80 % des pertes essuyées par les forces afghanes, a précisé le ministre de la Défense.
18. Les efforts actuels visent à porter l’effectif des FAA à 134 000 hommes d’ici au mois d’octobre 2010 : il s’agit là de la dernière en date d’une série d’accélérations spectaculaires par rapport aux échéances initiales, dont la précédente avait été fixée à la fin de l’année 2011. Les plans à moyen terme (octobre 2011) évoquent un effectif de 171 600 hommes ; quant aux prévisions à plus long terme, elles tourneraient aux alentours de 240 000 hommes pour 2014.
19. Le rythme des recrutements a augmenté au cours des derniers mois. Les FAA font état, pour la période comprise entre décembre 2009 et février 2010, de plus de 7 000 recrues par mois. Cela s’explique très vraisemblablement par l’augmentation de la solde. Une simple recrue touche maintenant 165 dollars par mois (contre 50 dollars auparavant) et peut prétendre à des primes de réengagement, de risques et de longévité, l’objectif étant d’offrir aux membres des FAA une rémunération du niveau de celle que perçoivent les combattants talibans10.
20. Cependant, le taux de réengagement est encore beaucoup trop faible, avec une moyenne sur douze mois de 57 % pour les soldats et de 63 % pour les sous-officiers. Quant au taux d’attrition (19 %), il est beaucoup trop élevé. Les FAA afficheraient donc un taux de rotation annuel de 22 ou 23 %11. Cela signifie que « des dizaines de milliers d’hommes doivent être recrutés simplement pour maintenir le statu quo »12.
C. LE CORPS AERIEN DES FAA
21. La taille de l’Afghanistan et son relief accidenté font du transport aérien un atout crucial. Si les FAA doivent un jour opérer de manière autonome, elles devront disposer de moyens aériens efficaces et de personnel capable de les piloter.
22. Mettre sur pied le corps aérien des FAA (CAFAA) pour, précisément, fournir ces moyens n’a pas été une mince affaire. Comme l’a dit le précédent officier général commandant l’élément d’instruction international chargé du CAFAA : « créer des forces aériennes en plein milieu d’une guerre, c’est un peu comme fabriquer un avion en plein milieu d’un vol, mais nous devons y parvenir. »13
23. Un profond fossé culturel et linguistique est apparu, qui se doit au fait que, pour constituer le noyau des pilotes, le CAFAA a dû faire appel essentiellement à des aviateurs afghans parlant le russe (âge moyen : 48 ans) qui ont reçu leur formation du temps de l’occupation soviétique et qui ont continué à voler pour le régime du président Nadjiboullah. Ces aviateurs doivent maintenant apprendre l’anglais et se familiariser avec les normes propres à l’OTAN14.
24. Les plans visant le déclassement de l’hélicoptère Mi-17, que les pilotes afghans utilisent depuis 30 ans, préoccupent l’actuel commandant de l’élément d’instruction ; celui-ci a récemment déclaré à une revue spécialisée dans le commerce des armements qu’une telle « démarche porterait un rude coup à la mission américaine de formation et d’assistance en Afghanistan » et qu’elle pourrait coûter aux Etats-Unis deux années d’entraînement15.
25. En dépit de tous ces problèmes, les efforts consacrés à l’élaboration de cette capacité afghane ont porté leurs fruits : près de 3 000 aviateurs servent actuellement dans le CAFAA, dont l’effectif devrait passer à quelque 8 000 hommes d’ici à 2016. Le corps, qui dispose d’escadres à Kaboul et Kandahar et d’unités de plus petite taille dans le reste du pays, compte 46 appareils, dont une majorité d’hélicoptères de transport Mi-17, d’hélicoptères de combat Mi-35 Hind et d’avions de transport An-32 et C-27. Les plans actuels visent la constitution d’une flotte de 130 à 140 appareils d’ici à 201616.
26. A ce stade, le CAFAA est principalement chargé du transport du personnel afghan, de missions d’aide humanitaire et de l’évacuation médicale des membres des FAA17. Les chiffres officiels attestent des progrès considérables : selon l’OTAN, les pays membres se chargeaient, début 2008, de 90 % des missions de soutien aux forces afghanes ; en 2009, le CAFAA s’est acquitté de 90 % de ses propres missions18. Environ 75 % des infrastructures requises pour le soutien de forces aériennes sont déjà en place19.
III. POLICE NATIONALE AFGHANE (PNA)
27. La mise sur pied d’une police professionnelle afghane capable d’« assumer progressivement de plus grandes responsabilités » est un volet essentiel de la stratégie élaborée par le général McChrystal pour un Afghanistan sûr et stable. A son tour, une telle stabilisation est une condition d’un retrait graduel des forces internationales, question sur laquelle l’administration américaine a indiqué vouloir se pencher en juillet 2011.
28. Selon l’actuelle stratégie de contre-insurrection, la PNA est donc appelée à jouer un rôleclé dans la phase d’« occupation du terrain », durant laquelle les forces de police occupent une zone préalablement « nettoyée » par les troupes de la coalition et les FAA : elles ont pour tâche d’empêcher le retour des insurgés, d’instaurer la primauté du droit et de gagner la confiance de la population locale. Dès lors que les policiers sont essentiellement en contact avec les Afghans, ils sont, à de multiples égards, le « visage » du gouvernement.
A. FAITS ET CHIFFRES
29. Fin janvier 2010, l’effectif total de la PNA était évalué à 96 300 hommes, estimation fournie aux parlementaires de l’AP-OTAN par le US Central Command ; selon le général de corps d’armée Caldwell, de la NTM-A, ce chiffre est passé à 98 000 hommes20.
30. Les plans existants préconisent un effectif de 109 000 hommes d’ici à la fin du mois d’octobre 2010. Mais les responsables afghans et alliés indiquent qu’en raison des forts taux d’attrition il faudra, pour atteindre cet objectif (c’est-à-dire, la constitution d’une force comptant 12 000 policiers supplémentaires), recruter 40 000 Afghans. Les objectifs de forces à plus long terme font état d’une nouvelle expansion qui porterait l’effectif à 134 000 hommes pour la fin du mois d’octobre 2011, le chiffre définitif fixé par le ministère de l’Intérieur étant de 160 000 hommes.
31. La PNA se compose pour l’instant de six corps distincts placés sous le contrôle du secteur civil, à savoir le ministère de l’Intérieur. Le corps le plus nombreux est celui de la Police afghane en tenue (PAT), qui compte plus de 40 000 policiers. La PAT est chargée du maintien de l’ordre en général, de la sécurité publique et de la sécurité intérieure dans les provinces et les districts.
