RCSNU 1325 : Les législateurs alliés réitèrent leur engagement à intégrer la dimension de genre dans le domaine de la paix et de la sécurité

29 octobre 2020

La vidéo de la réunion se trouve en bas de page


À l’approche du 20e anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité (FPS), le 31 octobre, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN a organisé un webinaire sur les progrès réalisés et les défis en suspens, réunissant 91 participants, composés de législateurs/rices de 14 pays alliés et partenaires et du Parlement européen.

« L’adoption de cette résolution historique a marqué un tournant. Il est essentiel non seulement de renforcer la protection des droits des femmes dans les zones de conflit, mais aussi de garantir la pleine représentation des femmes à tous les niveaux de prise de décision », a souligné la membre du Bundestag allemand, Ulla Schmidt, qui coprésidait le webinaire aux côtés d’Attila Mesterhazy (Hongrie), président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

« Les parlementaires alliés ont un rôle crucial à jouer dans cet effort », a souligné Mme Schmidt. Elle a rappelé les efforts déployés de longue date par l’Assemblée pour promouvoir la dimension de genre dans toutes ses activités. Mme Schmidt a notamment mentionné son rapport contenant des recommandations politiques concrètes, qu’elle a établi au nom de la commission de l’Assemblée sur la dimension civile de la sécurité. 

Clare Hutchinson, représentante spéciale du secrétaire général de l’OTAN pour la question FPS, a parlé des réalisations de l’OTAN en matière de lutte contre l’inégalité des sexes et de l’intégration des priorités de la FPS dans les missions essentielles de l’OTAN. Elle a souligné que « le traitement des femmes dans toute société est un baromètre qui permet de prédire d’autres formes d’oppression ». Elle a ajouté en outre que « les pays où les femmes jouissent d’une plus grande autonomie sont beaucoup plus sûrs ». Même si les défis restent considérables, en particulier lorsqu’il s’agit de changer les mentalités, l’Alliance a montré l’exemple en intégrant la FPS dans sa propre vision pour devenir plus performante, a conclu Mme Hutchinson.

La vice-amirale Louise Dedichen, représentante militaire de l’OTAN pour la Norvège, a donné un aperçu de l’expérience de la Norvège dans la mise en œuvre du programme FPS. Elle a fait valoir que l’intégration de la dimension de genre dans les opérations relevait de la responsabilité des dirigeants et que « la présence d’un conseiller ou d’une conseillère en matière de genre ne peut pas suffire à donner le change si elle ne s’accompagne que de demi mesures visant à paraitre politiquement correct ». Elle a également plaidé en faveur d’un audit approprié de la mise en œuvre du programme FPS et de l’identification d’objectifs spécifiques mesurables à tous les niveaux de l’organisation.

Cristina Finch, cheffe de la division Genre et sécurité au CDFA au Centre pour le contrôle démocratique des forces armées de Genève a exprimé son inquiétude face à l’érosion des normes internationales en matière de droits humains dans de nombreux pays, et à l’augmentation de la violence politique ciblant les femmes et des discours sexistes et homophobes des dirigeants politiques. Elle a également proposé aux parlementaires des moyens spécifiques de renforcer leur contribution au programme FPS, par exemple en s’assurant que la dimension de genre était intégrée dans la budgétisation. « En d’autres termes, s’il n’y a pas d’argent pour mettre en œuvre un programme, il est très peu probable qu’il le soit », a souligné Mme Finch.

Au cours de la discussion, les parlementaires et les experts ont convenu qu’il fallait rester vigilant et que les progrès en matière d’intégration de la dimension de genre et des droits des femmes n’étaient pas encore définitivement acquis. Les participants ont également exprimé leurs inquiétudes quant à la détérioration de la condition des femmes dans le contexte de l’actuelle pandémie de Covid-19. 

À la clôture de la réunion, le président Mesterhazy a réitéré aux membres que le programme FPS resterait au cœur des priorités de l’Assemblée.