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Washington DC/Bruxelles, le 22 avril 2016 – Selon de récentes recherches, l’OTAN et ses partenaires perdent peu à peu leur avance en matière de technologie militaire. En février 2016, John Chipman, directeur général de l’Institut international des études stratégiques, a résumé ce constat en ces mots : nous avions auparavant l’impression que les pays occidentaux étaient à la pointe des nouvelles technologies et qu’ils avaient une nette longueur d’avance technologique sur les États concurrents ou sur des acteurs non étatiques. Or, il s’avère que cette avance technologique tend à se réduire aujourd’hui.C’est dans ce contexte que des membres de la commission des sciences et des technologies (STC) de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN se sont rendus à Washington du 11 au 15 avril 2016 pour se pencher sur les efforts des États-Unis en matière de science et de technologie pour la défense et la sécurité. Dix sept parlementaires issus de 13 pays membres de l’OTAN ont pris part à cette visite placée sous la direction de la Baronne Ramsay of Cartvale (Royaume-Uni), présidente de la STC.
En accueillant la délégation au Laboratoire de recherche navale des États-Unis (NRL), Walter Jones, directeur exécutif du Bureau états-unien de la recherche navale et membre votant du Comité pour la science et la technologie de l’OTAN pour les États-Unis, a déclaré aux délégués que « la collaboration avec l’OTAN est très importante pour nous. Personne ne dispose des fonds nécessaires pour entreprendre seul les efforts en matière de science et de technologie pour la défense et la sécurité ». Les parlementaires ont notamment découvert le système de recherche autonome du NRL. Ils ont pu constater comment des systèmes autonomes pouvaient interagir avec d’autres systèmes autonomes et avec des opérateurs humains.
Lors d’une table ronde organisée à l’Université de défense nationale, Christopher Zember, directeur du centre pour la technologie et la politique de sécurité nationale, a souligné que la convergence des technologies civiles et militaires était un facteur crucial, qui façonnait la science et la technologie pour la défense et la sécurité. Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, les évolutions technologiques se sont davantage développées dans le secteur commercial que dans le secteur gouvernemental. Chris Fall, directeur adjoint des programmes de défense au Bureau « science et technologie » de la Maison Blanche, a également souligné que les nouvelles solutions technologiques étaient plus susceptibles d’émerger en dehors des économies industrielles traditionnelles. De plus, les individus et les petites entreprises jouent un rôle de plus en plus important selon lui. De l’avis des experts, toutes ces tendances soulèvent des défis uniques en matière de gouvernance.
Par conséquent, Dimitri Kusnezov, scientifique en chef au sein de l’Administration de la sûreté nucléaire nationale du Département de l’Énergie, a estimé pour sa part que les États ne pouvaient plus se permettre d’instaurer des programmes séparés à chaque fois qu’ils étaient confrontés à un nouveau problème. Au lieu de cela, les structures de sciences et technologies doivent, selon lui, garantir « un espace de réflexion suffisant pour se pencher sur l’avenir. » Une préoccupation commune exprimée par la plupart des interlocuteurs était donc la formation d’une main-d’œuvre possédant une « connaissance approfondie des sciences et des technologies », capable de faire face à un environnement de sciences et technologies en constante évolution.
La STC a également visité la base aérienne de la rivière Patuxent de l’US Navy. Les délégués ont pu se faire une idée plus précise des essais pratiqués par l’US Navy sur ses systèmes aéronautiques, de l’avion piloté embarqué au tout dernier drone, le MQ-4C Triton, dérivé du système Global Hawk fabriqué par Northrop Grumman.
La visite a également été ponctuée de discussions sur d’autres sujets d’intérêt pour la commission, notamment la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire iranien, la cybersécurité, la confidentialité et la gouvernance de l’Internet, la sécurité énergétique, les effets du changement climatique sur la sécurité internationale, les nouvelles tendances concernant les armes de destruction massive et les systèmes aéroportés d’intelligence, de surveillance et de reconnaissance.
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