Le président de l'AP-OTAN s'adresse au sommet de l'OTAN à Madrid et souligne toute l'importance de défendre la démocratie

30 juin 2022

PHOTOS DU SOMMET  (crédits OTAN)



Le président de l'AP-OTAN, Gerald E. Connolly (États-Unis), s'est adressé aux chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN au dernier jour du sommet de l'OTAN à Madrid (Espagne), soulignant toute l'importance de réaffirmer les fondements démocratiques de l'Alliance. 

Le président de l'Assemblée est traditionnellement invité à prendre la parole lors des sommets de l'OTAN afin de présenter le point de vue des législateurs alliés sur les questions essentielles concernant l'Alliance. 

Se félicitant de l'adoption, la veille, du nouveau concept stratégique de l'OTAN – le document principal qui définit l’orientation stratégique de l'Alliance –, le président Connolly a déclaré : « Cette Alliance ne laissera pas l'autoritarisme éteindre la flamme de la démocratie. Cette Alliance ne permettra pas au président Poutine d'étouffer les braises d’une quelconque ambition démocratique, où qu'elles rougeoient ».

La guerre menée par la Russie contre l'Ukraine, a-t-il souligné, est une illustration tragique du conflit mondial actuel sur le terrain des valeurs : « En ce moment même, des gens meurent en Ukraine pour avoir osé embrasser un idéal démocratique. Pour avoir osé s'associer à nous - une Alliance qui, par sa solidarité, son sens des responsabilités et son courage, a gagné la guerre froide ».

Pour se prémunir contre « la marche de l'autoritarisme », l'OTAN doit « dépasser le stade de la rhétorique dans son engagement en faveur des institutions démocratiques », a fait valoir M. Connolly. Plus précisément, l'Assemblée a recommandé que l'OTAN crée en son siège un centre pour la résilience démocratique. Celui-ci servirait de ressource et de pôle d'échange d'informations sur les jalons démocratiques - une proposition qui recueille actuellement le soutien de 29 sur les 30 Alliés. « Rejeter cette proposition revient à fermer les yeux sur les agissements de Vladimir Poutine en Ukraine et à laisser prospérer des cellules cancéreuses qui mettent en péril notre avenir ». 

Se félicitant également de l'invitation adressée à la Finlande et à la Suède par les dirigeants alliés d'adhérer à l'OTAN, le président Connolly a souligné que comme par le passé, l'AP-OTAN jouera le rôle qui est le sien pour accélérer la ratification requise dans les 30 parlements de l'Alliance. 

Qui plus est, M. Connolly a appelé à une mise en œuvre rapide et complète du dispositif renforcé de dissuasion et de défense de l'OTAN, en particulier sur le flanc Est de l'Alliance, tout comme il s'est félicité que le nouveau concept stratégique reconnaisse les défis posés par les ambitions et les politiques coercitives de la Chine. Il a également souligné la nécessité pour l'Alliance d’être en mesure de faire face simultanément à d'autres dangers et défis, y compris la menace directe et persistante posée par le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, l'instabilité dans le Sud et dans d'autres régions limitrophes de l'Alliance et l'impact du changement climatique. 

Au début de l'année, l'Assemblée a adopté une série de recommandations à l’intention du sommet de Madrid, notamment une contribution au prochain concept stratégique de l'OTAN, ainsi que deux déclarations intitulées Solidarité avec l’Ukraine et Contrer la menace russe, signées respectivement du parlementaire polonais, Michal Szczerba, et du président Connolly en personne. 

M. Connolly est le représentant américain de la 11e circonscription (Virginie) du Congrès. Il a rejoint l'AP-OTAN en 2013 et a été élu à sa présidence en novembre 2020. 

 

Discours prononcé au sommet de l'OTAN  [langue originale : anglais

Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis d'être ici avec mon président, le président Joe Biden, dont j’ai été, dans ma jeunesse, l’assistant lorsqu'il siégeait à la commission des affaires étrangères du Sénat. 

Cette Alliance ne permettra pas à l'autoritarisme d'éteindre la flamme de la démocratie. 

Elle ne permettra pas au président Poutine de piétiner les braises de l'ambition démocratique, où qu'elles rougeoient. 

En ce moment même, des gens meurent en Ukraine pour avoir osé embrasser l'idéal démocratique. 

Pour avoir osé s'associer à nous - une Alliance qui, par sa solidarité, son sens du devoir et son courage, a gagné la guerre froide. 

Bien que nous n'ayons pas toujours été irréprochables, nous avons toujours fait de la norme démocratique inscrite dans notre traité fondateur notre idéal. 

