Covid-19 : Vergil Chitac s’exprime au sujet de la résilience des Alliés et du renforcement de la coopération dans la lutte contre la pandémie

11 septembre 2020

Vergil Chitac, chef de la délégation roumaine auprès de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, évoque la contribution de la Roumanie et les efforts collectifs menés par les Alliés pour limiter et surmonter la pandémie, l’adaptation de l’OTAN, les enseignements tirés et les implications de la crise du coronavirus pour les membres et les partenaires de l’OTAN.

4 questions posées à Vergil Chitac :

I.    Les efforts déployés par les Alliés pour fournir des ressources et une aide humanitaire aux pays les plus durement touchés ont été essentiels pour aider les Alliés et les partenaires à faire face à cette crise sans précédent. Pourriez-vous nous dire comment la Roumanie a utilisé les structures de l’OTAN pour aider les autres et comment la Roumanie a bénéficié de l’aide d’autres Alliés pendant la crise ?

En effet, l’OTAN s’est adaptée dès le début à la situation extraordinaire provoquée par la Covid-19, pour faire en sorte que cette crise sanitaire sans précédent ne se transforme pas en crise sécuritaire. L’Alliance s’est activement engagée à soutenir les États membres et ses partenaires en leur fournissant des outils et des capacités essentiels.

Mon pays a utilisé les mécanismes offerts par l’OTAN dans le domaine du transport stratégique et a été le premier Allié à recourir à la capacité de transport aérien stratégique (SAC) pour le transport de matériel médical en provenance de Corée du Sud vers la Roumanie.

À son tour, la Roumanie a mis à disposition des Alliés un avion C27 SPARTAN – qui peut être demandé par l’intermédiaire du Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC) au sein de l’OTAN – et une installation pour le stockage de fournitures médicales (subordonnée à la Division médicale du ministère de la défense nationale), dans le cadre de l’initiative alliée visant à constituer un stock de fournitures et d’équipements médicaux.

La Roumanie a également apporté son soutien à l’Italie (en envoyant deux équipes médicales à Milan et à Bergame), aux États-Unis (une équipe médicale en Alabama) et à des États partenaires (la République de Moldavie et, plus récemment, l’Ukraine).  

II.    Quelles mesures supplémentaires l’OTAN et les forces armées alliées devraient-elles prendre pour accompagner la réponse nationale et internationale à la crise de Covid-19 ? 

Depuis le déclenchement de cette épidémie, l’OTAN a pris des mesures efficaces pour limiter la propagation du virus et le risque associé à la maladie au sein du personnel militaire et civil, ainsi que des communautés qu’ils servent. Dans le cadre de l’activité de renforcement de la résilience, les Alliés ont travaillé ensemble pour renforcer les formations interagences, notamment dans le domaine de la santé. Cette coopération devrait être encore plus développée.

Le plus important est que la puissance de l’Alliance n’ait pas été affectée par la pandémie ; l’OTAN maintient sa capacité à combattre et à réagir rapidement, même si le périmètre de certaines opérations, missions et actions a été réduit pour éviter d’exposer le personnel.

Les Alliés analysent actuellement les enseignements tirés et les implications de cette crise pour l’OTAN, les États membres et ses partenaires, de manière à renforcer la résilience face à ces crises imprévisibles. Il s’agit d’un processus continu d’adaptation des mécanismes et des procédures qui, j’en suis convaincu, permettra de répondre efficacement à une éventuelle crise de ce type à l’avenir.   

III.    Le président roumain Klaus Iohannis a appelé à la relocalisation de certains actifs industriels stratégiques en Europe. Certains responsables politiques européens ont également souligné la nécessité de mettre en place une protection efficace des entreprises stratégiques particulièrement exposées aux fusions et acquisitions. Comment les Alliés peuvent-ils travailler ensemble pour protéger les actifs stratégiques et remédier aux vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement ?

La crise sanitaire générée par la pandémie a mis en évidence l’importance d’une identification précoce de toutes les exigences liées à la résilience et à l’existence de mesures de réponse adéquates. La sécurité énergétique fait partie intégrante de ces efforts et constitue un élément essentiel de notre résilience. Les aspects militaires du rôle de l’OTAN en matière de sécurité énergétique sont un sujet d’une grande pertinence, en particulier dans le cadre du processus d’adaptation de l’Alliance. La Roumanie, en tant qu’Allié du flanc est, accorde une attention particulière au débat actuel sur les modalités d’approvisionnement permanent des forces alliées en carburants. L’extension du réseau de pipelines de l’OTAN contribuerait probablement à la sécurité énergétique de l’OTAN dans son ensemble, en termes de mobilité et de préparation.

Les mesures décidées par les ministres de la défense de l’OTAN en juin seront également très importantes pour renforcer la réponse de l’OTAN à la crise et réduire les vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement. Par exemple, la création de stocks de médicaments et d’équipements médicaux ainsi que la mise en place d’un fonds de soutien financier conjoint de l’OTAN, géré par l’Agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN, facilitera la distribution aux Alliés et aux partenaires grâce aux capacités de transport militaire.

La coopération OTAN-UE s’est également avérée essentielle dans la gestion de la crise actuelle, car elle a permis à la communauté médicale de répondre à des événements dont l’impact était significatif et d’assurer une sécurité logistique spécifique, notamment par le biais du mécanisme européen de protection civile renforcé, rescEU.

IV.    Quel est le rôle des parlementaires dans cette crise ? Et quel rôle la diplomatie interparlementaire, y compris au sein de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, peut-elle jouer pour atténuer cette crise et préparer la prochaine crise ? 

La crise générée par la pandémie de Covid-19 a gravement affecté nos pays, mettant à rude épreuve la capacité de nos systèmes de santé, la résilience de nos économies et, surtout, la patience et la compréhension de nos citoyens. Une crise sans précédent nécessite des mesures sans précédent, et les décisions prises par les autorités dans la lutte contre la pandémie en vue de résoudre la crise du système de santé et de réduire les chocs économiques auront de profondes répercussions sur notre avenir. Dans ce contexte, le partage des connaissances et des meilleures pratiques est essentiel. Il est devenu évident que le besoin de coopération internationale a acquis une nouvelle dimension au cours de cette crise. Les pays alliés devraient travailler plus étroitement ensemble pour surmonter les défis qui nous attendent à l’avenir, et l’AP-OTAN constitue une excellente plateforme pour échanger les expériences nationales et trouver des solutions communes. À l’heure actuelle, les parlementaires devraient promouvoir le dialogue et la coopération entre les États, afin de se préparer à toute autre future crise qui pourrait s
 


Vergil Chitac, chef de la délégation roumaine auprès de l’AP-OTAN

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