Débats parlementaires sur les dépenses de défense de l'OTAN dans une conjoncture économique difficile et soutien des aspirations démocratiques au Bélarus

16 mai 2021

➡️ Visionner les débats


La modernisation militaire en cours de la Russie et le déploiement provocateur de ses troupes font partie de la litanie des défis sécuritaires impérieux qui soulignent la nécessité, pour les pays membres de l'OTAN, de se tenir aux objectifs fixés en matière de dépenses de défense, en dépit de la forte pression exercée sur les budgets publics et les économies par la pandémie de Covid-19. 

Parmi d’autres périls figurent l'instabilité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, également exacerbée par la pandémie, et une Chine de plus en plus offensive, qui a profité de la crise sanitaire pour mener des politiques étrangères et économiques plus agressives et susceptibles d'affaiblir l'ordre international fondé sur des règles. 

Présentant son avant-projet de rapport sur les défis en matière de dépenses de défense à l’occasion de la session de printemps de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, Christian Tybring-Gjedde, député norvégien, a déclaré aux législateurs que « la pandémie et la crise économique qui l'accompagne n'ont fait qu'aggraver une multitude de défis liés à la défense. » 

« Les Alliés doivent faire face à toute une succession de menaces traditionnelles et nouvelles, » a-t-il ajouté, et « pour être en mesure de le faire de manière appropriée, il faut à la fois des ressources financières adéquates et des initiatives visant à améliorer l'efficacité [de l’Alliance]. »

Alors qu’un sommet décisif pour l'OTAN se tiendra dans approximativement un mois, les gouvernements des pays alliés devraient mettre à profit le processus de réflexion OTAN 2030 pour galvaniser la volonté politique nécessaire au respect de ces engagements de sécurité, a rappelé M. Tybring Gjedde aux membres de la commission de l'économie et de la sécurité de l'Assemblée.

Outre le respect de l'engagement de consacrer au moins 2% du PIB à la défense et de veiller à ce qu’au moins 20% de ce montant soient consacrés aux nouveaux équipements et à la recherche, les Alliés doivent également veiller à dépenser de manière efficace afin de garantir une utilisation optimale de leurs ressources, a suggéré M. Tybring-Gjedde, tout en notant que les capacités et les contributions aux missions doivent rester des éléments essentiels dans le contexte général du partage des charges.

S'agissant des conséquences économiques de la pandémie au sens large, le député turc Faik Öztrak a déclaré que les risques pour la sécurité mondiale pourraient être atténués par une plus grande coopération internationale dans des domaines allant de la distribution de vaccins à la gestion de la dette, en passant par une fiscalité équitable et le changement climatique.

« Une reprise mondiale durable n'est pas envisageable si les pays moins développés ne trouvent pas eux aussi le chemin de la croissance, » écrit M. Öztrak dans la première mouture de son projet de rapport sur les implications de la crise économique mondiale. « Un échec à ce niveau pourrait déclencher une instabilité bien plus grande, voire une catastrophe humanitaire dans le monde entier. Les pays les plus riches devront contribuer à stabiliser ces pays par le biais d'une série de politiques de soutien économique. »

En plaidant pour un soutien total au redressement mondial d’après pandémie, M. Öztrak a averti que « plusieurs acteurs autoritaires ont déjà instrumentalisé la pandémie en vue de discréditer la gouvernance démocratique », au premier rang desquels la Chine.

Une distribution équitable des vaccins sera essentielle au redressement. « Une solidarité à échelle mondiale est nécessaire [...] La prochaine étape pour nous tous sera de fournir un soutien essentiel aux pays qui n'ont pas les moyens de vacciner leur population, » a fait valoir M. Öztrak.

La réunion de la commission s'est terminée par la discussion d'un avant-projet de rapport sur le Bélarus, présenté par le parlementaire polonais Michal Szczerba. Ce dernier a déclaré aux législateurs que « le peuple bélarussien aspire à un ordre démocratique qui protège les droits fondamentaux, encourage la liberté économique et donne lieu à des relations normalisées avec les pays voisins. »

Mais la situation, a-t-il noté, n'a fait qu'empirer depuis les élections truquées en 2020. « Svetlana Tsikhanovskaïa – la gagnante légitime des élections de l'été dernier – et d'autres figures de proue du mouvement démocratique qui soulève le pays sont toujours exilés en Europe ou emprisonnés au Belarus. Des centaines d'autres prisonniers politiques croupissent derrière les barreaux et leur nombre ne cesse d'augmenter chaque jour. »

Par le passé, M. Loukachenko a joué au chat et à la souris avec le Kremlin, faisant miroiter la promesse d'une éventuelle union étatique avec la Russie mais résistant malgré tout à toute démarche concrète qui la rendrait possible, a déclaré M. Szczerba. Le problème est qu’« Alexandre Loukachenko est désormais tellement affaibli qu'il n'est plus en mesure de tenir tête à la Russie et, de toute évidence, il refuse par ailleurs de tenir compte des souhaits de son propre peuple. Cette dynamique a plongé le Bélarus dans une crise profonde. »

M. Szczerba demande donc instamment aux gouvernements alliés et à la communauté internationale de marteler que toute ingérence dans les affaires intérieures de ce pays est inacceptable, de faire pression sur le régime bélarussien pour qu'il s’engage à respecter les principes des droits humains inscrits dans le droit international ainsi que de se préparer à appliquer des sanctions contre ceux qui sont directement engagés dans l'oppression du mouvement démocratique ou dans toute atteinte à la souveraineté du Bélarus. Son avant-projet de rapport appelle également à des efforts de médiation impliquant des interlocuteurs clés, y compris la Russie. 
 


Télécharger les avant-projets de rapports de la commission de l'économie et de la sécurité
Contact presse : press@nato-pa.int

Lire aussi

SEE MORE