Un groupe de travail de l'AP-OTAN examine la proposition de création d'un centre pour la résilience démocratique de l'OTAN avant le sommet de l'OTAN

03 juin 2021

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« À moins de deux semaines du sommet de l'OTAN à Bruxelles, nous nous trouvons à un moment charnière pour notre Alliance. Notre Alliance transatlantique de démocraties est confrontée à une nouvelle concurrence mondiale dans nos valeurs », a déclaré le président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, Gerald E. Connolly (États-Unis), lors de la première réunion publique du groupe de travail sur la création d'un centre pour la résilience démocratique au sein de l'OTAN

« Notre Alliance dispose à la fois des ressources et des traditions nécessaires pour faire face aux défis d'aujourd'hui et, pour persévérer, nous devons nous réengager explicitement envers [nos] fondements démocratiques – pas seulement par des déclarations et des communiqués, mais en créant une architecture et en prenant des mesures concrètes », a déclaré le président Connolly. « Je suis fermement convaincu que nous devons ancrer cet engagement envers la démocratie au sein de l'OTAN en créant un centre pour la résilience démocratique. »

Le groupe de travail de l'Assemblée, créé en avril 2021, est chargé de recueillir des témoignages d'experts et de responsables de l'OTAN afin d'élaborer une proposition complète, pratique et concertée pour un centre pour la résilience démocratique au sein de l'OTAN et de recueillir un soutien au sein de l'Alliance pour sa création. Il est composé du Bureau élargi et du président de la commission sur la démocratie et de la sécurité (CDS), récemment rebaptisée. 

Partageant son point de vue avec les membres du groupe de travail, l'ancienne secrétaire générale déléguée de l'OTAN, Rose Gottemoeller, a souligné que « l'OTAN devrait réaffirmer ses valeurs fondamentales dans le cadre du réexamen OTAN 2030 et du processus d'actualisation du concept stratégique. Il est important que ces questions soient au premier plan en ce moment et que l'OTAN envoie des messages clairs à leur sujet ». Mme Gottemoeller est maître de conférences Payne au Center for International Security and Cooperation et chargée de recherche à la Hoover Institution (Université de Stanford).

« Les valeurs et institutions démocratiques sur lesquelles l'Alliance a été fondée sont attaquées par des opposants externes et internes », a déclaré l'ancien haut diplomate américain Daniel S. Hamilton. « Les pays alliés dont la protection de la démocratie, des libertés individuelles et de l'État de droit est faible deviennent vulnérables à la subversion, à la corruption, à la désinformation et à l'information erronée. »

« Intégrer davantage la résilience démocratique dans les missions de l'OTAN n'est donc pas une tâche supplémentaire, c'est une tâche fondatrice pour l'Alliance", a ajouté M. Hamilton, membre émérite de la Fondation autrichienne du plan Marshall et directeur du Global Europe Program au Wilson Center.

Au cours de leurs discussions avec les deux éminents experts, les membres du groupe de travail ont exprimé leur soutien continu à la création d'une structure au sein de l'OTAN consacrée à la promotion de la résilience démocratique – une idée suggérée pour la première fois par le président Connolly en 2019 et officiellement approuvée depuis par l'Assemblée dans son ensemble. Une telle structure est nécessaire, ont-ils souligné, pour aider les États membres à mieux comprendre les menaces potentielles pour leurs systèmes démocratiques et les aider, à leur demande, à remédier aux vulnérabilités sociétales qui pourraient autrement être exploitées par des acteurs malveillants.

Au cours des débats, Attila Mesterhazy, vice-président de l'AP-OTAN et rapporteur du groupe de travail, s'est élevé contre les critiques qui affirment que la résilience démocratique n'est pas l'affaire de l'OTAN et que l'accent mis sur les valeurs affaiblirait la solidarité entre les Alliés. Il a fait remarquer que des arguments similaires avaient été utilisés auparavant pour écarter de l'ordre du jour de l'OTAN des questions telles que le terrorisme, la cybersécurité et le changement climatique, qui sont toutes aujourd'hui des questions essentielles au sein du siège de l'OTAN.

« Le traité de Washington indique clairement que l'OTAN est une alliance de démocraties. Sans cet engagement en faveur de valeurs démocratiques communes, l'OTAN ne serait qu'un bloc militaire de plus », a ajouté le président Connolly. Renforcer l'attachement de l'Alliance aux valeurs démocratiques est donc indissociable de la garantie de sa sécurité.

Le groupe de travail continuera de recueillir des témoignages et s'efforcera de formuler des recommandations avant le sommet de l'OTAN du 14 juin et tout au long des discussions sur le concept stratégique actualisé, notamment lors de la session annuelle de l'AP-OTAN qui se tiendra au Portugal en octobre.

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