Ambitions militaires de la Chine, maîtrise des armements et Arctique au cœur des débats de l’AP-OTAN

17 mai 2021

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Ce dimanche 16 mai, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN a vivement encouragé les pays alliés à entretenir une étroite coopération, entre eux mais aussi avec leurs partenaires, pour pallier les problèmes posés par les ambitions militaires de la Chine, qui vont toujours plus à l’encontre de leurs intérêts dans des domaines majeurs tels que les activités maritimes et spatiales ou encore, le cyberespace.

« Les forces armées chinoises ne représentent pas une menace immédiate pour les Alliés, mais il est de plus en plus manifeste qu’un défi se profile à l’horizon », est-il indiqué dans un avant-projet de rapport examiné par l’Assemblée. « À mesure que les pays alliés affineront leur propre vision et approche vis-à-vis de la Chine au cours des mois et années à venir, il est clair que l’Alliance en tant que telle sera amenée à s’impliquer ». 

Ce projet de rapport, rédigé par Lara Martinho (Portugal), a été débattu au sein de la commission de la défense et de la sécurité (DSC) de l’Assemblée lors de la session de printemps de cette dernière, tenue cette année par visioconférence en raison de la pandémie de Covid-19.

Au cours des débats, Mme Martinho a fait observer qu’un aggiornamento du concept stratégique de l’OTAN était attendu. Il devrait souligner le rôle de l’Alliance en tant que pierre angulaire de la stabilité mondiale et garante de la démocratie, des libertés individuelles et de la primauté du droit.

L’avant-projet de rapport insiste sur la nécessité pour les Alliés de partager des informations sur les avancées militaires et technologiques chinoises et de collaborer de près avec leurs partenaires du bassin Indo-Pacifique, notamment en procédant à « des exercices militaires plus réguliers et plus élaborés ».

Parallèlement, ils doivent chercher à intensifier leur coopération avec Pékin sur les questions relatives au changement climatique ou à la maîtrise des armements, par exemple.

La Chine occupait aussi une place prépondérante dans d’autres avant-projets de rapport examinés pendant la session et consacrés, notamment, à la maîtrise des armements à l’échelle mondiale et aux problèmes de sécurité dans le Grand Nord.

Dans l’un de ces projets, Cédric Perrin (France) a insisté sur les diverses entraves imposées par la Russie et la Chine aux régimes de maîtrise des armements, dont les rouages s’en trouvent aujourd’hui « à la peine ».

Le rapporteur note que si « la Russie a mis au point de nouveaux vecteurs nucléaires déstabilisateurs qui mettent en péril la paix et la sécurité euro-atlantiques (...) l’évolution du dispositif nucléaire de la Chine est potentiellement plus inquiétante ». M. Perrin a notamment alerté sur le fait que « Pékin a entrepris l’expansion la plus agressive de son arsenal nucléaire de toute son histoire. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la Chine refuse encore, à ce jour, d’engager un véritable dialogue à propos de ses forces nucléaires. »

Il a en outre exhorté les Alliés à « élaborer une approche cohérente, à l’échelle de l’Alliance, vis-à-vis de l’évolution [du] dispositif nucléaire [de la Chine], tout en essayant de convaincre les responsables chinois que leur participation aux régimes de maîtrise des armements est dans leur propre intérêt ».

Les pays alliés doivent maintenir la pression exercée sur la Russie – en recourant au besoin à des sanctions – pour l’inciter à revenir s’asseoir à la table des négociations, peut-on lire dans l’avant-projet de rapport.

De surcroît, ils devraient considérer une modernisation des mécanismes actuels de maîtrise des armements pour prendre en compte l’évolution technologique observée dans les domaines de l’espace, de l’intelligence artificielle et du cyberespace.

Alors que le réchauffement climatique ouvrent de nouvelles routes commerciales et de nouvelles voies d’accès à des ressources encore inexploitées, l’Arctique, une « région connue pour sa coopération pacifique », risque bel et bien de se transformer en « une zone où s’attisent les rivalités entre grandes puissances », indique l’avant-projet de rapport établi par Jean-Charles Larsonneur (France).

Selon lui, « les investissements militaires russes ont été́ les plus conséquents » et « La Chine redouble d’efforts pour trouver de nouveaux moyens de marquer son empreinte sur l’Arctique. (...) Cela suscite une certaine inquiétude car cela pourrait augurer les prémices d’une future militarisation de la région par la Chine. »

Pour le rapporteur, la révision attendue du concept stratégique de l’OTAN donnera l’occasion de spécifier l’approche de l’Alliance vis-à-vis des évolutions sécuritaires rapides à l’œuvre dans l’Arctique.

Les Alliés devraient investir dans des moyens modernes de collecte de renseignements, de surveillance et de reconnaissance, de manière à mieux appréhender la situation dans la région, à maintenir une présence suffisante dans le Grand Nord et à disposer, en cas de besoin, des ressources nécessaires à une projection de puissance.

Les membres de la commission ont également entendu un exposé de John Manza, secrétaire général adjoint de l’OTAN pour les opérations, sur le retrait des forces alliées d’Afghanistan. Selon lui, ce retrait se déroule de manière rapide, efficace et conformément aux plans ; il devrait s’achever « dans quelques mois ».

« Le départ des forces alliées ne met pas un terme à nos relations avec l’Afghanistan », a souligné M. Manza, qui a précisé qu’il était prévu, d’une part, de continuer à financer et à entraîner les forces de sécurité afghanes et, d’autre part, d’entretenir l’aéroport de Kaboul ainsi qu’un hôpital à l’usage des membres des missions diplomatiques internationales et des organismes chargés du développement.


Télécharger les avant-projets de rapports de la commission de la défense et de la sécurité
Contact presse : press@nato-pa.int

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