Résilience démocratique et tensions avec la Russie et la Chine dominent l'ordre du jour de l'Assemblée en amont du sommet de l'OTAN

13 mai 2021

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Alors que l'OTAN se prépare à un sommet qui devrait marquer une nouvelle ère dans les relations transatlantiques, des parlementaires des pays membres et partenaires de l’Alliance se réunissent à l’occasion de la session de printemps de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN (AP-OTAN). Cette session représentera une opportunité de débattre sur les moyens de renforcer l'OTAN et ses fondements démocratiques dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie, de frictions avec la Chine et du retrait des troupes en Afghanistan. 

« En tant que pays alliés, nous nous trouvons face à un tournant critique » a souligné le président de l'AP OTAN, Gerry E. Connolly (États-Unis), dans son message de bienvenue. « Notre modèle de démocratie libérale est remis en question, à la fois à l’échelle internationale par les autocrates de Moscou, de Pékin, ou encore Téhéran mais également au plan national par des partisans de l'illibéralisme. »

Recentrer adéquatement l'Alliance sur ses fondements démocratiques communs se trouvera donc au cœur des discussions à cette session, qui aurait dû initialement se tenir à Stockholm mais a été reprogrammée par visioconférence en raison de la pandémie toujours en cours de Covid-19.

« Le mois prochain, les chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN se réuniront pour tracer la voie de l'adaptation de l'Alliance en vue de la prochaine décennie. La protection de nos valeurs démocratiques communes doit en être un élément central, » insiste le président Connolly. 

Pour soutenir cet objectif, le président de l'Assemblée a proposé la création d'un centre pour la résilience démocratique au sein même de l'OTAN – une proposition déjà approuvée par l'Assemblée en 2019. Un groupe de travail mis en place pour affiner le concept d’une telle proposition a tenu sa première réunion un peu plus tôt aujourd’hui. 

Des ministres du gouvernement suédois, le secrétaire général délégué de l'OTAN, Mircea Geoană, accompagné d'autres hauts responsables de l'OTAN, d’éminents experts ainsi que des officiers supérieurs de l’armée se joindront aux législateurs pour examiner principalement les mêmes questions de sécurité qui sont inscrites à l'ordre du jour du sommet des chefs d'État et de gouvernement du 14 juin, attendu pour étoffer les conclusions du processus de réflexion OTAN 2030 et ouvrir la voie à une révision du concept stratégique actuel. 

« Notre réunion de printemps tombe à point nommé puisque nous sommes aux prémices d’un nouveau chapitre dans les relations transatlantiques, » déclare le président Connolly. 

269 législateurs issus des 30 pays membres de l'OTAN, ainsi qu’une centaine de représentants d'une trentaine de pays partenaires et d'autres instances parlementaires, ont été invités à participer à cette réunion de quatre jours qui débute ce vendredi. Ils examineront 15 avant-projets de rapport sur toutes les questions de sécurité concernant les intérêts transatlantiques, allant du défi permanent posé par la Russie à la modernisation militaire de la Chine, en passant par la sécurité régionale, de l'Afrique au cercle arctique. Le Bureau de l'Assemblée – qui réunit ses dirigeants élus – s'est réuni aujourd'hui pour passer en revue les préparatifs et les principales attentes vis-à-vis de cette session.

Les discussions auront lieu alors que des dizaines de milliers de soldats russes restent déployés près de la frontière orientale de l'Ukraine, bien que Moscou ait soutenu que leur départ était imminent. Les tensions sont d’autant plus exacerbées par la détention judiciaire du chef de file de l'opposition, Alexei Navalny, ainsi que l'expulsion récente par la Russie de diplomates occidentaux.

Les parlementaires échangeront des idées sur les meilleurs moyens de contrer les défis posés par les agissements agressifs de la Russie, notamment dans la région de la mer Noire et dans l’espace aérien des États baltes et de la Norvège.

Qui plus est, cette réunion virtuelle se déroulera également dans un contexte où les Alliés et leurs partenaires mettent fin à un déploiement de près de vingt ans en Afghanistan, tout en cherchant à maintenir un soutien au gouvernement et aux forces armées du pays.

La nécessité de réviser les traités internationaux régissant la maîtrise des armements et le développement de missiles figurent également en bonne place à l'ordre du jour. Les législateurs discuteront aussi des ambitions nucléaires de l'Iran et des efforts visant à relancer l'accord qui permettrait de freiner la République islamique dans ses travaux d'enrichissement d'uranium. 

Enfin, les dépenses militaires restent une question prioritaire, et les législateurs feront le point sur les efforts déployés pour respecter l'engagement pris par les Alliés en matière d'investissement dans la défense, notamment celui de consacrer au moins 2% du PIB aux budgets de la défense et ce, en dépit des pressions économiques exercées par la pandémie.  

L'Assemblée parlementaire de l'OTAN constitue un forum unique permettant à des parlementaires issus de toute la zone euro-atlantique de débattre et d’influencer les décisions relatives à la sécurité de l'Alliance. L'Assemblée est institutionnellement distincte de l'OTAN, mais elle constitue un lien essentiel entre cette dernière et les parlements, ainsi qu’avec les citoyens des pays de l'OTAN. Elle assure notamment une plus grande transparence des politiques de l'organisation et favorise une meilleure compréhension de ses objectifs et de ses missions auprès des législateurs et des populations de l'Alliance.


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