Discours - Michael R. Turner, président de l'AP-OTAN au Sommet de Varsovie

08 juillet 2016

SOMMET DES CHEFS D’ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT

DES PAYS MEMBRES DE L’OTAN

VARSOVIE, 8 JUILLET 2016

ALLOCUTION DE MICHAEL R. TURNER (ÉTATS-UNIS),

PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE DE L’OTAN

Je vous remercie de me donner l’occasion d’exposer le point de vue de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN sur les défis auxquels est confrontée notre Alliance.

L’OTAN est une force vouée à la paix. C’est elle qui a ramené la paix dans les Balkans. Le traité qui a mis fin à la guerre en Bosnie porte le nom de ma ville natale, Dayton.

Vingt ans plus tard, alors qu’elle est confrontée à de nouvelles menaces, l’OTAN doit rester un pôle de stabilité.

La Russie la considère maintenant comme un adversaire et cherche à en saper les fondements ; dans le même temps, elle affiche le plus profond dédain pour les lois et les normes internationales et tient le langage de la force et de l’intimidation, non du dialogue et de la coopération.

Nos nations sont également menacées par le terrorisme international, qui trouve parfois un appui chez certains de nos citoyens.

Les membres, les partenaires et les adversaires de l’OTAN peuvent changer ; le risque de voir les dirigeants d’autres pays s’en prendre à leurs propres peuples ou tenter de dominer leurs voisins est, lui, immuable. Le passage du temps ou l’avènement d’une ère nouvelle de la pensée humaine ne pourront venir à bout de l’agression. La sécurité ne peut être garantie que par des forces armées crédibles capables de dissuader ceux qui nous veulent du mal et de nous défendre contre eux.

Vos concitoyens ferment leur porte la nuit, non qu’ils prennent leurs voisins pour des voleurs ou des assassins, mais parce que, s’ils ne le faisaient pas, ils ne protégeraient pas leurs familles comme ils en ont la responsabilité. De la même façon, restreindre les fonds affectés à la dissuasion constitue un manquement à notre responsabilité vis-à-vis de la famille des Alliés et expose cette dernière au danger. Le dialogue est d’une grande utilité pour le règlement des conflits, mais il ne saurait se substituer aux investissements nécessaires dans la dissuasion.

Dans la déclaration qu’elle a préparée dans la perspective du Sommet de Varsovie, l’Assemblée demande à l’OTAN de compter sur ses atouts traditionnels.

Le premier de ces atouts est l’unité. Nos paroles et nos actes doivent montrer que la sécurité de l’OTAN est une et indivisible.

Le deuxième est son attachement unique en son genre à la défense collective. L’OTAN doit faire la preuve qu’elle a la volonté et les moyens de défendre chaque centimètre carré de notre territoire.

Le troisième est sa puissance militaire : l’OTAN doit posséder les capacités classiques et nucléaires propres à rassurer ses membres et à dissuader ceux qui les menacent. Cela signifie notamment qu’elle doit maintenir une présence en avant suffisamment importante et durable sur ses flancs Est et Sud-Est, une présence qui reposerait sur des éléments fixes ou déployés par roulement et sur des dépôts de matériel prépositionnés et à laquelle contribueraient les 28 Alliés.

L’OTAN doit prévoir les dispositions et les infrastructures requises pour renforcer rapidement cette présence en cas de confrontation.

Ses forces doivent être dotées de souplesse, capables de se déployer sans délai en Europe ou au-delà pour projeter de la stabilité, par exemple en appuyant la coalition internationale anti‑Daech ou en développant les capacités de pays partenaires en Libye, en Iraq, en Afghanistan et ailleurs.

En outre, elle doit compléter son système de défense antimissile de manière à protéger son territoire, face au nombre croissant de pays qui se procurent des armes de destruction massive ou la technologie nécessaire à l’élaboration de missiles.

Mais à quel prix ?

Les États-Unis ont pris un engagement en lançant l’Initiative de réassurance pour l’Europe. Les pays européens doivent maintenant leur emboîter le pas.

Au sommet du pays de Galles, nous avons commencé à nous occuper du comblement du déficit capacitaire. Nous devons maintenant veiller à ce que les dépenses soient équitablement partagées.

De surcroît, l’Assemblée est favorable à une accélération du processus de concrétisation des objectifs fixés en matière de dépenses de défense lors du sommet du pays de Galles.

En outre, nous demandons instamment une prompte ratification de l’accession du Monténégro, l’objectif étant de démontrer que la politique de la porte ouverte de l’OTAN est une réalité.

L’Assemblée vous sait gré de la façon dont vous conduisez les affaires de l’OTAN, alliance défensive dont les membres sont soudés par leurs valeurs communes et leur attachement à la paix.

Je vous remercie

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