La commission permanente de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN affirme l’unité des législateurs alliés face à la menace russe et examine leur contribution au concept stratégique

01 février 2022

Ce 1er février, la commission permanente, l’organe directeur  de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, a tenu une réunion en ligne visant à démontrer l’unité et la détermination des législateurs alliés face aux menaces et surenchères militaires de la Russie. Elle a d’ailleurs tiré de la grave crise actuelle divers enseignements préliminaires dans le cadre de son examen préalable du projet de contribution de l’Assemblée au prochain concept stratégique de l’OTAN.

« Aujourd’hui, les fondations mêmes de la sécurité européenne et mondiale sont mises à l’épreuve », a déclaré le président de l’Assemblée, Gerald E. Connolly (États-Unis), qui a insisté sur la gravité de la situation : « Nous devons relever le défi, afficher notre cohésion et notre détermination et nous ranger aux côtés de nos amis ukrainiens afin de contrecarrer fermement les tentatives de la Russie pour forcer tel ou tel autre pays à se soumettre sous peine d’agression. »

M. Connolly a dit combien il était important de continuer à faire pression sur les autorités russes pour les obliger à faire marche arrière : « Confrontées à la menace bien réelle d’une escalade militaire, nos nations ne doivent pas relâcher les fortes contraintes qu’elles ont exercées ces derniers mois pour dissuader la Russie de toute nouvelle invasion. »

Il n’en est pas moins nécessaire de rechercher simultanément et activement une solution diplomatique, a ajouté M. Connolly : « L’OTAN a ouvert à la Russie la voie du dialogue et nous devons poursuivre la mise en œuvre de tous les moyens diplomatiques à notre disposition pour trouver une issue grâce au dialogue, précisément. Il appartient maintenant aux autorités russes de manifester leur volonté de se détourner d’une escalade militaire qui serait irréversible et lourde de conséquences. »

La commission permanente a salué les déploiements de troupes supplémentaires opérés par de nombreux pays alliés en soutien au dispositif de réassurance et de dissuasion mis en place par l’OTAN à l’Est et dans la région de la mer Noire, de même que les mesures prises pour accroître l’état de préparation et la disponibilité opérationnelle de la Force de réaction de l’OTAN. Elle s’est aussi félicitée d’autres démonstrations de solidarité de la part des Alliés, telles les démarches destinées à garantir l’accès à d’autres sources d’énergie dans l’hypothèse où la Russie interromprait ses livraisons de gaz à l’Europe.

Les législateurs alliés ont réaffirmé leur indéfectible attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et se sont dits résolus à adopter des sanctions sans précédent en cas de nouveaux gestes d’agression. Le Conseil interparlementaire OTAN Ukraine s’est réuni à Bruxelles la semaine dernière pour faire le point sur la situation et se concerter avec les parlementaires ukrainiens.

M. Connolly a souligné les enjeux de la crise et les conséquences incalculables qu’elle pourrait avoir : « [Cette crise] ne concerne pas tant l’Ukraine que les principes et les valeurs fondamentaux d’un ordre reposant sur le respect des règles et instauré par nos nations au sortir de la seconde guerre mondiale pour, justement, prévenir le genre d’agression éhontée que nous soupçonnons la Russie de vouloir commettre contre l’Ukraine. Toutes les démocraties doivent s’unir afin de défendre ces principes et ces valeurs. »

Les membres de l’Assemblée ont estimé que la prochaine version du concept stratégique de l’OTAN devait prendre en compte les premiers enseignements de la crise actuelle.

La commission permanente s’est penchée sur l’avant-projet des recommandations que l’Assemblée soumettra à l’OTAN et aux gouvernements des pays alliés. En préambule, M. Connolly a indiqué que « le concept stratégique de l’OTAN [devait] servir à deux choses au moins : d’un côté, réaffirmer les valeurs et les principes que partagent les Alliés et qui sont tout à la fois le ciment et la raison d’être de l’Organisation elle-même ; de l’autre, adapter cette dernière aux réalités de l’heure, marquées par le retour des rivalités géopolitiques et l’apparition de défis complexes et multiformes. »

Toujours selon M. Connolly, au-delà des leçons évidentes que l’on peut en tirer sur le double plan du dispositif de dissuasion et de défense de l’OTAN et des relations avec la Russie, les tensions actuelles entre celle-ci et l’Ukraine illustrent le combat opposant démocraties et régimes autocratiques.

« Cette crise », a fait observer M. Connolly, « met en lumière la pertinence et l’opportunité de la recommandation de l’Assemblée d’inscrire au cœur du concept stratégique de l’OTAN nos valeurs démocratiques communes en créant au siège de l’Organisation un centre pour la résilience démocratique ouvert aux pays alliés, à leurs partenaires et aux candidats à l’accession. »

C’est à Bruxelles que la commission permanente devrait adopter, le 22 février prochain, la contribution de l’Assemblée à la version de 2022 du concept stratégique de l’OTAN, dans le prolongement de sa réunion annuelle avec le Conseil de l’Atlantique Nord. Les recommandations contenues dans la contribution couvriront tous les aspects de la mission de l’OTAN, à savoir consolider l’Alliance et la rendre invulnérable aux risques et menaces émergents ou connus de longue date.

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