Les parlementaires de l’OTAN invitent instamment les pays alliés à renforcer leur résilience sociétale et démocratique

16 mai 2021

➡️ Visionner le débat


Les pays alliés doivent considérablement améliorer la résilience de leurs sociétés face aux menaces les plus diverses, depuis les crises sanitaires jusqu’aux catastrophes naturelles, en passant par les attaques hybrides et la désinformation. Tel est l’avertissement adressé ce samedi 15 mai 2021 aux membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, qui tient ces jours ci sa session annuelle de printemps.

La commission sur la dimension civile de la sécurité (CDS) de l’Assemblée a examiné un avant projet de rapport insistant sur l’importance de l’état de préparation civile et d’une étroite coopération entre les secteurs civil et militaire.

« La pandémie a montré que les pays alliés devaient consolider encore la résilience de leurs sociétés en renforçant leur état de préparation et leur capacité de réaction aux chocs de toute espèce », déclare Joëlle Garriaud-Maylam (France) dans ce projet de rapport.

Il convient que ces pays expliquent mieux à leurs populations respectives l’importance de la résilience et le rôle que tous les acteurs civils doivent jouer dans la consolidation de cette dernière, note aussi Mme Garriaud-Maylam, qui estime par ailleurs que le processus de réflexion « OTAN 2030 » offre une excellente occasion de repenser et d’améliorer la stratégie de l’OTAN pour l’instauration d’une résilience sociétale face aux risques actuels et futurs.

Évoquant la coopération entre la Suède et la Finlande, Sara Myrdal, de la MSB (l’agence suédoise de la protection civile), a indiqué qu’un des axes principaux des initiatives visant à construire la résilience sociétale était l’association avec le public, la collaboration avec les établissements scolaires et les enseignants pour l’information des jeunes et l’organisation d’exercices avec les communautés locales afin de sensibiliser celles-ci aux moyens à mettre en œuvre dans tel ou tel autre type de crise.

Dans un avant-projet de rapport sur le renforcement de la résilience démocratique à la désinformation et à la propagande, Linda Sanchez (États-Unis) s’est attardée sur les conséquences néfastes de ces pratiques, tragiquement illustrées par l’assaut lancé contre les bâtiments du Congrès des États-Unis le 6 janvier 2021.

Mme Sanchez a fait ainsi observer que les émeutiers, « mus par la puissance destructrice de la désinformation », avaient attaqué le siège de la démocratie américaine à un moment critique : « Si nous voulons éviter que les mêmes faits se reproduisent – que ce soit aux États-Unis ou dans toute autre démocratie –, nous devons comprendre comment cela a pu arriver. »

Dans le même document, Mme Sanchez invite les pays alliés à se montrer vigilants face à la menace de la désinformation et de la propagande et se penche sur la façon dont des gens mal intentionnés se servent de telles méthodes pour répandre et faire prospérer leur crédo politique et stratégique.

« La démesure de leurs interventions dans la sphère de l’information a des répercussions directes sur les pays alliés comme sur d’autres. En semant le doute et la confusion, ils nous empêchent de riposter efficacement à la crise sanitaire et ne font qu’aggraver les effets de la pandémie », a t-elle ajouté.

La menace la plus sérieuse émane de la Russie, de la Chine et de divers acteurs non étatiques. Il est urgent que les pays alliés procèdent à des investissements à long terme pour faire pièce à la désinformation en colmatant les failles sociétales par lesquelles se propagent mensonges et informations trompeuses.

Tor-Björn Åstrand, du département de la MSB chargé de la lutte contre la désinformation, a signalé qu’en Suède les services de renseignement, la police et des spécialistes travaillaient à des systèmes grâce auxquels « il [était] possible de comprendre la menace, de partager des techniques permettant de repérer les activités de désinformation et d’influence en provenance de pays étrangers et d’y parer ».

De son côté, la sous-commission sur la gouvernance démocratique a rédigé un avant-projet de rapport traitant des espoirs et des attentes suscités par les « printemps arabes » survenus une décennie plus tôt dans divers pays de la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Dans ce rapport, Anissa Khedher (France) fait remarquer qu’à l’exception de la Tunisie, la plupart des pays de la région connaissent une régression démocratique, comme l’attestent le retour d’un régime autoritaire en Égypte et la poursuite des conflits en Syrie, en Libye et au Yémen.

Dans la plus grande partie de la région, une situation socio-économique défavorable et l’absence d’avancées dans le domaine des droits fondamentaux ont exacerbé le mécontentement populaire. Selon Mme Khedher, le regain des mouvements de protestation constaté depuis 2019 dans plusieurs pays montre que le processus de démocratisation engagé en 2011 n’a pas encore abouti.

Toujours selon Mme Khedher, « la stabilité du voisinage méridional de l’OTAN est essentielle à la sécurité de l’Alliance, dès lors que les remous provoqués par les événements qui se produisent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ne se confinent pas aux pays concernés », a ajouté la députée, qui a affirmé pour conclure que l’évolution de la situation intérieure dans ces pays depuis les soulèvements d’il y a dix ans « mérit[ait] d’être suivie de près ».
 


Télécharger les avant-projets de rapport de la commission dimension civile de la sécurité
Contact presse : press@nato-pa.int

Lire aussi

SEE MORE