Les législateurs prient instamment l’OTAN de placer les valeurs démocratiques au cœur de l’Alliance

11 octobre 2021

LISBONNE - Lors de la séance plénière de clôture de sa 67e session annuelle, ce lundi, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) a prié instamment les Alliés de créer un centre pour la résilience démocratique à l’OTAN, afin de protéger les valeurs démocratiques qu’ils partagent et de les ériger en élément clé de la réponse de l’Organisation aux défis de sécurité qui ne cessent de se poser. 

« Dans quel but nous sommes-nous constitués comme alliance ? Dans le but de prôner, de développer, de renforcer, de défendre la démocratie [et] de favoriser la confiance envers les institutions démocratiques et la gouvernance. Des peuples libres qui expriment librement leur volonté : voilà ce que nous sommes, voilà qui nous sommes », a déclaré Gerald E. Connolly (États-Unis), qui a été réélu président de l’AP-OTAN - laquelle, bien que distincte de l’OTAN sur le plan institutionnel, constitue un lien essentiel entre cette dernière et les parlements et les citoyens des pays membres de l’Alliance. 

« Il faut prendre l’engagement d’y pourvoir au niveau institutionnel et organisationnel en créant un centre de ressources à l’OTAN même », a indiqué le président lors de la session qui a réuni quelque 250 parlementaires des pays membres et des pays partenaires de l’OTAN et qui a jeté les bases d’une contribution de l’Assemblée au prochain concept stratégique de l’Organisation - l’énoncé de sa mission et sa feuille de route, que les dirigeants des pays de l’Alliance approuveront lors d’un sommet à Madrid en 2022. 

La présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, a estimé qu’un centre de ce type à l’OTAN est « nécessaire du fait de l’autocratie qui réapparaît et qui remet en cause la démocratie en de nombreux endroits, et du fait de la corruption qui en est fréquemment l’apanage. » 

Dans le discours qu’elle a prononcé à la session de Lisbonne après avoir reçu le « Prix des femmes pour la paix et la sécurité », Mme Pelosi a précisé qu’un tel centre « servirait les objectifs de l’Alliance ». 

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a félicité les législateurs d’avoir mis l’accent sur les valeurs communes et a rappelé que « le nouveau concept stratégique [sera] un moyen de renouer notre engagement mais aussi de faire progresser nos valeurs démocratiques ; nous étudierons donc votre proposition. » M. Stoltenberg a rappelé que l’OTAN procède par consensus et que les 30 pays de l’Alliance devront adopter cette proposition pour qu’elle se concrétise. 

La secrétaire d’État adjointe américaine aux Affaires européennes et aux affaires eurasiennes,  Karen Donfried, a estimé que la préservation de la démocratie devait sous-tendre l’élaboration de ce document clé. 

« Rien ne sera plus essentiel à notre réussite que l’unité entre des pays qui partagent les mêmes conceptions démocratiques », a déclaré à l’Assemblée Mme Donfried. « Nos démocraties doivent montrer en ce moment crucial qu’elles peuvent tenir leurs engagements vis-à-vis de leurs propres citoyens et des citoyens du monde entier. » 

Dans une résolution adoptée lors de la séance plénière, les législateurs ont prié instamment l’OTAN et ses membres de placer la résilience démocratique au centre des discussions sur l’avenir de l’Alliance. 

Ils appellent les Alliés à « réaffirmer leur attachement individuel et collectif à leurs valeurs communes en créant un centre pour la résilience démocratique au sein de l’OTAN pouvant soutenir les Alliés dans le renforcement de leurs systèmes et institutions démocratiques ». 

Dans une autre résolution sur le maintien de la cohésion transatlantique, les parlementaires appellent les Alliés à multiplier les consultations politiques et à « réaffirmer (...) l’attachement transatlantique aux principes communs de démocratie, de liberté individuelle, de droits humains et de l’État de droit, lesquels sont inscrits dans le Traité de l’Atlantique Nord ». 

Ils précisent que ce centre pour la résilience démocratique devrait « servir de ressource pour surveiller les menaces posées à la démocratie et assister les Alliés et les partenaires, à leur demande, à renforcer leur résilience face à ces menaces ». 

Les législateurs ont souligné les défis que les ennemis extérieurs de la démocratie - en particulier les régimes autocratiques russe et chinois - et les partisans de l’antilibéralisme dans nos propres pays, posent à nos valeurs démocratiques. 

La façon dont la désinformation met en péril nos démocraties a été abordée dans un rapport de Linda Sanchez, membre du Congrès américain et chef par intérim de la délégation des États-Unis auprès de l’AP-OTAN. Le rapport indique que la guerre contre la propagande et les fausses nouvelles ne peut se gagner qu’en présentant un front uni. « Si un intervenant ou une mesure ne peut seul(e) résoudre entièrement le problème, la combinaison de plusieurs éléments peut jeter des bases solides en vue d’un renforcement de nos sociétés démocratiques face aux activités d’information hostiles », y lit-on. 

Lutter contre la menace que constitue la désinformation nécessite que « tous les acteurs au sein de l’Alliance et au-delà prennent résolument des mesures visant à renouveler leur attachement à nos valeurs libérales, [à] rallier le soutien du public, [à] reconstruire le contrat social qui a été mis à mal dans nos sociétés et [à] rétablir la confiance en la démocratie », y lit-on enfin.