Crise politique au Bélarus : les Alliés condamnent les violences et exhortent au respect des libertés fondamentales

14 septembre 2020

La vidéo de la réunion se trouve au bas du communiqué de presse


« L’Assemblée parlementaire de l’OTAN défend la démocratie, l’état de droit et les droits humains. Par conséquent, nous ne pouvons faire mine d’ignorer qu’en plein cœur de l’Europe des manifestants pacifiques sont violemment réprimés et arrêtés », a déclaré le président Attila Mesterhazy (Hongrie) lors de l’ouverture du webinaire consacré à la situation au Bélarus. Au total, 35 parlementaires de l’Alliance, des pays partenaires et du Parlement européen ont participé au débat. 
 
Le président a condamné une nouvelle fois la violence à l’égard des manifestants pacifiques et a exhorté Minsk à respecter pleinement ses engagements internationaux et les droits fondamentaux, y compris la liberté d’expression et le droit au rassemblement pacifique. 
 
Concernant une éventuelle sortie de crise, le président Mesterhazy a souligné qu’il s’agissait « du combat du peuple du Bélarus ». Et que personne ne pouvait « mener ce combat à leur place, et personne ne devrait s’immiscer dans celui-ci ». 
 
Selon lui, « le Bélarus est une nation souveraine et indépendante, mais la communauté internationale peut, et doit, trouver des moyens de veiller à ce que la violence cesse pour que le peuple puisse choisir librement ses dirigeants et son avenir politique. » 
 
Le président Mesterhazy a également évoqué les tentatives de désinformation insinuant que l’Alliance atlantique tentait de s’ingérer dans les affaires du pays et représentait une menace militaire pour le Bélarus. Il a rappelé que le secrétaire général de l’OTAN avait déclaré qu’il n’y avait pas de renforcement militaire par l’Alliance dans la région et que la posture de celle-ci était uniquement défensive, bien qu’elle reste vigilante et apte à protéger les citoyens des pays alliés. 
 
Les parlementaires de l’OTAN ont eu l’opportunité de s’entretenir avec deux éminents experts lors d’un échange animé, ouvert et nourri. 
 
Franak Viačorka, chercheur non résident de l’Atlantic Council, a présenté l’évolution de la situation politique et analysé les perspectives de changement démocratique. Il a illustré les méthodes répressives du régime en parlant de sa propre expérience en tant que militant pour la démocratie et journaliste au Bélarus – des activités qui lui ont valu d’être envoyé à de nombreuses reprises derrière les barreaux par les autorités. M. Viačorka a comparé la situation actuelle au Bélarus à son combat pour l’indépendance visà-vis de l’Union soviétique en 1989-1990. Même si le régime cherche à « décapiter l’opposition », il est persuadé que les manifestations vont se poursuivre et même s’intensifier malgré la répression en cours, notamment si la situation économique continue à se détériorer. Il craint, en revanche, que la Russie ne tente d’instaurer un « régime fantoche » au Bélarus. 
 
Alors que les présidents Loukachenko et Poutine se rencontraient à Moscou, Marc Galeotti, l’un des plus éminents experts britanniques de la Russie et de l’espace post-soviétique a évoqué le contexte international, le rôle de la Russie et les options possibles sur le plan politique pour la communauté internationale démocratique. Il a déclaré que le Kremlin avait presque garanti que des manifestations antirusses seraient organisées au Bélarus, étant donné la lourde ingérence de Moscou. Selon M. Galeotti, le président Loukachenko avait « pris sa décision » : il n’hésiterait pas à troquer « l’autonomie du Bélarus » contre l’assurance de ne pas se voir détrôné. Bien que la Russie soit frileuse à l’idée de soutenir le président Loukachenko, Vladimir Poutine a décidé qu’il n’avait guère d’autre choix que de protéger le régime de Minsk dans le cadre de ce qu’il conçoit comme une « lutte existentielle contre l’Occident ». 
 
Les deux intervenants ont envisagé des solutions constructives de sortie de crise. Ils ont affirmé que la communauté internationale devait éviter une aggravation des violences et nouer un dialogue avec tous les représentants de la société bélarussienne afin de préserver la souveraineté et l’indépendance du pays. Ils ont tous deux recommandé un élargissement des sanctions individuelles. En outre, la communauté internationale devrait, selon eux, faire savoir à la population du Bélarus que le monde entier les regarde et ne les abandonne pas. 
 
En conclusion de cette réunion, le président Mesterhazy a assuré aux membres que la situation au Bélarus resterait l’une des priorités de l’Assemblée.  


Le parlement du Bélarus avait obtenu le statut de membre associé auprès de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN en 1992, mais ce statut est suspendu depuis 1997.