32. La Police nationale afghane de l’ordre public (PNAOP) est une force de réaction rapide composée de 4 900 « policiers d’élite » ; elle a bonne réputation, tant auprès des observateurs internationaux que des populations locales. Les membres de la PNAOP reçoivent un entraînement de 16 semaines, se déploient dans les zones à haut risque et remplacent temporairement la PAT dans le contexte du Programme de développement axé sur les districts (voir Problèmes propres à la PNA ci-dessous). Toutefois, les grandes compétences et les bons résultats de cette force relativement petite posent un problème d’« emploi abusif » ; c’est en raison de ce problème, combiné à de longues périodes de sous-paiement, que la PNAOP est affligée d’un taux d’attrition vertigineux (67 %), de loin le plus élevé de ceux que l’on enregistre dans les corps de police21.
33. Les quatre autres corps de police sont de taille plus réduite. Il s’agit de la police des frontières, de la police des stupéfiants, de la brigade criminelle et de la police antiterroriste.
34. Les autorités afghanes rémunèrent les policiers avec des fonds de la communauté internationale via le Fonds d’affectation spéciale pour le maintien de l’ordre en Afghanistan, qui est administré par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Les dépenses récurrentes (salaires, projets d’infrastructure et équipements non létaux) sont financées par ce même fonds.
B. PROBLEMES PROPRES A LA PNA
35. Selon les critères américains, la PNA « idéale » devrait être « professionnelle, alphabétisée, ethniquement diversifiée, tactiquement compétente et capable d’assurer la sécurité d’un bout à l’autre de l’Afghanistan »22. Malheureusement, c’est loin d’être le cas. La PNA accuse un retard de développement d’une demi-douzaine d’années par rapport aux FAA, selon l’ancien chef du commandement américain chargé de la formation, le général de division Richard Formica23.
36. A ce jour, les mesures prises ont mis à contribution un certain nombre d’organisations et de pays alliés suivant des configurations bilatérales ou multilatérales. L’International Police Coordination Board (Bureau international de coordination policière) a été créé de manière à fixer des priorités et à coordonner ces contributions parfois disparates. Même ainsi, certains analystes pensent que le véritable rôle de la PNA n’a toujours pas été défini clairement et qu’il n’existe pas d’accord explicite entre les éléments de l’appareil de sécurité afghan ou entre les membres de la communauté internationale sur ce que devrait être ce rôle, et l’ensemble des efforts.
37. Selon les chiffres fournis par la FIAS, seuls 13 des 365 districts afghans disposent de forces de police « aptes à l’exécution de missions d’ordre public élémentaires et à la prise d’initiatives adaptées aux circonstances locales sans aide extérieure »24. Selon d’autres calculs, seuls 12 % des unités de la PNA peuvent opérer de manière autonome25.
38. La PNA n’est pas à même d’assurer sa propre survie face à l’insurrection ; en effet, depuis janvier 2007, plus de 2 000 policiers ont été tués en service commandé – ce qui correspond à un taux de pertes double de celui des FAA – à la suite d’une accumulation de problèmes, dont des insuffisances en matière d’équipement, d’installations et d’entraînement. Le taux de mortalité mensuel moyen de la PNA (officiers, sous-officiers et hommes du rang confondus) a augmenté régulièrement au cours des quatre dernières années26.
39. L’analphabétisme est endémique au sein de la PNA ; on estime que 75 % des recrues ne disposent pas de rudiments de lecture ni d’écriture, ce qui entrave la formation, certes, mais aussi l’acquisition des techniques de maintien de l’ordre fondamentales. L’usage de stupéfiants est également très répandu et jusqu’à 40 % des candidats se révèlent positifs aux tests de dépistage27.
40. L’absence d’officiers aptes au commandement est sans doute due à la corruption, laquelle est omniprésente dans les rangs de la PNA et compromet les relations entre celle-ci et la population. Un sondage des Nations unies réalisé à l’automne 2009 montrait que plus de la moitié des Afghans interrogés jugeaient la police corrompue et que les accusations d’extorsion de fonds, de coups et blessures et de viol étaient fréquentes28.
41. La PNA est dotée de fusils d’assaut AK-47 remontant à l’époque du Pacte de Varsovie, de camions, de véhicules tout-terrains et de radios achetées par des donateurs internationaux29. Les observateurs conviennent toutefois que ce matériel (notamment en ce qui concerne les munitions et les véhicules) ne peut suffire à repousser des attaques concertées de la part des insurgés. Des lacunes en matière d’inventaire viennent encore aggraver le problème : selon certaines informations, on ne saurait pas ce qu’il est advenu de 40 % des équipements.
42. Le problème de la tenue de registres se pose dans le secteur de la comptabilisation des effectifs. Il demeure extrêmement malaisé d’empêcher l’apparition de « recrues fantômes » et d’effectifs inexistants que des responsables locaux inscrivent sur les listes pour obtenir les ressources correspondantes de la part des autorités centrales. Certains observateurs pensent que ces « fantômes » pourraient représenter jusqu’à 25 % de l’effectif déclaré de la PNA ; pour le Groupe de crise international (GCI), cela signifierait que « non seulement les policiers manquent à l’appel, mais des milliers d’armes se seraient égarées dans la nature »30.
43. Soucieux de remédier aux insuffisances de la PNA à l’échelon des districts, le commandement américain chargé de la formation a lancé en 2007, le Programme de développement axé sur les districts (PDAD). En vertu de ce programme, tous les membres de la PAT d’un même district sont rassemblés en une unité pour deux semaines d’entraînement dans un centre extérieur ; ils sont remplacés provisoirement par des éléments de la PNAOP jusqu’à la fin de leur période d’entraînement. L’unité en formation est également suivie pendant plusieurs mois dans le contexte d’un programme continu d’évaluation et de partenariat auquel prennent part des instructeurs étrangers. Des responsables du CENTCOM ont indiqué à des membres de la Commission de la défense et de la sécurité qu’à la fin du mois de janvier 2010 les unités de 65 des 365 districts auraient participé au PDAD.
IV. SECURITE COMMUNAUTAIRE
44. Au vu des problèmes que connaissent les FSA au niveau national – problèmes décrits ci-dessus –, d’aucuns ont demandé que les populations locales soient associées aux dispositifs garantissant leur propre sécurité dans le contexte d’initiatives communautaires. Les partisans d’une telle tactique citent souvent l’exemple des « Fils d’Iraq », mouvement auquel on attribue le tournant qu’a pris le conflit dans ce pays.
45. L’idée que cette tactique soit adaptée à l’Afghanistan ou y donne de bons résultats ne fait cependant pas l’unanimité, tant s’en faut31. En 2008, le projet de création d’une force de police nationale auxiliaire a tourné court pour diverses raisons : taux d’attrition élevés, corruption largement répandue, manque de neutralité et absence foncière de professionnalisme.
