Les parlementaires alliés plaident pour un resserrement de la coopération entre l’OTAN et l’UE et pour un engagement accru de l’Alliance dans la région du Golfe

21 novembre 2020

Jeudi 19 novembre, les membres de la commission politique de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN ont estimé que l’OTAN et l’Union européenne devraient formaliser et étendre leur coopération, notamment en élaborant un plan d’action cohérent face aux défis économiques, politiques et stratégiques inhérents à la montée en puissance de la Chine.

L’OTAN et l’UE sont des partenaires naturels qui affrontent les mêmes défis stratégiques et menaces globales. Leur coopération est plus que jamais cruciale face aux enjeux géopolitiques partagés, tels que l’instabilité au sud, le changement climatique, la montée en puissance de la Chine, la guerre hybride ou les technologies émergentes.  

Dans la perspective de la session annuelle de l’AP-OTAN – session qui, cette année, se tient en ligne en raison de la pandémie de Covid-19 –, Sonia Krimi (France) a rédigé un rapport sur le partenariat entre l’OTAN et l’UE.

Dans ce projet de rapport, Mme Krimi appelle les deux entités à ouvrir un « dialogue structuré » sur des questions telles que les conséquences des investissements chinois dans certaines infrastructures pour la mobilité militaire, ou encore, sur la « diplomatie du masque » menée par Pékin pendant la pandémie.

Mme Krimi s’est félicitée de la complémentarité dont ont fait preuve l’OTAN et l’UE dans leur réponse à la pandémie. « Tandis que l’OTAN a fourni un important soutien militaire et logistique, l’UE a mobilisé les réponses politiques et socioéconomiques », a-t-elle déclaré devant la commission politique, ajoutant que « les deux organisations [s’étaient] fortement mobilisés contre la désinformation et les menaces hybrides ».

Toujours dans ce rapport, Mme Krimi souligne que les efforts consacrés à l’élaboration de capacités de défense européennes plus solides ne nuisent pas à l’unité transatlantique : « Une UE forte reste la pierre angulaire d’une OTAN forte. » Elle constate qu’un nombre croissant de pays européens étoffent leur budget militaire, l’objectif étant d’allouer 2 % de leur produit intérieur brut à la défense.

Enfin, Mme Krimi a instamment invité les dirigeants alliés à surmonter les obstacles politiques qui s’opposent à une formalisation des relations entre l’OTAN et l’UE.

Intervenant au cours de la session, le ministre des affaires étrangères grec, Níkos Déndias, a lui aussi insisté sur la nécessité d’une coopération plus étroite entre les deux entités. « Il est très important [...] de pouvoir disposer d’un canal de communication entre l’Union européenne et l’OTAN », a-t-il dit. « Il faut multiplier les contacts. Je considère que cela est de la plus haute importance et d’une extrême urgence. »

D’autre part, les membres de la commission politique ont examiné le rapport d’Ahmet Yıldız (Turquie) sur les dynamiques sécuritaires et politiques dans le Golfe ; dans ce rapport, M. Yıldız presse les Alliés de se rapprocher des acteurs dans la région, au bénéfice de la stabilité et la sécurité : « Du point de vue des partenariats, l’OTAN doit se concentrer sur ce qu’elle fait de mieux : mise en commun de l’expertise, contribution au renforcement des capacités, entraînement et meilleure socialisation des responsables de la défense et de la sécurité. »

M. Yıldız a fait observer que la pandémie de Covid-19 avait des effets dévastateurs sur le Golfe et menaçait d’exacerber les tensions dans la région. Elle peut toutefois être l’occasion de mettre de côté les intérêts nationaux à courte vue pour faire avancer la réconciliation régionale.  « Il faut saisir cette occasion et nous – c’est-à-dire, la communauté euro-atlantique – devons y contribuer. »

Commentant la récente décision de Bahreïn et des Émirats arabes unis de normaliser leurs relations avec Israël, M. Yıldız a rappelé que « dans cette région si fragile, toutes les parties doivent véritablement faire montre de la plus grande prudence et veiller à ce que de nouvelles initiatives n’engendrent pas de conséquences indésirées ».

M. Déndias a toutefois affirmé que des « accords de normalisation » avec Israël ouvraient de nouvelles perspectives dans l’ensemble du Moyen-Orient : « Nous pensons désormais qu’une entente existe autour de la façon dont les problèmes de la région peuvent être traités. » Le ministre a ajouté : « Par le passé, il y avait une ligne de démarcation entre Israël et les Arabes. Cette ligne a maintenant disparu. »

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