Adaptation de l’OTAN, Ukraine, attaques contre Israël et prix « Femmes pour la paix et la sécurité » pour conclure la session annuelle de l’AP-OTAN

09 octobre 2023

Ce lundi, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) a conclu quatre jours d’intenses discussions, au cours desquels les Alliés ont été appelés à poursuivre l’augmentation de leurs budgets de défense et l’accélération de leur production d’armes alors que se prolonge la guerre illégale menée par la Russie, des jours salués comme la plus importante contribution au renforcement de la défense collective de la région euro-atlantique depuis des décennies.

La session annuelle de l’AP-OTAN, qui s’est tenue à Copenhague et à laquelle le président ukrainien Volodymyr Zelensky a participé par liaison vidéo, s’est déroulée sous le signe d’un appui indéfectible à l’Ukraine. Plusieurs résolutions ont été adoptées aux fins d’encourager l’OTAN et ses partenaires à renforcer la dissuasion et la défense de l’Alliance et à veiller à ce qu’elle s’adapte à une ère nouvelle sur le plan stratégique.

Au cours de la séance plénière, dirigeants et législateurs ont été unanimes à condamner les attaques terroristes dirigées actuellement contre Israël.

Ils ont décerné le prix Femmes pour la paix et la sécurité (FPS) à Sviatlana Tsikhanouskaya, cheffe de file du mouvement démocratique bélarusse.

Le nouveau président de l’AP-OTAN, Michal Szczerba, a rappelé que l’Alliance était déterminée depuis son sommet de Vilnius en juillet à « faire prévaloir les valeurs qui nous unissent (la démocratie, la liberté, le droit de toutes les nations à disposer de leur destin) sur l’impérialisme et l’autocratie  ».

« Les gouvernements des pays alliés doivent enfin prendre des mesures concrètes. Il est temps, à présent, de créer un centre pour la résilience démocratique au siège de l’OTAN », a fait valoir M. Szczerba. Le sommet de Washington qui marquera le 75e anniversaire de l’OTAN, serait le bon moment pour « célébrer le fait que l’Organisation dispose d’un organe consacré à aider les Alliés et leurs partenaires à défendre nos valeurs », a-t-il ajouté.

La proposition formulée par l’Assemblée aux fins de créer ce centre (l’OTAN ne dispose actuellement d’aucune structure spécifiquement dédiée à la résilience démocratique) bénéficie de l’appui de presque tous les gouvernements alliés. Elle constitue une réponse aux menaces, tant internes qu’externes, qui pèsent de plus en plus sur nos démocraties.

Le secrétaire général délégué de l’OTAN, Mircea Geoana, a indiqué que le secrétaire général, Jens Stoltenberg, et lui-même « fais[aient] tout ce qui [était] en [leur] pouvoir pour parvenir à un consensus », afin que ce centre puisse voir le jour.

De façon plus générale, M. Geoana a indiqué aux parlementaires et aux représentants présents que les dépenses de défense augmentent chaque année depuis neuf ans et que 2023 ne devrait pas faire exception à la règle, une hausse de 8,3 % en chiffres absolus ayant été enregistrée dans les pays d’Europe et au Canada, soit « la plus forte augmentation depuis des décennies ».

« Onze pays membres de l’Alliance consacrent désormais 2 % de leur PIB à la défense, un chiffre qui augmentera l’année prochaine », a-t-il indiqué pour répondre aux questions posées par certains membres. S’agissant des autres aspects de l’adaptation, il a précisé que les gouvernements accélèrent la production d’armes et qu’ils ont passé pour plus de 2,4 milliards d’euros de contrats consacrés aux stocks de munitions.

Le général Philippe Lavigne, commandant suprême allié Transformation, a souligné que les Alliés « doivent définir quel sera notre futur environnement opérationnel d’un point de vue militaire, quels en seront les principaux acteurs et comment évolueront le champ de bataille et la conduite de la guerre ».

Il a également indiqué qu’ils « devront tenir compte de toutes les puissances en présence et rechercher les moyens de collaborer de manière plus efficace avec leurs partenaires, quels qu’ils soient, y compris l’Union européenne [UE] ».

La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a insisté sur le fait que l’UE devait fournir sa juste part en matière de défense. « L’OTAN est la pierre angulaire de notre sécurité », a-t-elle déclaré. « Il ne s’agit pas d’une compétition. Notre sécurité est l’affaire de l’OTAN. Mais au sein de l’Europe et au sein de l’Union européenne, nous devons en faire plus. »

S’adressant à la séance plénière peu après les attaques perpétrées par les extrémistes du Hamas en Israël, qui ont fait des centaines de victimes et au cours desquelles des dizaines de personnes ont été prises en otage, Mme Frederiksen a déclaré que « rien ne pouvait justifier de telles attaques. Rien. Rien. » Elle a ajouté : « Nous nous tenons aux côtés d’Israël, dont le droit à la légitime défense est incontestable ».

M. Szczerba a déclaré pour sa part qu’il s’agissait d’« un niveau de violence terroriste aveugle sans précédent, de grande envergure, perpétrée à l’encontre d’Israël ».

Au moment de recevoir le prix Femmes pour la paix et la sécurité, Mme Tsikhanouskaya a rendu hommage à une jeune Bélarusse de 22 ans originaire de sa ville natale, prise en otage en Israël. « Puisse la paix être rétablie au Moyen-Orient le plus tôt possible », a-t-elle déclaré.

Mme Tsikhanouskaya a dédié son prix aux milliers de femmes opprimées ou emprisonnées en Iran, dans son propre pays et dans de trop nombreuses autres régions du monde. « La tyrannie ressemble à un cancer. Mal traitée, elle se propagera », fit-elle observer dans un discours qui fut ovationné.

« Nous, les femmes, nous pouvons changer les choses. Nous sommes capables de faire de ce monde un monde meilleur », a-t-elle indiqué. Dévoilant le nom de la lauréate du prix FPS, Michal Szczerba a dit de Sviatlana Tsikhanouskaya qu’elle était « un exemple exceptionnel de courage, tant pour les femmes que pour les hommes ».

Troisième récipiendaire de ce prix, Sviatlana Tsikhanouskaya rejoint à ce titre l’ancienne présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, et la vice-première ministre ukrainienne, Olha Stefanishyna.

Une série de résolutions contenant des recommandations destinées aux Alliés et à leurs partenaires ont été adoptées ce lundi portant sur : l’application des décisions prises au sommet de Vilnius ; la reconstruction de l’Ukraine ; la mise œuvre du nouveau cadre de référence de l’OTAN pour la dissuasion et la défense ; la stabilité et la sécurité dans la région de la mer Noire ; la lutte contre la désinformation ; et le renforcement de la protection des infrastructures maritimes critiques des Alliés.

La nécessité d’apporter un appui sans relâche à l’Ukraine, presque 600 jours après le début de la guerre, a figuré parmi les thèmes unificateurs de cette session annuelle. Organisée du 6 au 9 octobre, celle-ci s’est tenue sous les auspices du Folketing (Parlement danois), dont le président, Soren Gade, s’est adressé à l’Assemblée lors de la séance plénière. Quelque 240 législateurs issus des 31 pays membres de l’Alliance et d’une vingtaine de parlements partenaires ont participé aux débats qui portaient sur les questions de défense et de sécurité euro-atlantique à l’ordre du jour.

Plusieurs rapports ont également été adoptés, sur des sujets allant de la dépendance énergétique à la protection des infrastructures maritimes, en passant par les défis que l’essor de la Chine pose au plan mondial et le renforcement de son partenariat avec la Russie.
 

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