46. Un projet-pilote de sécurité communautaire connu sous le nom de Force de protection publique afghane (FPPA) est en cours dans la province de Wardak : les doyens tribaux recrutent les membres d’une force destinée à contribuer à la sécurité, à la protection et au développement de leurs communautés respectives. La FPPA assume principalement des fonctions de « surveillance de voisinage » et fait office de système d’alarme, l’objectif étant d’appeler en renfort d’autres forces de sécurité ; elle a aussi pour mission de fournir des renseignements de première main sur les problèmes de sécurité susceptibles de se poser.
47. Placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, conseillée par la PNA et largement supervisée par les forces spéciales américaines, la FPPA n’est pas une milice tribale privée et se compose de villageois et de fermiers souvent dépourvus de toute expérience de la sécurité organisée32.
48. Elle semble donner quelques résultats satisfaisants à ce jour, mais l’efficacité et l’utilité de forces de sécurité locales dans le contexte d’une campagne de niveau national restent sujettes à caution. N’importe comment, une stratégie uniforme englobant toutes les communautés afghanes, qui diffèrent énormément entre elles, n’a guère de chances d’aboutir. Le général McChrystal envisage de dresser le bilan de la FPPA à l’été 2010, avant de prendre une décision sur une éventuelle expansion du projet.
V. PROBLEMES TRANSVERSAUX
49. Les chapitres suivants ne décrivent que quelques-uns des nombreux problèmes communs à tous les éléments des FSA, problèmes qui s’exacerbent mutuellement. Pour donner de bons résultats, toute stratégie visant à obtenir des progrès durables sur la voie de la constitution de forces de sécurité afghanes efficaces doit prendre en considération l’ensemble de ces problèmes.
A. APTITUDE AU COMMANDEMENT
50. Un rapport du commandement américain chargé de la formation daté de septembre 2009 décrit en ces termes l’obstacle le plus important à la concrétisation des plans d’expansion des FSA : « l’absence à tous les niveaux d’un commandement qui soit placé sous le signe de la compétence et du professionnalisme et l’incapacité d’engendrer rapidement un tel commandement »33. Dans le cas des FAA, le problème se pose avec une acuité particulière pour toutes les catégories d’officiers subalternes et de sous-officiers34. Un récent article du New York Times rapporte à cet égard une anecdote éloquente au sujet d’un commandant de section des FAA qui, à plusieurs reprises, a donné l’impression de « se croire propriétaire de ses hommes et [d’] être indifférent à leur bien-être ». Ainsi, il a pratiquement refusé d’autoriser certains d’entre eux à rapporter de la nourriture à d’autres soldats placés sous ses ordres qui n’étaient pas partis en mission ce jour-là35.
B. ANALPHABETISME, CORRUPTION, TOXICOMANIE
51. L’analphabétisme est, lui aussi, un immense problème dans les FSA. Comme le général Caldwell l’a reconnu, seuls 14 % des recrues savent lire et écrire, de sorte que les instructeurs sont obligés de procéder par leçons de choses36. Selon le Groupe de Crise International, il n’y aurait que 11 % d’hommes du rang sachant lire et écrire dans les FAA. Certes, il n’est pas absolument nécessaire qu’une armée affiche un degré d’alphabétisation extrêmement élevé pour se livrer avec efficacité à des opérations de contre-insurrection, mais un analphabétisme de cette ampleur crée une situation de dépendance à l’égard des forces internationales et pose toute une série de problèmes fondamentaux pour l’exécution de tâches de sécurité élémentaires, y compris les activités logistiques ou administratives et l’approvisionnement, sans oublier la collecte de données du renseignement.
52. La corruption est répandue dans toutes les institutions gouvernementales afghanes et les FSA ne font pas exception. La disparition de carburant, d’armes, d’équipements et d’agent réservé aux soldes, le trafic de stupéfiants et d’autres activités illégales posent de sérieux problèmes qui en aggravent d’autres.
53. Les faits donnent à penser qu’un grand nombre de soldats des FAA sont des toxicomanes. En 2009, un officier commandant allemand a déclaré à une agence de presse qu’environ 15 % des membres des forces armées étaient dans ce cas37. Selon un rapport consacré à la récente offensive de Marjah, la consommation de haschich « est tellement répandue chez les soldats afghans que les marines ont pris pour habitude de ne rien demander et de ne rien dire, sauf s’ils sont directement concernés »38. Le problème se pose avec une acuité égale, voire plus grande, dans les rangs de la PNA : 15 % des recrues de la PNA se révèlent positifs lors des tests de dépistage et 40 % des recrues potentielles de l’ensemble des forces de police du pays se sont retrouvés dans le même cas39.
C. COORDINATION ET REPARTITION DES TACHES
54. Les relations entre les forces internationales (Etats-Unis, OTAN et FIAS) et les forces afghanes semblent encore empreintes d’une méfiance mutuelle, même si les premières ont commencé à agir en partenariat avec les secondes à tous les niveaux. Ainsi, un soldat américain a déclaré au Washington Times : « je ne pense pas que les troupes américaines leur fassent jamais une confiance totale et inversement. C’est un sérieux problème40. » Les tirs amis et l’emploi d’uniformes des FAA par les insurgés viennent encore empoisonner ces relations.
55. La confiance et la coopération entre les divers éléments des FSA sont, elles aussi, une source de grave préoccupation. Il n’y a pas de répartition des tâches nette et acceptée par tous entre les FAA et la PNA et, de l’avis d’analystes indépendants, les relations entre les uns et les autres sont tendues et se caractérisent par un esprit de rivalité. Les centres de coordination des opérations (CCO) qui commencent à faire leur apparition permettent de nourrir quelque espoir à ce sujet, même si cet espoir est encore fragile. En septembre 2009, une délégation de l’AP-OTAN a visité le CCO de la région Nord, qui venait à peine d’être mis en service. Le CCO de la province de Balkh était exploité conjointement par des représentants des FAA, de la PNA, de la Direction nationale de la sécurité et de la FIAS. Il avait pour tâche de coordonner les activités de commandement et de contrôle des opérations entre les composantes des FSA, mais également entre les FSA et la FIAS.
D. LOGISTIQUE, COMPTABILISATION ET « COULAGE » D’EQUIPEMENTS
56. Selon les experts, les systèmes logistiques des FSA sont trop petits et trop peu efficaces pour assurer un approvisionnement adéquat des policiers et des militaires ; cette assertion est corroborée par l’inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis41. Un manque d’expérience de la logistique, la corruption et l’analphabétisme entravent le bon fonctionnement du mécanisme d’approvisionnement42. La construction d’infrastructures de soutien pose aussi un problème ; par exemple, des articles de presse indiquent que de nombreuses recrues vivent sous la tente et qu’aucune amélioration n’est en vue, faute d’ingénieurs en nombre suffisant pour construire des logements adéquats43.
