L’AP-OTAN exhorte les Alliés à renforcer leur assistance militaire à l’Ukraine et à lever les restrictions visant l’utilisation de leurs armes

27 mai 2024

SOFIA (Bulgarie) - Les Alliés doivent accélérer les livraisons des armes indispensables pour permettre à l’Ukraine de gagner la guerre d’agression menée par la Russie. Ils sont également exhortés à lever les restrictions qui en interdisent l’utilisation contre des cibles militaires situées sur le territoire russe, ont déclaré ce lundi les membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) réunis en séance plénière.

Le Alliés doivent adopter une stratégie visant à « fournir [à l’Ukraine], aussi rapidement que possible et tant qu’il le faudra, tout ce dont elle a besoin pour l’emporter », indique une déclaration adoptée par l’Assemblée à l’issue de sa session de printemps tenue à Sofia.

Cette déclaration invite instamment les gouvernements des pays membres de l’Alliance « à soutenir l’Ukraine dans son droit international à se défendre en levant certaines restrictions sur l’utilisation d’armes fournies par des Alliés pour frapper des cibles légitimes en Russie ».

Cette déclaration percutante a été approuvée par une large majorité des législateurs (plus de 200) issus des 32 pays membres de l’Alliance, lesquels se sont réunis dans le cadre de la séance plénière de l’Assemblée à laquelle participaient le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et le premier ministre bulgare, Dimitar Glavchev.

Michal Szczerba, président de l’AP-OTAN, a souligné la nécessité de faire parvenir à l’Ukraine, rapidement et sans restrictions, des systèmes de défense aérienne et d’autres armes indispensables.

« Ils ont besoin de notre aide. Pas dans deux ans. Pas dans deux mois. Pas même dans deux semaines. Ils en ont besoin immédiatement. Nous devons accélérer et intensifier nos livraisons et fournir à l’Ukraine tout ce dont elle a besoin », a déclaré le président Szczerba à tous les membres. 
 
« L’Ukraine ne peut se défendre que si elle peut attaquer les lignes d’approvisionnement de la Russie et les bases opérationnelles russes. Il est temps de se rendre compte de cette réalité et de donner les moyens à l’Ukraine de faire ce qui doit être fait », a-t-il ajouté. « Le fait de continuer à ne l’aider qu’à coups de demi-mesures, ne fera qu’affaiblir l’OTAN et lui fera perdre sa crédibilité ».

La délégation ukrainienne a indiqué que les restrictions qui empêchent l’Ukraine de frapper des objectifs militaires au-delà de la frontière, ont entravé les efforts déployés pour contrecarrer la dernière offensive russe dans la région de Kharkiv et l’attaque aérienne du samedi 25 mai à l’encontre d’un centre commercial, attaque qui a fait au moins 16 victimes.

« Un terme doit être mis au recours à la terreur par la Russie. Afin que puissions nous y opposer, nous avons besoin de votre détermination. Nous avons besoin de plus d’armes antiaériennes et de plus d’armes à longue portée pour nos soldats », a fait savoir à l’Assemblée, dans un message vidéo, le ministre de la défense de l’Ukraine, Rustem Umerov. « Je vous demande de contribuer autant que possible à l’adoption de telles décisions. »

Le sommet de l’OTAN, qui se tiendra au mois de juillet à Washington, devrait faire évoluer, en le renforçant, le rôle de l’Alliance, afin qu’elle puisse fournir une aide militaire à long terme à l’Ukraine et que cette aide puisse être coordonnée, a déclaré Jens  Stoltenberg.

« Les Alliés n’ont pas tenu leurs engagements en matière de défense aérienne ; ces retards et ces lacunes enregistrés au niveau de leur appui militaire ont eu des conséquences sur le terrain. Il est urgent que les Alliés renforcent cet appui », a-t-il indiqué. « Nous avons également besoin d’engagements financiers à long terme plus importants (...) J’espère que les Alliés pourront se mettre d’accord sur des engagements financiers pluriannuels, car les Ukrainiens ont besoin de savoir à plus long terme ce dont ils pourront disposer, ils ont besoin de plus de prévisibilité pour pouvoir planifier leurs investissements. »

Jens Stoltenberg a estimé lui aussi qu’il fallait lever les restrictions visant l’utilisation des armes. « Le droit de légitime défense comporte celui de mener des frappes contre des cibles légitimes en dehors de l’Ukraine. »

La déclaration de l’AP-OTAN relève que les efforts actuellement déployés en matière d’aide militaire « ne sont pas suffisants pour que l’Ukraine puisse vaincre » et que les Alliés doivent transformer leurs mesures progressives en une stratégie qui puisse « lui fournir, aussi rapidement que possible et tant qu’il le faudra, tout ce dont elle a besoin pour l’emporter ».

L’Assemblée réaffirme qu’elle « ne reconnaîtra jamais aucune des tentatives d’annexions illégales et forcées du territoire ukrainien par la Russie », avant de faire valoir « qu’il ne peut y avoir de paix durable en Europe sans que l’Ukraine ne fasse partie intégrante des familles européenne et euro-atlantique ».

Elle souligne que le sommet de l’OTAN « doit clairement faire savoir que les Alliés soutiendront l’Ukraine jusqu’à la victoire et qu’il doit faire un pas concret en direction de l’accession future du pays à l’Organisation ».

« La place de l’Ukraine est dans l’OTAN », a estimé le président Szczerba. « Le sommet de Washington doit reconnaître que la trajectoire de l’Ukraine vers une adhésion à l’Alliance est irréversible. » Lors de cette session, les parlementaires ont par ailleurs accordé le statut de pays candidat à la délégation de l’Ukraine auprès de l’AP-OTAN.

Les Alliés doivent « affirmer clairement que leur objectif stratégique est la victoire de l’Ukraine et à accroître et accélérer d’urgence la fourniture de toute l’aide militaire dont l’Ukraine a besoin pour l’emporter », peut-on lire dans la déclaration.

En outre, l’Assemblée invite instamment les gouvernements des pays membres de l’OTAN « à élaborer une stratégie moderne et à prendre des mesures proactives à long terme visant à endiguer la menace russe sous toutes ses formes, à défendre activement la démocratie et l’ordre international fondé sur des règles et [...] à contrer les activités politiques, militaires et hybrides agressives et déstabilisatrices menées par la Russie ».