Les législateurs de l’OTAN soulignent l’importance de ne pas laisser la pandémie de Covid-19 porter atteinte aux budgets de défense

23 novembre 2020

Il a été rappelé ce samedi 21 novembre que les menaces pour la sécurité telles que le terrorisme, les cyberattaques et les défis posés par des acteurs tels que la Chine et la Russie n’avaient pas faibli au cours de la pandémie de Covid-19 et que les Alliés devaient résister à la tentation d’opérer des coupes dans leurs budgets de défense.

Lors d’un débat sur un projet de résolution et un projet de rapport présentés à l’occasion de la 66e session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, les législateurs et les experts ont mis en avant les faiblesses que la crise avait fait apparaître dans un contexte où les populations sont inquiètes sur les questions de santé, d’emploi et d’économie nationale.

Ces textes, qui portent sur l’innovation en matière de défense, rappellent que l’avance technologique de l’OTAN a été déterminante pour le maintien de la paix et de la stabilité en Europe et en Amérique du Nord, et que la pandémie de Covid-19, aussi grave soit-elle, ne doit pas empêcher l’Alliance de rester dans la course technologique.

« Réduire les dépenses de défense pendant cette période charnière serait une grave erreur », a déclaré la parlementaire canadienne Leona Alleslev à la commission des sciences et des technologies. « Au contraire, la défense collective de l’OTAN doit être renforcée, et nos pays doivent être plus résilients. »
Robert Murray, chef de l’innovation à la division Défis de sécurité émergents de l’OTAN, a souligné que les Alliés étaient actuellement « dans une course à l’adoption technologique, plutôt que dans une course au développement technologique ».

« Ceux qui gagneront cette course ne seront pas nécessairement ceux qui possèdent la meilleure technologie, mais ceux qui ont les bureaucraties et les organisations les plus réactives », a déclaré M. Murray.

Il a exhorté les Alliés à ne pas seulement compter sur les recettes fiscales, et a déclaré qu’il fallait trouver d’autres « mécanismes de financement créatifs », notamment des subventions à la défense du secteur public et des fonds de capital-risque, pour relancer le développement technologique.

M. Murray a souligné que les géants de la technologie comme Facebook, Google, Amazon et autre, ont dépensé quelque 29 milliards de dollars en recherche et développement au cours du premier trimestre de cette année – une augmentation annuelle de 17 % – ce qui représente un budget supérieur au budget annuel de la NASA en 2020.

Le projet de résolution, rédigé par Leona Alleslev et qui devrait être adopté lors de la session plénière de lundi, exhorte les gouvernements de l’OTAN à respecter leurs engagements en consacrant au moins 2 % de leur PIB à leurs budgets militaires et en s’assurant que les plans de relance dans le cadre de la Covid-19 ne réduiront pas le financement de l’innovation en matière de défense.

En particulier, les gouvernements et les parlements devraient se concentrer sur l’investissement dans le secteur des biotechnologies, qui couvre les capacités de tests, de réaction et de résilience. Ils devraient également encourager le développement de pôles d’innovation de défense composés de groupes de réflexion, d’experts et de jeunes pousses.

Ce projet de résolution incite à une plus grande prise de risque dans l’innovation de défense, qui, bien qu’occasionnant parfois des échecs, fait souvent émerger des technologies véritablement révolutionnaires. Les gouvernements sont invités à développer les partenariats public-privé, notamment en réduisant les obstacles administratifs.

Il souligne en outre que les pays et les parlements de l’OTAN doivent exploiter au maximum leur capital intellectuel et leur capacité de recherche, notamment en renforçant la présence des femmes et des jeunes au service de la science et de la technologie et de l’innovation de défense.

« Nos adversaires sont de plus en plus flexibles et réactifs, ils utilisent leurs atouts technologiques pour générer le chaos, la destruction et les perturbations au sein de l’OTAN », a déclaré Leona Alleslev. À ceux qui pourraient affirmer qu’il faudrait réduire les dépenses de défense pour investir ailleurs, elle rappelle que « nos adversaires n’attendent que cela ».