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Rome/Bruxelles, le 4 novembre 2016 - Les pays membres de l’OTAN et les pays méditerranéens et du Moyen-Orient partenaires ont besoin d’une stratégie commune pour renforcer la sécurité régionale, lutter contre le terrorisme et gérer le flux préoccupant des migrants qui traversent les frontières. Telles ont été les principales questions examinées lors d’un important séminaire de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN), organisé du 27 au 29 octobre 2016 à la chambre des députés italienne.
Ce séminaire a permis d’aborder les six thèmes suivants : la situation en Libye et en Afrique du Nord, la crise des réfugiés et les contrôles aux frontières, les conséquences politiques des migrations de grande ampleur en Europe et aux États-Unis, les Balkans occidentaux en tant que trait d’union entre la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MOAN) et l’Europe, la situation en Syrie et en Iraq, ainsi que le défi de la radicalisation et du terrorisme dans les pays occidentaux.
L’envoyé spécial du président des États-Unis pour la Coalition mondiale de lutte contre Daech, Brett McGurk, a indiqué aux participants que le nombre de ceux qui s’étaient déplacés de l’étranger pour rejoindre Daech en Iraq, en Syrie et en Libye n’avait jamais été aussi élevé et pourrait être supérieur à 40 000. Il a rappelé qu’une propagande très efficace avait permis d’inciter bon nombre de ces combattants à rejoindre Daech. Les vastes efforts aujourd’hui déployés pour reprendre le territoire dont le groupe s’était emparé dans ces trois pays ont toutefois mis fin au discours d’invincibilité de Daech. Décrivant les efforts actuellement poursuivis par la coalition pour reprendre la ville de Mossoul en Iraq, M. McGurk n’a pas caché que cette bataille serait longue. Un million de personnes vivent dans cette ville et la coalition doit veiller à ce que les civils soient protégés, a-t-il prévenu.
L’ambassadeur McGurk a rappelé que le fait de repousser Daech hors de Syrie, de Libye et d’Iraq ne ferait pas pour autant disparaître la menace que représente ce groupe. Les Alliés et leurs partenaires régionaux doivent se préparer à une lutte de longue haleine qui exigera une coopération plus étroite dans tous les domaines, des méthodes de prévention à l’observation continue des médias sociaux par une surveillance judicieuse. Le chef de la délégation italienne, Andrea Manciulli, a indiqué que Daech pouvait transformer ses compétences en matière d’utilisation d’internet à des fins de propagande comme de lancement de cyberattaques, alors même qu’il cède du terrain à la coalition internationale.
À Rome, les membres du Groupe spécial Méditerranée et Moyen-Orient (GSM) de l’AP-OTAN ont également voté l’adoption du rapport d’Andrea Manciulli L’expansion de Daech en Libye et en Méditerranée occidentale [063 GSM 16 F rev.1]. Ce rapport recense les divisions qui continuent de compromettre la sécurité en Libye, étudie la campagne internationale contre Daech à Syrte, ainsi que les articulations entre ce conflit et l’évolution de la situation en Europe et dans les Balkans occidentaux, qui ont, la première comme les seconds, constitué un important vivier de combattants étrangers opérant au sein de Daech.
Le rapport d’Andrea Manciulli interpelle la communauté internationale pour qu’elle maintienne son engagement en Libye et met en avant certains des liens existant entre les réseaux terroristes dans ce pays et dans les Balkans. Son rapport est disponible sur le site de l’AP-OTAN. Intervenant au côté d’Andrea Manciulli, Karim Mezran, maître de recherche au Centre Rafiq Hariri pour le Moyen-Orient, a estimé que les divisions en Libye ne sauraient être aplanies par la voie militaire et que la communauté internationale devrait appuyer le gouvernement reconnu tout en encourageant un large dialogue. Il a fait observer par ailleurs qu’un système décentralisé de règles sera essentiel à la stabilisation du pays.
La crise des réfugiés et la réponse européenne face à celle-ci figuraient aussi à l’ordre du jour du séminaire. Laura Boldrini, présidente de la chambre des députés italienne, a rappelé aux délégués que 3 700 réfugiés, dont au moins 600 enfants, s’étaient noyés en mer Méditerranée depuis le début de l’année 2016. Les criminels que sont les trafiquants d’êtres humains y ont une grande part de responsabilité et l’Europe doit reprendre le contrôle de ses frontières, lesquelles doivent néanmoins rester ouvertes, a-t-elle indiqué.
Anna Borshchevskaya, membre du Washington Institute for Near East Policy (Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient), a estimé que les frappes aériennes russes à Alep et ailleurs expliquaient désormais en grande partie l’exode massif des Syriens. Dans la mesure où cette crise induit des problèmes politiques en Europe, elle sert la double ambition du président Poutine de semer la discorde sur le continent et de montrer que la Russie compte. L’intervenante a relevé que la Russie de Poutine présentait la bataille syrienne comme une bonne occasion d’entraîner les forces russes. Dans ses remarques liminaires, Gilbert Le Bris (France) a indiqué aux participants que le gouvernement français avait tenu à parler au président Poutine des bombardements d’Alep et des crimes de guerre en Syrie, dans le cadre de la participation prévue du chef du Kremlin à l’inauguration d’une église orthodoxe russe à Paris. Le président Poutine a finalement choisi de ne pas se rendre en France.
Cent quarante parlementaires de 39 pays ont participé à ce séminaire conjoint du GSM, présidé par Gilbert Le Bris, et de la sous-commission sur les partenariats de l’OTAN (PCNP), présidée par Karl A. Lamers (Allemagne). Un rapport complet de ce séminaire sera disponible prochainement sur le site internet de l’AP-OTAN.
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