57. Une comptabilisation inadéquate des équipements et du personnel peut avoir des conséquences dangereuses. Des responsables reconnaissent qu’une partie du matériel fourni aux FSA est perdue ou vendue. S’il est difficile d’évaluer l’ampleur du problème, le danger, lui, est bien réel : des uniformes perdus ou volés peuvent représenter – et ont bel et bien représenté – une menace grave pour les troupes de la FIAS et les FSA si des insurgés s’en servent pour pénétrer dans des zones protégées.
58. Selon des rapports officiels, la comptabilisation des armes pose un problème majeur en Afghanistan. Par exemple, l’inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis a conclu en mai 2009 que « [son ministère] n’avait pas l’assurance que les armes acquises pour les FAA parvenaient à leurs destinataires ou que les unités des FAA recevaient la bonne quantité et les bons modèles d’armes ». Il évoquait la rupture du dispositif de mise en sécurité et l’existence de lacunes dans l’enregistrement et les sauvegardes prévus pour les armes et le matériel d’importance névralgique.44
59. Une enquête menée par le New York Times a mis au grand jour un fait troublant : l’examen d’un échantillon d’armes récemment prises à des insurgés a montré que plus de la moitié de ces armes étaient chargées de munitions identiques à celles que les Etats-Unis distribuent aux FSA. Voilà qui, selon le New York Times, « laisse supposer que les Américains arment indirectement les talibans ». Le quotidien ajoute que des fusils hongrois d’un modèle bien particulier fournis à la PNA par les Etats-Unis ces dernières années sont en vente dans les bazars du Pakistan45.
E. COMPOSITION ETHNIQUE
60. La composition des FAA reflète grosso modo celle de la population dans son ensemble, avec quelque 43 % de Pachtounes, 32 % de Tadjiks, 12 % de Hazaras et 10 % d’Ouzbeks, le reste étant formé de groupes ethniques plus petits46. Des spécialistes estiment toutefois que les Tadjiks sont surreprésentés dans les grades supérieurs, tandis que les Hazaras ont le sentiment de « se heurter à un plafond invisible »47.
61. L’une des principales priorités a été de recruter des Pachtounes dans les FSA, en particulier dans la perspective d’opérations dans le sud du pays, à majorité pachtoune, précisément. Malheureusement, seuls 2 ou 3 % des soldats des FAA sont du sud, situation face à laquelle le général Caldwell se dit « très, très préoccupé »48.
62. Il existe d’autres lignes de faille inquiétantes dans les FSA. Certains observateurs pensent que de puissants réseaux clientélistes continuent à tout régir, depuis les opérations jusqu’aux promotions. Ces réseaux ne se ramifient pas seulement en fonction des appartenances communautaires ; ils font la différence entre ceux qui ont combattu aux côtés des moudjahidin, ceux qui ont servi dans l’armée à l’époque où elle était soutenue par les Soviétiques, et les recrues de fraîche date.
F. VIABILITE ET FINANCEMENT
63. La mise sur pied des FAA et de la PNA est actuellement financée par un fonds d’affectation spéciale de l’OTAN, pour les premières, et par le Fonds d’affectation spéciale pour l’ordre public en Afghanistan (LOTFA), que gère le PNUD, pour la seconde.
64. Le Fonds d’affectation spéciale de l’OTAN pour les FAA finance les dépenses liées aux équipements offerts, à l’acquisition de matériel, aux projets d’infrastructure, à la formation et, depuis mars 2009, il prend également en charge les dépenses récurrentes inhérentes à l’expansion des forces afghanes. Le coût d’entretien annuel des FAA, sur la base du dernier objectif fixé en matière d’effectifs, soit 171 600 hommes, est encore à l’étude mais, pour l’objectif précédent (134 000 hommes), il était estimé à 1,8 milliard de dollars. Depuis la création du Fonds, en 2007, près de 130 millions de dollars ont été versés et les engagements pris jusqu’ici se montent à 232 millions de dollars (non compris les contributions américaines).
65. En ce qui concerne la PNA, le LOTFA dispose, pour la période 2008-2010, d’un budget estimé à environ 613 millions de dollars, dont 586 millions ont déjà été versés49.
66. Les ressources consacrées, sous la direction des Etats-Unis, au financement des FAA se sont élevées à 7 milliards de dollars en 2009. Cette même année, Washington a dépensé au total 5,6 milliards de dollars pour la mise sur pied des FSA, selon le Combined Security Transition Command-Afghanistan50.
67. Au vu de ces sommes faramineuses, la plupart des observateurs estiment que l’Etat afghan pourrait ne pas être capable de supporter le coût global de l’entretien des FSA jusqu’en 2040 ou au-delà, à en croire des estimations indépendantes fondées sur la poursuite de la croissance de l’économie afghane.
VI. LA MISSION OTAN DE FORMATION EN AFGHANISTAN (NTM-A)
68. Conscients de bon nombre des insuffisances décrites ci-dessus et de l’échec des efforts précédemment consentis pour y remédier dans des délais acceptables, les pays de l’OTAN ont décidé, lors du Sommet de Strasbourg/Kehl d’avril 2009, d’intensifier substantiellement les actions collectives au profit de l’entraînement des FSA.
69. A la demande du gouvernement afghan, les dirigeants alliés se sont engagés à fournir davantage d’instructeurs et de créer la NTM-A pour clarifier et coordonner des lignes d’autorité visiblement complexes qui se chevauchaient dans le contexte de divers programmes de formation. La NTM-A est donc entrée officiellement en fonction au mois de novembre 2009 pour « superviser et rationaliser le développement des capacités » des FSA.
70. La NTM-A a pour tâche de mener à bien les activités institutionnelles de formation, d’éducation et de formation professionnelle. Au nombre de ses principales attributions figurent l’entraînement et l’encadrement des FSA, le soutien de la base de formation institutionnelle des FAA et la refonte de la PNA à l’échelon du district et en deçà. Son commandant, le général Caldwell, place en tête de ses priorités le développement de l’aptitude au commandement à tous les niveaux des FSA et la réforme de la police.
71. Avant la réorganisation, les efforts de l’OTAN consacrés à la constitution des FSA se concentraient sur l’instruction tactique des forces afghanes (et, surtout, des FAA) ; la responsabilité des aspects plus stratégiques incombait essentiellement aux commandements d’instruction américains. Grâce à la création de la NTM-A, le rôle de l’OTAN s’est considérablement renforcé avec le transfert à la Mission d’une bonne partie des responsabilités relatives au développement « hors champ de bataille » des FSA.
