Les pays alliés sont invités à mieux informer le public sur la mission de l’OTAN et à équilibrer soigneusement leurs relations avec la Chine dans le respect des valeurs libérales

21 novembre 2020

Le public a une connaissance limitée de l’OTAN et des opérations alliées ; aussi les pays membres et leurs législateurs doivent-ils mettre en avant le profil de l’Alliance, d’autant que cette dernière est confrontée à de nouveaux défis lancés à l’ordre mondial, comme ceux qui émanent de la Chine. Tel est le message adressé jeudi 19 novembre aux membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN à l’occasion de leur 66e session annuelle.
 
Les participants à la session ont examiné des projets de rapports sur une meilleure information à propos de l’OTAN et sur les problèmes posés par la rapide montée en puissance de la Chine, projets qui invitent instamment l’Alliance à intensifier ses efforts pour communiquer sur son rôle et ses objectifs, alors même qu’elle est aux prises avec des campagnes de désinformation  portant notamment sur la pandémie de Covid-19.
 
« Notre Alliance apporte une contribution cruciale à la préservation de la sécurité et de la stabilité de la zone euro-atlantique. Pourtant, une très grande partie du public connaît mal l’OTAN et ne comprend pas grand-chose à ses missions », a déclaré Angel Tîlvăr (Roumanie), qui s’adressait à la commission sur la dimension civile de la sécurité (CDS) de l’Assemblée.
 
« Malheureusement », a poursuivi M. Tîlvăr, « le soutien des citoyens à l’OTAN se ressent de cette méconnaissance. Une communication efficace revêt donc une importance capitale pour le succès de l’Alliance. »
 
M. Tîlvăr a pressé l’Alliance de mettre à profit le processus de réflexion « OTAN 2030 » pour réviser et améliorer sa stratégie dans le domaine de la communication. L’Assemblée elle-même devrait s’employer à mieux mettre en valeur l’Alliance, et singulièrement auprès des jeunes, qui formeront la prochaine génération de citoyens et de dirigeants.
 
Enfin, M. Tîlvăr a insisté sur la nécessité de combattre les fausses nouvelles, en particulier celles qui touchent à la pandémie. La Russie, la Chine et d’autres acteurs, a-t-il dit, tentent de semer la division au sein de l’Alliance et de saper la confiance des populations dans les institutions démocratiques et dans l’aptitude de celles-ci à répondre aux crises. Le rapport de M. Tîlvăr a été adopté par la CDS.
 
Quant au rapport de Lord Jopling (Royaume-Uni), il traitait de la Chine et évoquait la nouvelle loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, les atteintes à la liberté d’expression et la concentration des pouvoirs dans les mains du président Xi Jinping, autant de faits qui démontrent l’intention de Pékin de ne pas se conformer aux normes libérales.
 
D’autres preuves de cet état d’esprit résident dans le traitement réservé à la question de la pandémie par les autorités chinoises, qui ont réduit au silence les lanceurs d’alerte, dissimulé des renseignements sur la maladie, recouru à la propagande pour rejeter la faute sur d’autres pays et profité de la crise pour avancer leurs pions chez leurs voisins.
 
« Dans nos rapports avec la Chine », a soutenu Lord Jopling, « nous devons laisser de côté nos différends occasionnels pour défendre et promouvoir les valeurs sur lesquelles repose notre Alliance. Et de fait, il est vital de parler d’une seule voix pour dénoncer le comportement de Pékin lorsqu’il est inacceptable et incompatible avec les normes libérales. »

« Mais, parallèlement, l’OTAN ne saurait repousser la Chine et la mettre complètement à l’écart », a poursuivi Lord Jopling, qui a insisté sur le besoin d’« un dialogue collectif avec la Chine lorsque cela est possible dans le but de régler les différends de manière constructive et sans renoncer à nos valeurs libérales. »

Le ministre des Affaires étrangères grec, Níkos Déndias, a déclaré que la Chine ne devait pas être mise au ban des nations. Elle doit toutefois accepter l’imposition de règles de jeu équitables dans les affaires : le géant asiatique doit ouvrir ses marchés à l’Europe et à l’Amérique du Nord de la même façon que les marchés occidentaux se sont ouverts à elle.

M. Déndias a indiqué aux participants que « la route de la soie devait rester telle qu’elle était à l’origine : une route à double sens – et non à sens unique –, une route qui va de la Chine jusqu’en Occident, certes, mais aussi de l’Occident jusqu’en Chine ».