La Géorgie maintient ses aspirations euro-atlantiques dans un contexte politique et de sécurité difficile

05 juillet 2022

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Au cours d’une visite à Tbilissi du 28 au 30 juin, une délégation de la commission de la défense et de la sécurité a pu observer que l’engagement de la Géorgie pour une intégration euro-atlantique et européenne reste ferme et bénéficie d’un large soutien populaire tous partis confondus.

« Nous choisissons d’être du bon côté de l’histoire ; en ces moments difficiles, le côté européen de la défense et de la sécurité ainsi que les valeurs de la démocratie libérale nous permettront d’aller de l’avant », a déclaré Lela Chikovani, vice-ministre géorgienne de la défense. La Géorgie « est fière de contribuer aux efforts de l’OTAN pour la paix et la stabilité. Nous sommes disposés à combattre aux côtés des Alliés de l’OTAN, dont nous partageons les valeurs. »

La guerre menée par la Russie en Ukraine figurait en toile de fond de la visite en Géorgie, pays partenaire « nouvelles opportunités » aspirant à une adhésion à l’OTAN. Comme l’ont rappelé les interlocuteurs géorgiens, la violente campagne menée par la Russie pour briser les aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine a provoqué des ondes de choc dans le Caucase et a ébranlé les perspectives des autorités géorgiennes quant à l’avenir de la région en matière de sécurité.

La délégation a été informée que depuis le cessez-le-feu de la guerre entre la Russie et la Géorgie en 2008, les forces russes occupent encore près de 20 % du territoire géorgien en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Ces frontières continuent d’ailleurs à avancer. En outre, la Russie mène une guerre hybride perpétuelle et cherche à réimposer un contrôle militaire, politique et économique sur la Géorgie et l’ensemble du Caucase.

Conscients de ces vulnérabilités, les membres de la délégation ont exprimé tout leur soutien envers la Géorgie dans une période si éprouvante pour le pays et son voisinage. Andreas Loverdos (Grèce), vice-président de la sous-commission sur l’avenir de la sécurité et des capacités de défense (DSCFC) et chef de la délégation, a fait savoir sans équivoque à ses interlocuteurs géorgiens que « comme pour l’Ukraine, nous soutenons la Géorgie, sa souveraineté, son intégrité territoriale et son droit à l’autodéfense et à l’autodétermination ». Il a ajouté que « les Alliés et l’Assemblée parlementaire de l’OTAN rejettent fermement les efforts menés par Moscou dans le but de fermer la porte de l’OTAN à l’Ukraine, à la Géorgie et à tout autre pays souhaitant la franchir. »

La Géorgie est l’un des plus proches partenaires de l’OTAN. Depuis 2014, elle bénéficie du paquet substantiel OTAN-Géorgie (SNGP), une initiative de coopération en matière de sécurité visant à aider les Alliés à renforcer les capacités de défense de la Géorgie, à accroître l’interopérabilité entre les forces de l’OTAN et géorgiennes et à préparer les institutions de défense géorgiennes, à terme, à une adhésion du pays à l’OTAN.

Le SNGP est la plus grande initiative de développement de capacités de défense d’un partenaire de l’histoire de l’Alliance. Pendant la visite de la délégation à Tbilissi, les Alliés réunis au sommet de Madrid ont convenu d’actualiser le SNGP avec un paquet « de soutien personnalisé » compte tenu de « l’évolution de l’environnement de sécurité en Europe ». Comme l’ont remarqué les représentants de l’OTAN à Tbilissi, l’actualisation du SNGP est nécessaire car « il reste encore beaucoup à faire ». Cependant, les membres ont été informés que le SNGP ne pourrait atteindre ses objectifs que s’il est soutenu par la volonté politique émanant des autorités géorgiennes.

La visite s’est également tenue un peu moins d’une semaine après que le Conseil européen a déclaré être « prêt à accorder le statut de pays candidat à la Géorgie  » une fois que les douze priorités de réforme auront été prises en compte.

Après avoir traversé plusieurs crises politiques au cours des dernières années, la Géorgie apparaît comme un pays fortement polarisé politiquement. L’AP-OTAN reste toutefois plus engagée que jamais à soutenir l’engagement de la Géorgie sur la voie démocratique, y compris sur les questions de réforme judiciaire, électorale et de sécurité.

Comme l’a souligné le chef de la délégation, Andreas Loverdos, à ses collègues géorgiens : « pour rester sur la voie euro-atlantique, la Géorgie doit poursuivre ses efforts de consolidation et de renforcement de sa démocratie ».

La délégation de la DSCFC était composée de 15 parlementaires issus de 11 pays membres de l’OTAN. Pendant les trois jours de visite, elle a été informée sur les défis et les opportunités politiques et militaires que rencontre la Géorgie dans un contexte de progression de son agenda euro-atlantique. En plus d’avoir visité le parlement géorgien et d’autres institutions gouvernementales, la délégation a rencontré des représentants de l'OTAN et des autorités locales travaillant sur place pour le SNGP, y compris au Bureau de liaison de l’OTAN, à l’École pour le renforcement des institutions de défense et au Centre conjoint OTAN-Géorgie de formation et d’évaluation. La délégation s’est également rendue sur la frontière administrative de l’Ossétie du Sud, territoire géorgien occupé par la Russie (région de Tskhinvali).
 

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