L’AP-OTAN invite les Alliés à se préparer à de nouvelles technologies militaires, des missiles hypersoniques à l’emploi de l’intelligence artificielle dans le combat urbain

21 novembre 2020

Vendredi 20 novembre, des parlementaires des pays membres de l’Alliance atlantique ont débattu l’apparition de nouvelles technologies susceptibles de changer la face des guerres. Ils se sont plus spécialement intéressés aux armes hypersoniques et à l’emploi de l’intelligence artificielle et de systèmes d’armes autonomes dans le combat urbain.
 
« L’OTAN et ses pays membres ne peuvent se permettre d’ignorer les progrès accomplis par la Russie, la Chine et d’autres pays encore dans le domaine des armes hypersoniques », a dit Susan Davis (États-Unis). « En l’absence d’une parade adéquate à leur opposer, ces armes pourraient fournir à un adversaire les moyens d’exercer des pressions sur les Alliés et leurs partenaires en période de crise. »
 
C’est dans le contexte de la session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN – qui se tient cette année en ligne pour cause de pandémie de Covid-19 – que Mme Davis a présenté un projet de rapport sur ces nouveaux missiles, capables de voler à une vitesse plus de cinq fois supérieure à celle du son.
 
Mme Davis écrit dans son projet de rapport que la question a acquis un caractère d’urgence accrue, puisque « la Russie et la République populaire de Chine sont apparemment plus rapides que les États-Unis et d’autres Alliés pour passer –s’agissant de cette nouvelle catégorie de systèmes d’armes, que certains considèrent comme des facteurs de rupture – de la phase de recherche et développement (R-D) à celle du déploiement ».
 
Mme Davis a conclu son intervention en soulignant que l’OTAN ne souhaitait pas se lancer dans une nouvelle course aux armements, mais qu’il lui fallait évaluer les implications de ce nouveau type d’arme pour sa posture de dissuasion et son architecture de défense. Pour se mettre à l’abri des nouvelles menaces, les Alliés doivent donc poursuivre la R-D sur les technologies hypersoniques et les moyens d’y parer, d’une part, et réfléchir aux possibilités d’empêcher leur prolifération, d’autre part.
 
De son côté, Philippe Michel-Kleisbauer (France) a déclaré qu’en matière de combat urbain il était essentiel que les forces armées de l’OTAN restent à la pointe des progrès réalisés dans un secteur technologique en mutation rapide.
 
« Il est indispensable », a-t-il soutenu, « que les Alliés promeuvent le développement de nouvelles technologies qui améliorent la connaissance de la situation ainsi que de commande et de contrôle. Les Alliés doivent également davantage faire appel à la communauté scientifique et technologique de l’OTAN. » 
 
Dans un projet de rapport adopté par la commission des sciences et des technologies de l’Assemblée, M. Michel-Kleisbauer indique que les théâtres d’opérations urbains revêtent une importance grandissante pour les planificateurs militaires.
 
Il affirme en outre que la robotique, les armes autonomes et la réalité augmentée ou virtuelle sont autant de moyens capables d’améliorer la protection des forces et leur efficacité au combat, tout en garantissant également la protection des civils.
 
Enfin, toujours dans ce projet de rapport, il invite instamment les Alliés à trouver des solutions communes aux problèmes éthiques et juridiques inhérents à l’utilisation de l’intelligence artificielle et de systèmes autonomes à des fins militaires. Cela pourrait déboucher sur l’adoption de normes internationales contraignantes et contribuer à prévenir toute prolifération.
 
Par ailleurs, Stamátios Krimigís, président de la commission nationale pour la recherche spatiale de l’Académie d’Athènes et conseiller auprès du ministre de la Gouvernance numérique de la Grèce, a adressé un message aux membres de l’Assemblée : « Pour ce qui est des applications spatiales, l’avenir est véritablement très prometteur. » Il a recommandé aux Alliés d’amplifier leurs recherches dans le domaine de la défense spatiale, notamment en créant un équivalent européen de l’Agence des États-Unis pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA).

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