72. Avec la réorganisation, le contrôle opérationnel des équipes de liaison et d’encadrement opérationnel (OMLT) et des équipes de liaison et d’encadrement opérationnel de la police (POMLT) est allé au Commandement conjoint de la FIAS (CCF), créé en 2009, lui aussi, pour soulager le commandant de la Force du fardeau des opérations quotidiennes. La NTM-A n’a encore qu’un rôle limité à jouer dans la coordination et la préparation des OMLT et des POMLT, mais, selon le général Caldwell, « ce n’est pas un élément sur lequel nous exerçons un contrôle de tous les jours » 51. Le CCF dirige maintenant les instructeurs sur le terrain et les troupes de manœuvre de la FIAS ; cette clarification de la chaîne de commandement devrait contribuer à la coordination de l’aide d’urgence aux équipes de formation et aux FSA avec lesquelles elles forment des partenariats.
73. La NTM-A se compose de forces internationales, de forces afghanes et de forces contractuelles. Actuellement, elle cherche à se doter d’un effectif total de 5 200 instructeurs, selon le général Caldwell. Au 4 mars 2010, quelque 1 900 postes restaient à pouvoir. Environ 700 d’entre eux sont occupés, pour l’instant, par des contractants ou des instructeurs faisant l’objet d’accords bilatéraux. Les pays alliés se sont engagés à fournir plus de 500 instructeurs supplémentaires. Le 19 avril, le secrétaire général de l’OTAN, M. Anders Fogh Rasmussen, a annoncé qu’il manquait encore 450 instructeurs militaires et policiers.
A. PARTENARIAT INTEGRE ET AUGMENTATION DU NOMBRE D’INSTRUCTEURS
74. Durant l’année 2009, une inflexion fondamentale a été imprimée au concept de « partenariat », parallèlement à la création de la NTM-A. Alors que, en application du concept précédent, les équipes d’instructeurs et leurs « élèves » afghans se retrouvaient « au milieu de nulle part » pour mener conjointement une opération, le nouveau concept, baptisé partenariat intégré, suppose que les troupes internationales et afghanes vivent, s’entraînent, planifient et exécutent les missions ensemble. Ce concept vaut non seulement pour l’encadrement et la formation sur le terrain, mais pour tous les niveaux, depuis les ministères de la Défense et de l’Intérieur jusqu’aux unités de combat sur le champ de bataille. Cet encadrement plus resserré est destiné à rendre les FSA plus rapidement opérationnelles.
75. Il faudra un nombre considérablement plus élevé d’équipes d’instructeurs intégrées pour mener ces tâches à bien. En janvier 2010, 64 OMLT opéraient en Afghanistan (et 19 autres étaient attendues pour le premier semestre de l’année) ; on comptait également 19 POMLT, soit cinq de moins qu’à présent52. Selon les déclarations officielles, une centaine d’OMLT supplémentaires et de 124 à 180 nouvelles POMLT seront nécessaires pour que les FAA et la PNA soient dotées des effectifs prévus pour octobre 2010.
B. DE NOUVELLES ORIENTATIONS POUR LA PNA
76. Le général Caldwell s’est publiquement étonné qu’à l’époque où il assumait le commandement, des policiers afghans aient été envoyés sur le terrain sans entraînement ou presque. Il a donc fait de la formation de la police l’une de ses priorités les plus élevées. C’est ce qui explique que, depuis le début de l’année 2010, selon les responsables de la NTM-A, les activités d’entraînement de la PNA aient effectué « un saut quantique », pour citer le général de division Mike Ward, commandant en second chargé de la constitution et de la formation de la police53.
77. Elément crucial : la formation de base comprend désormais une instruction élémentaire pour toutes les nouvelles recrues. Autre grande initiative : l’augmentation des salaires des policiers, salaires qui ont été portés au niveau des soldes des FAA et qui sont maintenant égaux ou supérieurs à ceux qu’offrent les talibans. En février 2010, l’OTAN a doublé le salaire des hommes du rang de la PNA (il est désormais de 165 dollars par mois, à quoi il faut ajouter une prime de danger et une prime de longévité, sans parler des possibilités de promotion). Les membres de la PNA peuvent donc gagner jusqu’à 240 dollars par mois, soit 40 dollars de plus que le salaire estimatif d’un taliban.
78. Diverses mesures sont en cours d’application, qui visent à améliorer la comptabilisation et, singulièrement, celle du personnel. En coopération avec la NTM-A, le ministère de l’Intérieur a mis au point un processus d’inventaire qui comprend l’enregistrement, des tests de dépistage de l’usage de stupéfiants, des contrôles croisés et l’obtention de données biométriques pour tous les membres de la PNA. A ce jour, le ministère aurait recensé 41 000 policiers à Kaboul et Kandahar ainsi que dans six autres régions à haut risque. Les policiers des autres provinces doivent être répertoriés dans la base de données pour l’été 2010.
79. Lors d’une conférence de presse tenue en mars 2010, le général Caldwell a déclaré que les mesures décrites ci-dessus portaient déjà leurs fruits : les taux d’attrition ont baissé au cours des trois derniers mois et l’arrivée d’instructeurs supplémentaires se ressent « dans des choses simples, mais très importantes pour un soldat, comme la qualification au maniement des armes ou la formation élémentaire, pour laquelle on relevait des taux de 30 % de qualification. Aujourd’hui, nous nous rapprochons des 60 % ».
VII. CONCLUSIONS PRELIMINAIRES ET RECOMMANDATIONS
80. Le présent rapport a pour objet de fournir des informations générales sur l’état des FSA et de faire le point sur les activités entreprises pour les former et les équiper. Il ne faut cependant pas oublier que l’évaluation de ces forces est compliquée par le caractère rudimentaire de l’administration afghane en ce moment. Il n’est donc pas surprenant que les chiffres communiqués au sujet des performances et de la préparation des FSA ne soient vraisemblablement, de l’avis du rapporteur, que des estimations optimistes, dans le meilleur des cas.
81. De fait, des analystes indépendants pensent que les commandants de compagnie afghans font l’objet de pressions extrêmement fortes quant au respect des délais fixés pour la constitution des forces, ce qui les pousse à « être prêts à tout » pour afficher les chiffres souhaités en ce qui concerne les effectifs des troupes formées et opérationnelles, quelle que soit la réalité sur le terrain. La nécessité de n’annoncer que de bonnes nouvelles dans de telles conditions s’explique par des contraintes politiques, certes, mais aussi pour des raisons financières : les officiers concernés mènent des carrières militaires relativement lucratives au regard des normes afghanes.
