L’AP-OTAN et l’Ukraine créent un groupe de soutien informel à la plateforme pour la Crimée

27 avril 2021

Le groupe de soutien informel de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN pour la plateforme criméenne a été créé aujourd’hui avec à sa tête trois membres proéminents de l’AP-OTAN, Ojars Eriks Kalnins (Lettonie), Karl A. Lamers (Allemagne) et Rick Larsen (États-Unis), ainsi que trois de leurs homologues de la Verkhovna Rada d’Ukraine, le premier président adjoint Ruslan Stefanchuk, le président de la délégation à l’AP-OTAN Yehor Cherniev et la chef adjointe Solomiia Bobrovska. Le groupe viendra appuyer les efforts de remobilisation de l’attention internationale sur l’occupation illégale de la Crimée par la Russie et ses conséquences multiples. La rencontre s’est tenue alors que la Russie vient de renforcer massivement sa présence militaire en Ukraine et autour, Crimée comprise, et que Moscou vient d’annoncer le début du retrait de ses soldats. 

Créée fin 2020 par l’Ukraine pour renforcer l’efficacité de la réponse internationale à l’occupation en cours et illégale de la Crimée par la Russie, la plateforme criméenne vise le rétablissement pacifique du contrôle effectif de la région par l’Ukraine. La plateforme fonctionne sur quatre niveaux : les chefs d’État et de gouvernement, les ministres, les parlementaires et les experts. Le groupe de soutien informel de l’Assemblée va contribuer à la dimension parlementaire de la plateforme. 

Lors de son intervention, le président de l’AP-OTAN Gerald E. Connolly (États-Unis), a insisté : « nous devons le répéter encore et encore, aussi longtemps qu’il le faudra : nous ne reconnaîtrons jamais l’annexion illégale et par la force de la Crimée ». Il a ajouté que la Crimée était « le test ultime de notre résolution collective et de notre engagement pour la défense de l’ordre international fondé sur des règles ». Au sujet de la fin annoncée des mouvements des troupes russes, M. Connolly a souligné que « nous ne devons pas nous laisser berner par ce que certains qualifieront de “désescalade”. La réalité, c’est que la Russie accroit sa présence militaire en Crimée depuis 2014, et que l’escalade se poursuit sous d’autres formes ». 

Ruslan Stefanchuk a remercié l’AP-OTAN de son soutien. Insistant sur l’étendue et la nature multiforme de la menace que représente la militarisation par la Russie de la péninsule de Crimée, il a souligné le « besoin urgent d’actions concertées menées par la communauté internationale et fondées sur une vision à long terme, afin d’inverser les effets négatifs de l’occupation et de la tentative d’annexion de la Crimée par la Fédération de Russie et restaurer l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues ». À cet effet, la plateforme criméenne « vise l’élaboration d’approches pratiques pour parvenir à la désoccupation de la Crimée et au retour de celle-ci dans l’Ukraine ». 

Dans sa présentation de la situation actuelle en Crimée, Emine Dzhaparova, première ministre adjointe ukrainienne en charge des affaires étrangères, a souligné l’importance du nouveau groupe de soutien : « la voie parlementaire de la plateforme criméenne sera essentielle pour défendre ses buts et ses objectifs. Nous ne doutons pas que le groupe de soutien de  l’AP-OTAN arrivera à maintenir l’attention de l’Assemblée sur la tentative illégale d’annexion de la Crimée par la Russie et sur le bilan désastreux de celle-ci en matière de droits humains dans les territoires temporairement occupés ». 

L’Ukraine doit organiser le sommet inaugural de la plateforme criméenne fin août prochain. Parmi les grandes lignes identifiées, on retrouve la promotion de politiques de non-reconnaissance, l’augmentation de la pression internationale sur la Russie, la réponse aux défis de sécurité en lien avec la militarisation de la péninsule, la prévention de nouvelles violations des droits humains et la mitigation de l’impact économique et environnemental de l’occupation de la Crimée sur la région. 

Le groupe de soutien informel de l’AP-OTAN s’inscrit dans le cadre du partenariat approfondi entre l’Assemblée et l’Ukraine. Le groupe travaillera en collaboration étroite avec le Conseil interparlementaire Ukraine-OTAN (UNIC), principal forum de coopération entre l’Assemblée et l’Ukraine. 

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