Pour l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, les contraintes budgétaires dues à la pandémie ne sauraient se répercuter sur les investissements dans la défense

23 novembre 2020

Dimanche 22 novembre, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN a clairement indiqué aux gouvernements des pays alliés que les contraintes budgétaires dues à la pandémie de Covid-19 ne sauraient affaiblir leur détermination à procéder à des investissements cruciaux dans le domaine de la défense en cette période marquée par une montée des tensions internationales.

L’Assemblée a lancé cette mise en garde : « Les défis sécuritaires (...) auxquels sont confrontés les Alliés n’ont pas diminué mais, au contraire, se sont amplifiés, rendant d’autant plus complexe un environnement sécuritaire international déjà volatil et de plus en plus dangereux. »

Des projets de recommandations de politique générale adoptés par la commission de la défense et de la sécurité (DSC) de l’Assemblée ont instamment invité les pays alliés à réitérer leur engagement de tendre à consacrer au moins 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense et d’investir un cinquième du montant ainsi dégagé dans des équipements d’importance majeure.

« Le maintien de l’accroissement des investissements de défense constitue une protection, non seulement face à des menaces futures mais aussi face à une potentielle prochaine pandémie », est-il indiqué dans le projet de résolution. Celui-ci sera présenté lundi en vue de son adoption à la séance plénière de l’Assemblée, dont la session annuelle se tient cette fois en ligne pour cause de pandémie.

L’auteur du projet, Cédric Perrin (France), a fait observer que la somme des dépenses de défense des Alliés européens et du Canada avait augmenté pendant six années consécutives et que, depuis 2016, de nouveaux investissements – pour un montant de plus de 130 milliards de dollars – avaient partiellement comblé l’écart avec les États-Unis.

Dix Alliés ont désormais franchi la barre des 2 % du PIB, contre trois lorsque cet indicateur de référence avait été adopté en 2014.

Les parlementaires ont salué le rôle joué pendant la pandémie par les forces armées alliées, qui ont, entre autres, assuré la coordination et la surveillance de centaines de missions d’assistance médicale ; un demi-million d’hommes et de femmes ont ainsi été mobilisés au bénéfice des services de santé et du secteur civil.

La DSC a recommandé que les nouveaux investissements dans la défense servent à renforcer les infrastructures et les institutions nécessaires à l’édification d’une résilience contre de futures pandémies, tout en permettant aux forces armées de se concentrer sur d’éventuelles menaces extérieures. Une coopération accrue avec l’Union européenne, notamment dans le domaine de la mobilité militaire, peut garantir une circulation efficace des forces armées et des fournitures médicales.

Le projet de résolution invite les Alliés à mieux protéger leurs infrastructures vitales des « investissements prédateurs », surtout lorsqu’ils proviennent de « rivaux stratégiques », d’une part, et à « réduire la dépendance excessive à l’égard d’un seul pays pour la fourniture de matériels médicaux, de produits pharmaceutiques et d’autres technologies pouvant s’avérer critiques au cours d’une crise future », d’autre part.

Par ailleurs, il dénonce les « provocations incessantes » par lesquelles la Russie « cherche à sonder l’état de préparation des forces de l’OTAN sur terre, dans les airs, en mer et dans l’espace ».