82. Autre donnée statistique risquant d’être mal interprétée : l’identité des troupes « en tête ». Si les sources officielles maintiennent que, dans 54 % des opérations de combat, ce sont les Afghans qui sont en tête, d’aucuns rétorquent que la plupart de ces opérations sont plutôt de faible envergure (de 50 à 60 hommes) et se résument très souvent à de simples patrouilles54. De la même manière, lors de l’offensive de Marjah, il a été affirmé que les Afghans étaient en tête, mais, comme l’a rapporté le New York Times, « lors de chaque affrontement entre talibans et une unité de marines de première ligne, l’opération a été conduite dans pratiquement tous ses aspects majeurs par des soldats et des officiers américains » 55. Un autre exemple encore porte sur l’aptitude au combat, dont certains disent qu’elle s’est dégradée avec le temps ; un expert affirme que le niveau des spécifications fixées pour les unités des FAA atteignant le jalon Combat Milestone 1 (état de préparation des unités capables de mener des opérations « indépendantes ») a été abaissé de manière à permettre l’établissement de statistiques plus favorables56.
83. Malgré ces difficultés, la taille des effectifs des troupes est sans nul doute l’un des facteurs essentiels qui seront retenus pour juger de l’efficacité de nos efforts en Afghanistan. Elle figure donc parmi les moteurs les plus puissants des priorités pour l’ensemble de la campagne à ce stade. Dans ce contexte, de nombreux analystes ont soulevé la question de savoir si la nécessité de mettre rapidement sur pied des forces « entraînées et équipées » prenait le pas sur la constitution de forces compétentes et efficaces, autrement dit, si la « quantité » ne prévalait pas sur la « qualité ». D’ailleurs, l’actuel commandant en second de la NTM-A a déclaré récemment que, dans le passé, cela avait posé un problème dans le domaine de l’entraînement des forces de police : « Les processus de recrutement et d’entraînement des policiers se sont concentrés sur la quantité plutôt que sur la qualité ; l’entraînement stagnait au niveau du simple policier de quartier plutôt que sur le développement de l’aptitude au commandement, ce qui s’est traduit par un manque de professionnalisme57. »
84. Il est incontestable que la décision d’assortir de délais les principaux objectifs de développement des forces a eu des conséquences importantes sur le calendrier de la formation. Par exemple, la durée de la formation élémentaire des recrues de la PNA a été réduite de 8 à 6 semaines, de mani, , , 32;re à accélérer cette formation et à atteindre l’objectif des 109 000 policiers d’ici à la fin du mois d’octobre 201158. Quant aux recrues des FAA, elles suivaient, jusqu’à la mi-2007, une instruction de 15 semaines avant d’être envoyées sur le terrain ; la durée de l’instruction avait ensuite été ramenée à 10 semaines et, bien que certains trouvent cela trop court, elle n’est plus aujourd’hui que de 8 semaines59.
85. Ces réductions ont eu pour conséquence la suppression de « tâches non essentielles », telles que l’exercice ou la lecture de cartes pour soldats analphabètes, selon le général de division Formica, ancien chef du commandement américain chargé de la formation. En septembre 2009, ce dernier a expliqué à une délégation de l’AP-OTAN que les unités des FAA soumises à un entraînement raccourci ne seraient plus « contrebalancées » par des moyens de concrétisation, qu’elles demeureraient essentiellement composées de fantassins et qu’elles continueraient à dépendre, sur le terrain, des moyens de concrétisation des forces internationales.
86. Bien sûr, la durée de l’entraînement n’est pas l’unique indication de la qualité de celui-ci ou des forces qui le suivent. Cependant, on rapporte que quelques unités envoyées sur le terrain doivent suivre sur place des cours supplémentaires destinés aux recrues qui viennent de terminer l’instruction et qui débarquent à peine sur le terrain, ce qui nuit à l’état de préparation général de l’unité.
87. Le général McChrystal a admis l’existence des risques inhérents à une méthode accélérée, tout en faisant valoir qu’ils seraient compensés « par un partenariat et un encadrement resserrés de la part des commandants régionaux par l’intermédiaire du Commandement conjoint de la FIAS »60.
* * * * *
88. Si l’on veut que les efforts consacrés à la mise sur pied de FSA capables, compétentes et répondant aux besoins de la population aboutissent, les pays contributeurs devront constamment faire montre de patience stratégique et assurer un apport de ressources adéquat.
89. La patience stratégique suppose que l’on accorde aux bons plans en cours d’exécution le temps et l’espace nécessaires pour aboutir. Elle suppose aussi que l’on prenne le temps de mener la tâche à son terme absolu, de manière à éviter que les insurgés n’adoptent une stratégie d’« usure par l’attente ».
90. Le problème de l’adéquation des ressources s’est toujours posé et continuera à se poser dans le contexte de la campagne afghane. A ce stade, toutefois, il est vital que des investissements suffisants soient consacrés à la mise à disposition d’instructeurs et de moyens, de manière à accélérer la formation des FSA. Selon le général Caldwell (dont le propre quartier général souffre d’un déficit en personnel de 25 %), il manquait en avril 2010 près de 2 000 instructeurs et formateurs sur les 5 200 dont la PNA et les FAA ont besoin pour atteindre les objectifs d’octobre 2010.
91. L’absence de formateurs se fait particulièrement sentir dans le cas de la PNA : en janvier 2010, les recrues ne pouvaient compter que sur 37 % de ceux dont elles avaient besoin61. Certes, les Afghans s’occupent de former leurs propres instructeurs (le ministre de l’Intérieur, M. Hanif Atmar, envisage d’envoyer jusqu’à 3 000 de ses meilleurs policiers pour des stages de neuf mois en Turquie et en Jordanie; ces agents seront ensuite affectés en renforts aux éléments en place ou iront remplacer les chefs de la police inefficaces ou corrompus dans les districts et les villages), mais la poursuite des progrès continue à dépendre fondamentalement de la présence d’instructeurs internationaux62.
92. Le manque de personnel, conjugué à la nécessité impérative d’accélérer la formation des FSA, a obligé la FIAS et la NTM-A à combler partiellement les vides en recourant à des contractants ; quelque 2 000 d’entre eux participent actuellement à cette formation, essentiellement en vertu de contrats passés avec les Etats-Unis. Cependant, comme le fait remarquer M. Cordesman du CSIS : « on ne peut savoir avec certitude, tant s’en faut, si les autorités militaires américaines ont déjà conçu des instruments permettant de gérer ces contractants, de les contrôler et d’en vérifier les comptes63. » En effet, des litiges juridiques sont apparus récemment pour les plus gros contrats de formation des FSA : des réclamations ont été formulées au sujet des modalités de passation de ces contrats ; d’autres plaignants ont posé la question de savoir si l’exécution des contrats faisait l’objet d’une supervision appropriée.
