La réconciliation nationale, la réforme du secteur de la sécurité et le soutien international sont tous essentiels à la stabilisation de l'Iraq

25 juin 2021

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Aujourd’hui, l’Iraq se trouve à la croisée des chemins, et a la possibilité d'oublier des décennies de guerre et de bouleversements. Mais il doit d'abord parvenir à une véritable réconciliation avec son passé. Une évaluation honnête des crimes qui ont assailli ce pays renforcerait les efforts de réconciliation nationale. La communauté internationale doit soutenir ce processus tout en aidant le gouvernement iraqien à développer ses propres capacités de sécurité, démocratiquement responsables.

Les défis critiques auxquels l'Iraq est confronté, notamment les clivages internes de longue date, l'intervention d'acteurs malveillants comme l'Iran, la menace terroriste permanente et les efforts internationaux visant à soutenir la stabilisation, y compris la mission de l'OTAN en Iraq, ont été les thèmes centraux d'une réunion en ligne du Groupe spécial Méditerranée et Moyen-Orient (GSM) de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN qui s'est tenue le 24 juin 2021. 

Les discussions ont débuté par des exposés de l'ancien ambassadeur des États-Unis en Iraq, Douglas A. Silliman, et de Marsin Alshamary, titulaire d'une bourse postdoctorale du Foreign Policy Program du Brookings Institute. Les vingt parlementaires participants, issus d'une douzaine d'États membres de l'OTAN et de l'Algérie, ont également examiné l'avant-projet de rapport sur l'avenir de l'Iraq présenté par le rapporteur du GSM, Ahmet Berat Conkar (Turquie). Sonia Krimi (France) a présidé la réunion. 

« Chaque communauté en Iraq a été, à un moment donné de son histoire, la cible d'oppression et, en même temps, l'auteur de violences et de répressions, » a déclaré Mme Alshamary au groupe. L'incapacité à examiner cette histoire collectivement et à guérir ces divisions met en péril la démocratie iraqienne elle-même. Elle a suggéré que même des actions simples, telles que la création de musées nationaux et d'autres formes d'éducation publique, pourraient contribuer à un changement positif en Iraq, en particulier si elles étaient entreprises dans le cadre d'un effort plus large de réconciliation nationale, mené à tous les niveaux de la société.

Les membres ont également examiné les efforts continus de l'Iran pour saper le gouvernement national à Bagdad, en partie en cultivant des divisions sectaires qui ne sont pas nécessairement alignées sur les traditions iraqiennes. L'ambassadeur Silliman a noté que l'intervention de l'Iran « n'est rien de moins qu'une menace pour la base même de la gouvernance démocratique en Iraq ». Pour cette raison, l'ingérence continue de Téhéran dans les affaires iraqiennes pourrait très bien se retourner contre lui. Les efforts continus de l'Iran pour refondre les institutions politiques et économiques de l'Iraq à son image ont aliéné de nombreux segments de la société iraqienne, notamment les jeunes Iraqiens qui privilégient de plus en plus les ambitions nationales aux ambitions sectaires. 

Le président de l'AP-OTAN, Gerald E. Connolly (États-Unis), a souhaité la bienvenue aux parlementaires et aux invités à la réunion et a expliqué que la Chambre des représentants des États-Unis avait récemment voté l'abrogation de l'autorisation du recours à la force militaire en Iraq, mettant ainsi fin à un engagement à durée indéterminée pris précédemment dans des circonstances très différentes. « Cette décision, » a-t-il ajouté, « n’impacte pas notre soutien à l'Iraq – celui-ci demeure. Elle concerne la responsabilité et les pouvoirs constitutionnels de notre Congrès de réglementer le déploiement et l'utilisation de la force militaire. » 

En présentant son projet de rapport sur l'Iraq, Ahmet Berat Conkar a souligné que la violence politique permanente, la stagnation économique et l'absence de réconciliation sociale sapent l'État iraqien tout en empêchant le développement de la société civile. Il a noté que « la situation sécuritaire à l'intérieur des frontières de l'Iraq s'est nettement améliorée, mais cette paix est ténue et fragile. Nous ne devons pas ignorer l'évidence. L'Iraq continue d'être confronté à de graves menaces – tant à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur. » Le rapport de M. Conkar va maintenant être révisé et examiné pour adoption lors de la prochaine session du GSM qui sera accueillie par la délégation espagnole de l'Assemblée à Barcelone, en novembre.  

Le Groupe spécial Méditerranée et Moyen-Orient de l'AP-OTAN (GSM) offre un forum aux parlementaires des pays de l'OTAN et de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) pour examiner les questions politiques et de sécurité et renforcer la coopération. L'AP-OTAN a été l'une des premières institutions à s'engager dans la région, entamant un dialogue avec les pays de la région MENA dès le début des années 1990. Le GSM a été lancé en 1996 en tant que mécanisme officiel permettant de relever les défis régionaux et d'engager les dirigeants de la région dans un dialogue constructif.