Face à la « concurrence systémique », les participants au prochain sommet de l’OTAN doivent réaffirmer leur unité et leur attachement aux valeurs démocratiques

17 mai 2021

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L’OTAN doit réaffirmer une unité fondée sur des valeurs démocratiques communes au moment où elle se voit confrontée à la « concurrence systémique » de la Russie et de la Chine, de même qu’à toute une série de problèmes allant du terrorisme au changement climatique en passant par la pandémie de Covid, a déclaré ce lundi le président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, Gerald E. Connolly (États-Unis).

« Notre attachement à la démocratie, aux droits humains et à l’État de droit nous distingue des alliances de régimes autocratiques », a précisé M. Connolly, « et, sans lui, nous ne serions qu’un simple bloc militaire de plus. »

C’est en ces termes qu’accompagné de Mircea Geoană, secrétaire général délégué de l’OTAN,  M. Connolly s’est exprimé lors de la séance plénière clôturant la session de printemps de l’Assemblée. Il a adressé un message très clair aux dirigeants des pays membres de l’OTAN, qui se préparent à tenir un sommet d’une importance cruciale le 14 juin prochain.

« [Ce sommet] offre une occasion unique de tourner une nouvelle page et de consolider l’OTAN en tant qu’incarnation pérenne du lien unissant l’Europe et les États-Unis autour de valeurs démocratiques communes et de la sécurité collective », a-t-il dit.

Il a cependant lancé une mise en garde : cet attachement aux valeurs communes ne saurait se transformer en « un mantra que nous répéterions machinalement dans les communiqués publiés à l’issue des sommets ». Bien plutôt, l’OTAN doit prendre des mesures concrètes pour renforcer le soutien à la démocratie, notamment en créant un centre pour la résilience démocratique au sein de l’OTAN, proposition à laquelle l’Assemblée a souscrit en 2019.

Le sommet de juin devra aussi opposer une ferme riposte aux efforts déployés par la Russie pour déstabiliser les Alliés et leurs partenaires.

« Nous devons conserver une position unie en vertu de laquelle la Russie subirait les conséquences de tout comportement agressif de sa part », a affirmé M. Connolly durant la séance plénière, qui réunissait des parlementaires des 30 pays membres de l’OTAN et de leurs partenaires. « Parallèlement, nous devons avoir avec Moscou un dialogue crédible, sérieux et réaliste lorsqu’il y va de notre intérêt », a-t-il ajouté.

Au nombre des autres questions prioritaires que devrait aborder le sommet figurent la formation d’un front commun dans le contexte des relations avec la Chine, le maintien de l’avance technologique de l’OTAN et la relance des partenariats avec les démocraties partageant la même vision.

Le retrait des forces alliées d’Afghanistan, en cours de réalisation, doit s’opérer de manière à « préserver les acquis majeurs engrangés au fil des 20 années écoulées ».

Au vu de la somme des défis qui leur sont lancés, les Alliés doivent respecter leurs engagements en matière de dépenses de défense ; de la même façon, l’OTAN doit se dire prête à accueillir les pays qui aspirent à la rejoindre. « Je suis persuadé, par exemple, que les participants au sommet réaffirmeront la vocation de la Géorgie et de l’Ukraine à entrer dans l’OTAN et que la porte restera ouverte à la Bosnie-Herzégovine », a indiqué M. Connolly.

Pour sa part, M. Geoană a déclaré aux parlementaires des pays membres et partenaires de l’Assemblée : « Alors que nous nous retirons d’Afghanistan, nous passons à la vitesse supérieure dans notre réponse à d’autres problèmes de portée mondiale, dont les manifestations d’agressivité répétées de la Russie, un terrorisme déchaîné, des cyberattaques perfectionnées, les technologies de rupture, le changement climatique et la montée en puissance de la Chine. »

« Pas un pays ni même un continent ne peut à lui seul relever tous ces défis », a-t-il souligné, avant de poursuivre : « Mais réunies au sein de l’OTAN, les nations d’Europe et d’Amérique du Nord ne sont plus seules. »

M. Geoană a assuré les participants que le sommet de juin aurait « un ordre du jour ambitieux et tourné vers l’avenir » : il s’agira de consolider l’unité de l’Alliance, d’élargir la vision de l’OTAN sur le plan de la sécurité grâce à des initiatives en faveur de la résilience et de l’innovation, d’adopter « une stratégie plus universelle pour sauvegarder l’ordre international reposant sur le respect des règles » et de confirmer notre attachement à des valeurs démocratiques communes.

« Ce sera », a ajouté M. Geoană, « une occasion unique de préparer l’avenir de l’Alliance, de tonifier le lien transatlantique et de manifester par des actes – plutôt que par des paroles –notre engagement en faveur de la solidarité entre l’Europe et l’Amérique du Nord. »

L’orateur a en outre insisté sur le rôle de l’Assemblée dans le processus de réflexion « OTAN 2030 », consacré à l’avenir de l’Alliance. 

« [Ce processus] offre lui aussi une très bonne occasion de réaffirmer notre attachement à nos valeurs, de renforcer nos démocraties et de protéger nos institutions », a rappelé M. Geoană, qui a déclaré : « Cela commence par vous, les représentants du peuple, qui êtes les champions de nos idéaux démocratiques et la cheville ouvrière entre les gouvernements élus et les citoyens. »

M. Geoană a répondu à diverses questions de l’assistance sur le conflit israélo-palestinien, l’intelligence artificielle et l’occupation illégale de la Crimée par la Russie.

La session de printemps de cette année, d’une durée de quatre jours, devait avoir lieu en Suède, l’un des pays partenaires de l’Assemblée, mais elle a finalement dû se tenir par visioconférence, pandémie oblige. La session annuelle de l’Assemblée, prévue pour octobre prochain, devrait avoir pour cadre Lisbonne.
 


Contact presse : press@nato-pa.int

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