93. Le général Caldwell a exprimé clairement sa préférence pour le déploiement d’unités de police paramilitaire telles que la Force de gendarmerie européenne (FGE) - plutôt que de contractants –, en raison de leur chaîne de commandement cohérente et disciplinée et de leurs résultats64, résultats salués par les responsables de l’OTAN ; le besoin d’autres contributions de cette qualité se fait cruellement sentir.
94. Les progrès seront encore ralentis si tous les pays participant à l’effort de formation ne souscrivent pas pleinement au nouveau concept de partenariat intégré, un concept qui a gagné en importance au cours de l’année 2009. S’il suppose l’acceptation de risques et d’investissements plus grands à court terme, il est fondamental pour l’accélération des progrès qui, à leur tour, permettront une réduction sans encombre.
95. L’efficacité des partenariats intégrés reste limitée par les clauses restrictives opérationnelles, lesquelles imposent des contraintes à la marge de manœuvre des commandants sur le terrain. Une fois de plus, le rapporteur demande aux pays membres de réduire autant que possible la portée de ces clauses.
96. Les questions qui se posent quant à la viabilité à plus long terme des FSA telles qu’elles sont envisagées actuellement sont légitimes et méritent plus ample réflexion. Mais, à court terme, nous devons également veiller à ce que les ressources disponibles soient utilisées de manière aussi efficace que possible. Cela suppose notamment que les ressources mises à la disposition de la NTM-A correspondent à l’intensification des efforts que celle-ci consacre à la formation de la PNA. Une solution envisageable consisterait à mettre en place un mécanisme de financement de l’OTAN au profit de la PNA, soit par l’extension à la PNA du mandat du Fonds d’affectation spéciale pour les FAA, soit par la création d’un fonds d’affectation spéciale distinct qui serait réservé à la PNA.
97. Le rapporteur se dit encouragé par les nouvelles mesures prises pour garantir la comptabilisation des effectifs et des équipements, comme le fichage biométrique ou l’utilisation de bases de données, l’objectif étant de résoudre le problème des « recrues fantômes » ou de l’infiltration des FSA par des insurgés. Ces mesures doivent porter leurs fruits de manière tangible, de telle sorte que les pays contributeurs et leur opinion publique aient le sentiment que leurs sacrifices ne sont pas vains.
98. En dépit des problèmes décrits dans le présent rapport, les résultats obtenus par les FSA ont des aspects très positifs. Ainsi, les recrues que le rapporteur a rencontrées en septembre 2009 à l’Académie militaire afghane et au Centre de formation de Kaboul ont démontré leur patriotisme, leur constance et leur courage. Le processus de maturation des FSA marque une pause, mais les acquis sont là, comme il ressort, par exemple, de la réaction aux attentats commis le 18 janvier 2010 dans la capitale : ce jour-là, une série d’attaques complexes et coordonnées ont visé un certain nombre d’objectifs, dont des ministères et des centres commerciaux, et la situation a été maîtrisée assez rapidement par les FSA.
99. Les progrès ainsi constatés doivent être accélérés et consolidés pour permettre aux forces afghanes d’assurer elles-mêmes la sécurité de leur pays. Cela est une condition sine qua non à l’accomplissement d’une mission qui demeure critique pour la sécurité de l’Alliance.
Notes
1 Obaid Younoussi, Peter Dahl Thruelsen, Jonathan Vaccaro, Jerry M. Solinger et Brian Grady : The Long March: Building an Afghan National Army, RAND Monograph Series, 2009, p. 29.
2 William Caldwell : Conférence de presse du général de corps d’armée William Caldwell, officier commandant de la Mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A), 3 mars 2010, p. 5.
3 Anthony H. Cordesman : Afghan National Security Forces: Shaping Host Country Forces as Part of Armed Nation Building, CSIS, p. 24.
4 C. J. Chivers : « Marines Do Heavy Lifting as Afghan Army Lags in Battle », New York Times, 21 février 2010.
5 Inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis : Report on the Assessment of U.S. and Coalition Plans to Train, Equip, and Field the Afghan National Security Forces, p. If.
6 Thom Shanker et John H. Cushman Jr. : “Reviews Raise Doubt on Training of Afghan Forces”, New York Times, 6 novembre 2009.
7 Antonio Giustozzi : “The Afghan National Army: Unwarranted Hope?”, RUSI Journal, décembre 2009, p. 37.
8 C. J. Chivers : “Reading (Rifle) Magazines“, At War: Notes from the Frontlines (Blog), 1er février 2010.
9 Antonio Giustozzi : “The Afghan National Army: Unwarranted Hope?”, RUSI Journal, décembre 2009, p. 37 ; Pamela Constable : “‘You Have to Learn This Now’; To Battle Taliban, Afghan Army Steps Up Recruiting, Training”, Washington Post, 2 août 2009.
10 William Caldwell : Conférence de presse du général de corps d’armée William Caldwell, officier commandant de la Mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A), 3 mars 2010.
11 Antonio Giustozzi : “The Afghan National Army: Unwarranted Hope?”, RUSI Journal, décembre 2009, p. 40.
12 Thom Shanker et John H. Cushman Jr. : “Reviews Raise Doubt on Training of Afghan Forces”, New York Times, 6 novembre 2009.
13 Aviation Week & Space Technology : “New Aircraft on the Way for Afghans”, 28 septembre 2009.
14 Paul McLeary : “High and Hot”, Defense Technology International, 1er octobre 2009.
15 Inside Defense : “Boera: Termination of Mi-17 Would Delay Afghan Training Mission By Years”, 9 avril 2010.
16 Département de la Défense des Etats-Unis : “Bloggers Roundtable with U.S. Air Force Brigadier General Michael R. Boera, Commanding General, Combined Air Power Transition Force, NATO Training Mission – Afghanistan/Combined Security Transition Command – Afghanistan, and Commander, 438th Air Expeditionary Wing”, 25 mars 2010.
17 Paul McLeary : “High and Hot”, Defense Technology International, 1er octobre 2009.
18 OTAN : « Soutien de la FIAS au corps aérien des FAA ».
19 Département de la Défense des Etats-Unis : “Bloggers Roundtable with U.S. Air Force Brigadier General Michael R. Boera, Commanding General, Combined Air Power Transition Force, NATO Training Mission – Afghanistan/Combined Security Transition Command – Afghanistan, and Commander, 438th Air Expeditionary Wing, Kabul”, 25 mars 2010.
