2024 - LA BIOLOGIE SYNTHÉTIQUE, UNE ARME À DOUBLE TRANCHANT POUR L’OTAN : COMMENT EN EXPLOITER LE POTENTIEL TOUT EN ÉVITANT LES ÉCUEILS

JOE WEINGARTEN (Allemagne) - AVANT-PROJET DE RAPPORT

16 avril 2024

La biologie synthétique est l’une des technologies émergentes et de rupture les plus importantes. Cette biotechnologie de troisième génération est un domaine multidisciplinaire et interdisciplinaire qui applique les principes de l’ingénierie à la biologie. Elle permet de modifier des organismes existants ou d’en créer et ne se limite donc plus aux séquences de gènes présentes dans la nature. Cette technologie a un large éventail d’applications potentielles, et des produits commerciaux sont déjà disponibles dans les domaines de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de la médecine et de l’électronique. Cependant, des défis en matière de technologie, d’évolutivité et de financement, ainsi que des questions éthiques et réglementaires, doivent encore être résolus avant que la biologie synthétique puisse être utilisée à grande échelle.

Ces observations issues du secteur civil s’appliquent également au secteur de la sécurité et de la défense. La biologie synthétique offre de nouvelles possibilités aux forces armées dans des domaines tels que le stockage et la production d’énergie, la création de matériaux et le perfectionnement de matériaux avancés, la détection, les traitements médicaux et l’amélioration humaine. Comme c’est le cas pour la plupart des technologies de rupture émergentes, la biologie synthétique pose des risques de sécurité, des acteurs pouvant l’utiliser à des fins malveillantes. Parmi ces risques figure, par exemple, la possibilité de (re)créer et de modifier des agents pathogènes. Comme dans le secteur civil, bon nombre de ces opportunités et risques ne sont pas identifiés à ce jour. Cependant, il n’y a pas de temps à perdre pour accélérer les efforts consacrés à la biologie synthétique.

Le présent avant-projet de rapport contribue à la réflexion destinée à exploiter le potentiel de la biologie synthétique tout en évitant ses risques. En s’appuyant sur les efforts existants, l’OTAN et les Alliés doivent mettre en œuvre un ensemble de mesures guidées par plusieurs principes directeurs : agir de manière prospective, reconnaître le double usage de cette technologie, trouver le juste équilibre entre les opportunités et les menaces liées à la biologie synthétique, placer les questions éthiques au centre de tout débat et s’appuyer sur les ressources et l’expertise de l’OTAN, du programme pour la science au service de la paix et de la sécurité (programme SPS) et de l’organisation OTAN pour la science et la technologie (STO). Plus concrètement, l’OTAN, les Alliés et les parlementaires de l’OTAN doivent s’efforcer d’adopter une approche commune, de mener des actions de sensibilisation, de se préparer pour l’avenir, de suivre les progrès technologiques et de s’engager auprès des acteurs externes.


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