Rick LARSEN (États-Unis) - RAPPORT
18 septembre 2025
Ce rapport a été adopté par la commission de la défense et de la sécurité lors de la 71e session annuelle tenue à Ljubljana, en Slovénie.
Les soutiens de la Russie — appelés collectivement l’axe du bouleversement ou le quatuor du chaos — jouent désormais un rôle essentiel pour faire perdurer l’effort de guerre du Kremlin. Les barrages de missiles russes lancés contre les lignes et les villes ukrainiennes sont composés de missiles ou d’obus nord-coréens, de drones iraniens et de technologies chinoises. L’arrivée de plus de 10 000 soldats nord-coréens dans la région de Koursk, en Russie, pour aider les forces russes, est une mesure d’escalade choquante qui démontre peut-être mieux que toute autre cette coopération militaire croissante.
Le Bélarus joue également un rôle de facilitateur essentiel dans la guerre que mène la Russie. Ce pays a servi de base arrière au moment où Moscou a lancé son invasion dans le nord de l’Ukraine — c’est de là que sont parties les forces russes qui ont commis certaines des pires atrocités du conflit, y compris les massacres de Boutcha et d’Irpin. Le Bélarus a aussi mis à disposition de la Russie ses stations de ravitaillement et ses systèmes de défense aérienne et antimissile, et a permis à Moscou d’utiliser son territoire pour tirer des centaines de missiles vers l’Ukraine. Depuis le début de la guerre, c’est principalement par ce pays que transitent les biens à double usage chinois livrés à la Russie. Et, d’après des annonces officielles faites à Moscou et à Minsk, des dizaines d’armes nucléaires tactiques russes sont également déployées au Bélarus.
Les Alliés ont fermement condamné la Russie et ses soutiens au sommet de Washington, fustigeant la Corée du Nord et l’Iran, qui fournissent à Moscou un « soutien militaire direct » qui « a de graves incidences sur la sécurité euro-atlantique et nuit au régime mondial de non prolifération », et avertissant la Chine qu’elle ne pourrait pas « rendre possible la poursuite de la plus grande guerre que l’Europe ait connue dans son histoire récente sans que cela nuise à ses intérêts et à sa réputation » (OTAN, 2024a). Les Alliés sont conscients de la nature globale et interconnectée de la guerre d’agression menée par la Russie. Les agissements de ses soutiens, même s’ils n’appartiennent pas à la zone euro-atlantique pour la plupart, ont des répercussions dans le monde entier et mettent à mal les intérêts et la sécurité des Alliés et de leurs partenaires.
Le présent rapport s’intéresse à la coopération militaire croissante entre Moscou, Pékin, Minsk, Pyongyang et Téhéran, et à son impact direct sur la capacité de la Russie à poursuivre sa guerre contre l’Ukraine. Il souligne que l’OTAN et les Alliés doivent essentiellement renforcer l’aide politique et militaire qu’ils apportent à Kyiv pour contrer la Russie et ses soutiens. Il affirme qu’une paix juste et durable jouerait un rôle déterminant pour affaiblir cette alliance informelle. Il recommande, pour atteindre cet objectif, d’augmenter les dépenses et de renforcer les capacités industrielles de défense, conformément à l’engagement pris en 2025 par les Alliés au sommet de La Haye, de sorte à permettre une production d’armes suffisante pour soutenir l’Ukraine et à répondre aux besoins des Alliés en matière de dissuasion.
Le présent rapport souligne également qu’il importe de développer des stratégies coordonnées et de répartir les responsabilités en matière de défense de manière plus équitable au sein de l’Alliance. Mettant en évidence les interdépendances croissantes entre les enjeux de sécurité mondiale, il appelle l’OTAN à approfondir sa coopération avec ses partenaires de l’Indo-Pacifique, notamment le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Au-delà de l’aspect militaire, il invite à renforcer les moyens de cyberdéfense, à prendre des sanctions plus fermes à l’encontre de la Russie et de ses soutiens, et à interagir de manière stratégique avec les pays du Sud mondial afin de freiner l’influence de la Russie. En développant une diplomatie sélective et en offrant des alternatives aux soutiens de la Russie, l’OTAN peut l’isoler encore davantage, tout en renforçant le soutien global à l’ordre international fondé sur des règles.