20 Christian Miller, Mark Hosenball, Ron Moreau : “The Gang That Couldn’t Shoot Straight”, in: Newsweek, 29 mars 2010 ; en revanche, l’agence Reuters a rapporté, le 28 mars 2010, que l’effectif total de la PNA n’atteignait que 80 000 hommes. Cf. “Memos Claim Drug-Taking Among Afghan Police: Report”, Reuters, 28 mars 2010.
21 William Caldwell : Conférence de presse du général de corps d’armée William Caldwell, officier commandant de la Mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A), 3 mars 2010.
22 Bureau de l’inspecteur général du département d’Etat des Etats-Unis et BBG (Broadcasting Board of Governors), et bureau de l’inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis : “DOD Obligations and Expenditures of Funds Provided to the Department of State for the Training and Mentoring of the Afghan National Police”, 9 février 2010, p. 1.
23 Propos tenus devant une délégation de l’AP-OTAN en visite en septembre 2009.
24 OTAN : Faits et chiffres : « Police nationale afghane », janvier 2010.
25 Miller, Hosenball, Moreau, 2010.
26 Inspecteur général du département d’Etat des Etats-Unis et inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis, 2010, p. 5.
27 Daily Mail : “Nearly half of recruits for Afghan Police fail drugs test”, 14 mars 2010.
28 PNUD : “Police Perception Survey 2009: The Afghan Perspective”, octobre 2009.
29 Nordland, 2010.
30 Mark Schneider : “Testimony to the Commission on Wartime Contracting in Iraq and Afghanistan”, 5 février 2010,.
31 Le commandant du CR Nord a indiqué à une délégation de l’Assemblée de passage en septembre 2009 que de telles initiatives déboucheraient sur la création de milices incontrôlables et ne constituaient donc pas une solution appropriée.
32 “Neighbourhood watch. The Afghan Public Protection Force”, in : Jane’s Intelligence Review, septembre 2009, p. 43 ; Trudy Rubin : “Bypassing the Karzai problem”, Philadelphia Inquirer, 15 novembre 2009.
33 Thom Shanker et John H. Cushman Jr. : “Reviews Raise Doubt on Training of Afghan Forces”, New York Times, 6 novembre 2009.
34 Bureau de l’inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis : Report on the Assessment of U.S. and Coalition Plans to Train, Equip, and Field the Afghan National Security Forces, 30 septembre 2009, p. II.
35 C. J. Chivers : « Marines Do Heavy Lifting as Afghan Army Lags in Battle », New York Times, 21 février 2010.
36 William Caldwell : Conférence de presse du général de corps d’armée William Caldwell, officier commandant de la Mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A), 3 mars 2010.
37 Lynne O’Donnell : “Better Pay Boosts Morale in Afghan Army”, AFP, 28 décembre 2009.
38 Dion Nissenbaum : “Afghan soldiers way below standard, exasperated Marines say”, McClatchy Newspapers, 24 mars 2010.
39 Daily Mail : “Nearly half of recruits for Afghan Police fail drugs test”, 14 mars 2010.
40 Sara A. Carter : “U.S. troops skeptical of Afghan abilities”, Washington Times, 2 décembre 2009.
41 Anthony H. Cordesman : Afghan National Security Forces: Shaping Host Country Forces as Part of Armed Nation Building, CSIS, p. 19 ; Bureau de l’inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis : Report on the Assessment of U.S. and Coalition Plans to Train, Equip, and Field the Afghan National Security Forces, 30 septembre 2009, p. 25.
42 Antonio Giustozzi : “The Afghan National Army: Unwarranted Hope?”, RUSI Journal, décembre 2009, p. 37.
43 Thom Shanker et John H. Cushman Jr. : “Reviews Raise Doubt on Training of Afghan Forces”, New York Times, 6 novembre 2009.
44 Bureau de l’inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis : Afghanistan Security Forces Fund Phase III-Accountability for Equipment Purchased for the Afghanistan National Army, 12 août 2009, p. 8.
45 C. J. Chivers : “Arms Sent by U.S. May Be Falling Into Taliban Hands”, in : New York Times, 20 mai 2009.
46 Keith B. Richburg : “U.S. makes small strides in getting Afghan army fighting fit, but hurdles remain”, Washington Post, 1er février 2010.
47 Antonio Giustozzi : “The Afghan National Army: Unwarranted Hope?”, RUSI Journal, décembre 2009, p. 38.
48 William Caldwell : Conférence de presse du général de corps d’armée William Caldwell, officier commandant de la Mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A), 3 mars 2010.
49 PNUD : Fonds d’affectation spéciale pour l’ordre public en Afghanistan, phase V.
50 C. J. Chivers : “Erratic Afghan Security Units Pose Challenge to U.S. Goals”, The New York Times, 8 juin 2009.
51 William Caldwell : Conférence de presse du général de corps d’armée William Caldwell, officier commandant de la Mission OTAN de formation en Afghanistan (NTM-A), 3 mars 2010.
52 OTAN : “Fact Sheet: NATO’s Operational Mentor and Liaison Teams”, janvier 2010 ; OTAN : “Fact Sheet: NATO’s Police Operational Mentor and Liaison Teams”, janvier 2010.
53 Général de division Mike Ward : “NATO Response to ‘The Illusion of Police Reform’” Addressing International Governance Challenges, 4 avril 2010.
54 Antonio Giustozzi : “The Afghan National Army: Unwarranted Hope?”, RUSI Journal, décembre 2009, p. 40.
55 C. J. Chivers : « Marines Do Heavy Lifting as Afghan Army Lags in Battle », New York Times, 21 février 2010.
56 Antonio Giustozzi : “The Afghan National Army: Unwarranted Hope?”, RUSI Journal, décembre 2009, p. 40.
57 Ward, 2010.
58 Greg Jaffe : “Program aims to rebuild Afghan police force, repair its image”, in : The Washington Post, 12 mars 2010.
59 Obaid Younoussi, Peter Dahl Thruelsen, Jonathan Vaccaro, Jerry M. Solinger et Brian Grady : The Long March: Building an Afghan National Army, RAND Monograph Series, 2009, p. 31.
60 Commandant de la FIAS de l’OTAN/Forces des Etats-Unis – Afghanistan : Commander’s Initial Assessment, 30 août 2009, G2.
61 “Afghanistan Update”, New Strategic Security Initiative/Afghanistan Congressional Communications Hub, 2 mars 2010.
62 Jaffe, 2010.
63 Anthony H. Cordesman : Afghan National Security Forces: Shaping Host Country Forces as Part of Armed Nation Building, CSIS, p. 66.
64 Miller, Hosenball, Moreau, 2010.