Ce faisant, nous avons fait prospérer la démocratie libérale sur ce continent.  

Nous ne sommes plus un groupe de seulement quelques courageux, mais une large communauté. 

Une communauté que tous veulent rejoindre. La Finlande et la Suède le feront d’ailleurs bientôt et nous leur souhaitons la bienvenue.  

Si nous voulons poursuivre ce succès, 

Si nous voulons être plus qu'un simple bloc militaire qui n'aime pas la Russie,

Si nous voulons nous prémunir contre la marche de l'autoritarisme qui s'est accélérée ces dernières années,

Nous devons aller au-delà de la rhétorique dans notre engagement envers les institutions démocratiques. 

Après 73 ans, l'Assemblée estime qu'il est plus que temps pour l'OTAN de mettre en place une véritable architecture institutionnelle dédiée à la promotion de la démocratie.  

C'est pourquoi nous avons proposé de créer un centre pour la résilience démocratique au sein même de l'OTAN.  

Il ne s’agirait aucunement d’un organe de surveillance mais plutôt d’une ressource permettant de prôner les valeurs démocratiques et de protéger les institutions qui font la force de nos démocraties. 

Cette idée recueille un très large soutien parmi vous tous.  

Mon premier souvenir de la guerre froide remonte à 1956, lors de la révolution hongroise. Je me souviens avoir vu le drapeau hongrois en lambeaux flotter au-dessus de la basilique Saint-Étienne et les chars soviétiques arpenter les rues du centre-ville.  

Même à l'âge de six ans, je pouvais voir qu'un camp se battait pour la liberté. L'autre essayait de la réprimer.  

C’est ce qui se joue à nouveau en Ukraine aujourd'hui. 

Rejeter cette proposition revient à fermer les yeux sur ce que fait Poutine en Ukraine et à laisser se propager un mal qui met en péril notre avenir. 

Je dis cela avec une bonne dose d'humilité, car je me trouvais au Capitole des États-Unis le 6 janvier, assis sur le sol de la Chambre, alors qu'une violente insurrection faisait rage à nos portes.  

La Russie a pour objectif ultime de miner la démocratie, de réduire à néant la sécurité de l’Europe et de mettre à bas l’ordre international fondé sur des règles. Nous devons faire face à cette réalité stratégique collectivement.

Vous avez réaffirmé notre attachement indéfectible à l'article 5 et à la défense collective et vous avez réinitialisé notre posture de dissuasion et de défense. Nous devons maintenant fournir les troupes et les capacités nécessaires pour assurer la dissuasion et la défense de chaque centimètre carré du territoire de l'OTAN. 

Pour soutenir cette nouvelle posture, l’engagement en matière d'investissements de défense pris au pays de Galles en 2014 doit être respecté par tous et devenir un engagement minimal pour le long terme.  

Comme vous l'avez décidé, nous devons également assurer une dissuasion et une défense plus efficaces en deçà du seuil de l'article 5 et accroître notre soutien aux autres partenaires de l'OTAN exposés aux pressions de la Russie, notamment la Géorgie, la République de Moldova et la Bosnie-Herzégovine.  

Nonobstant la Russie et la menace qu’elle fait peser, nous devons dans le même temps prendre en compte les autres menaces et défis, comme le fait d’ailleurs le concept stratégique.  

Pour la première fois, le concept stratégique reconnaît que les ambitions et les politiques coercitives de la Chine sont contraires à nos intérêts, à notre sécurité et à nos valeurs. 

Notre Assemblée soutient depuis longtemps une politique transatlantique commune à l'égard de la Chine, fondée sur l'engagement, la concurrence et la défense des intérêts sécuritaires et démocratiques des Alliés. 

Nous soutenons également une vision qui réponde à la menace persistante et directe du terrorisme et à la prolifération des armes de destruction massive. Qui réponde à l'instabilité dans le Sud - dont vous allez parler aujourd'hui, et dans d'autres régions de notre voisinage. Et qui réponde, bien sûr,  à l'impact du changement climatique, dont vous avez parlé, Monsieur le Secrétaire général, lors du Forum public en début de semaine. 

Notre réponse collective en ce moment critique pour l'Alliance tracera une voie qui s’inscrira dans l'histoire de l'humanité.  

Au nom de l'Assemblée et des 30 parlements qui la compose, je tiens à vous remercier pour votre leadership et votre engagement envers nos valeurs démocratiques communes.  

Gerald E. Connolly, Président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN

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