Les implications de l'assaut russe en Ukraine dominent la réunion du Conseil interparlementaire Géorgie-OTAN à Bruxelles

23 février 2022

Les parallèles et les dangers potentiels pour la Géorgie découlant de la nouvelle agression de la Russie contre l'Ukraine ont occupé une place prépondérante lors de la réunion annuelle du Conseil interparlementaire Géorgie-OTAN (GNIC) à Bruxelles. Présidée par Gerald E. Connolly (États-Unis), président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN (AP-OTAN), et Irakli Beraia, chef de la délégation géorgienne à l'Assemblée, la réunion a eu lieu quelques heures seulement avant la nouvelle invasion de l'Ukraine par la Russie.

À l’écoute des préoccupations de leurs pairs géorgiens, les membres de l'AP-OTAN ont réaffirmé leur soutien de longue date à la souveraineté, à l'intégrité territoriale et au droit à l'autodéfense et à l'autodétermination de la Géorgie.

Les législateurs alliés et géorgiens sont convenus que la grave crise et la réponse mondiale auraient des répercussions importantes sur la Géorgie. Si la Russie parvenait à transformer l'Ukraine en un État vassal, le président Vladimir Poutine ferait, au minimum, un nouvel effort pour étendre son influence sur la Géorgie. Les membres ont également convenu que la crise pourrait entraîner de nouvelles perturbations en Géorgie.

Les membres de l'Assemblée ont également souligné qu'ils rejetaient la demande de Moscou de fermer la porte aux candidatures de la Géorgie ou de l'Ukraine à l'OTAN. Ils ont souligné que la politique de la porte ouverte de l'OTAN était fondée sur le traité fondateur de l'Alliance, que l'adhésion restait ouverte aux États européens qui remplissaient les obligations liées à l'adhésion et contribuaient à la sécurité dans la région euro-atlantique, et qu'aucun tiers n'avait de droit de veto.

Au sommet de l'OTAN qui s'est tenu à Bucarest en 2008, les Alliés se sont félicités des ambitions d'adhésion à l'OTAN de l'Ukraine et de la Géorgie et ont décidé que ces pays deviendraient membres de l'OTAN. Alors que les Alliés n'ont cessé de réaffirmer cette décision depuis lors, la Russie s'emploie systématiquement à saper les aspirations euro-atlantiques des deux pays, au point d'envahir et d'occuper d'importants territoires dans chacun d'eux.

Les législateurs de l'OTAN ont dit à leurs homologues géorgiens que le renforcement de leurs institutions démocratiques était un élément clé des efforts déployés par les deux pays pour s'intégrer plus étroitement dans les institutions euro-atlantiques. Les progrès démocratiques dans chaque nation sont la raison pour laquelle le régime du président Poutine se sent menacé, ont convenu les membres.

Toutefois, les membres de l'AP-OTAN ont fait part de leur vive inquiétude devant l'absence récente de progrès en matière de réforme et de consolidation démocratiques en Géorgie, et notamment devant l'absence de mise en œuvre intégrale de l'accord politique d'avril dernier, destiné à sortir d'une profonde impasse politique.

La délégation géorgienne a reconnu que la polarisation politique actuelle en Géorgie est un problème clé que la classe politique doit surmonter pour poursuivre sur la voie euro-atlantique, qui, ont-ils noté, est un objectif commun à tous les partis et à la population en général.

La crise actuelle en Ukraine démontre la pertinence et l'opportunité de la recommandation de l'AP -OTAN de placer les valeurs démocratiques partagées au cœur du prochain concept stratégique de

l'OTAN et de créer, au sein du siège de l'OTAN, un Centre pour la résilience démocratique. Ce centre concrétiserait l'engagement de l'OTAN à l'égard de ses valeurs et permettrait aux Alliés et aux partenaires comme la Géorgie de puiser dans cette ressource sur une base volontaire.

L'AP-OTAN a renforcé sa coopération avec la Géorgie en créant le GNIC au lendemain de la guerre russo-géorgienne de 2008. Aujourd'hui, le Conseil est le pendant de la commission OTAN-Géorgie qui supervise les relations de l'OTAN avec la Géorgie. Le Conseil se réunit deux fois par an pour examiner et évaluer les relations OTAN-Géorgie et les questions d'intérêt commun.

 

 

 

 

 

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