2022 - CYBEROPÉRATIONS OFFENSIVES OU DÉFENSIVES : UN DÉFI POUR L’OTAN

Roberta PINOTTI (Italie) - AVANT-PROJET DE RAPPORT

06 mai 2022

La multiplication des cyberopérations – tant en-dessous qu’au-delà du seuil de la guerre – soulève de graves questions quant à l’avenir de la sécurité alliée et plus largement, de la conduite de la guerre. Étant donné que la plupart des objets, personnes, organisations et infrastructures évoluent aujourd’hui dans des réseaux numériques, la « surface d’attaque » s’étend de plus en plus. Cette situation donne l’avantage à l’agresseur et met en péril des biens jusque-là épargnés, comme les infrastructures critiques, les marchés financiers voire la stabilité sociale. À l’heure où elles intègrent dans leurs arsenaux des moyens destinés à de nouveaux types d’opérations et apprennent à lancer des attaques numériques ainsi qu’à défendre des matériels, des armes et des structures de commandement et de contrôle de plus en plus « intelligents », les forces armées du monde entier sont confrontées à la nécessité de revoir leurs doctrines.

Le présent avant-projet de rapport fait le point sur les concepts techniques, les auteurs de la menace et les grandes thématiques qui dominent aujourd’hui le débat sur les cyberconflits. Il s’efforce, sur fond d’attention croissante portée par l’OTAN aux défis liés au cyberespace, de baliser le débat parlementaire transatlantique sur ces différents aspects. Ces dernières années, l’Alliance a adopté une politique globale sur la cyberdéfense, et réaffirmé l’applicabilité de l’article 5 du Traité atlantique. Il est par ailleurs certain que le cyberespace occupera une plus grande place dans le nouveau concept stratégique qui doit être adopté par les Alliés au sommet de Madrid, en juin prochain. Le rapport commence donc par tenter une définition claire de la logique sous-tendant les cyber effets. Il aborde ensuite les retombées de plus en plus nombreuses, en termes de conduite de la guerre, de cyberattaques dopées par les technologies émergentes, ainsi que les nombreux défis qui en découlent dans les domaines juridique et opérationnel. Il évoque ensuite les doctrines et capacités cyber des deux grandes rivales de l’OTAN dans le cyberespace, à savoir la Chine et la Russie, avant de présenter un aperçu des politiques en vigueur et évolutives de l’OTAN relatives à la cyberdéfense. Enfin, il livre rapidement quelques réflexions préliminaires sur les cyber effets constatés dans le cadre de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

S’agissant de l’avenir, on doit s’attendre à ce que le cyberespace se transforme de plus en plus en domaine de confrontation. Il incombe dès lors aux parlementaires de l’OTAN d’œuvrer ensemble au maintien et à l’augmentation des investissements au titre de l’interopérabilité des cyberforces alliées. Ces mêmes parlementaires devront également, au travers d’un dialogue et d’une coopération plus poussés, faire en sorte que les forces armées et les gouvernements, mais aussi le secteur privé et la société civile, soient au fait des tenants et aboutissants des cyberattaques et de la défense face à ces dernières. En conclusion, le rapport nous rappelle que la mise en place d’une cyberdéfense transatlantique résiliente suppose que l’on puisse dégager un terrain d’entente sur les cadres juridiques applicables au cyberespace, et sur l’attribution des cyberincidents et leur prise en charge à l’échelle de l’Alliance ; et que l’on puisse collaborer avec des partenaires équipés pour renforcer les cyberdéfenses collectives ou demandant un soutien en urgence – comme l’Ukraine.
 


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