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Istanbul, le 20 novembre 2016 – Comme cela a été indiqué dimanche, la fin du conflit en Syrie est le seul moyen sûr pour mettre un terme à l’afflux de migrants en Europe. Les pays de l’OTAN ont été exhortés à ouvrir leurs marchés du travail à tous ceux qui ont fui le conflit, de manière à alléger la facture de plus en plus exorbitante qu’implique l’accueil de ces migrants en termes d’hébergement et de nourriture.
Les législateurs des pays de l’Alliance, réunis à Istanbul (Turquie) à l’occasion de la Session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, ont également été informés des besoins très spécifiques – et souvent peu pris en compte – des femmes qui effectuent le voyage parfois périlleux depuis la Syrie, l’Iraq et ailleurs pour trouver refuge en Europe.
Dans un rapport traitant des conséquences économiques et sécuritaires de la crise migratoire, qui a été débattu lors de la réunion de la commission sur l’économie et la sécurité, le parlementaire islandais Ossur Skarphedinsson a souligné que tant que le conflit en Syrie ne sera pas réglé, l’afflux de réfugiés ne cessera d’augmenter. Les solutions fragmentées mises en œuvre en Europe ne suffiront pas.
Dans sa conclusion, le rapport indique qu’il est beaucoup moins coûteux et plus efficace d’ouvrir les marchés du travail aux migrants que de leur fournir un hébergement et de la nourriture. La présence de milliers de personnes livrées à elles-mêmes et sans emploi pourrait en outre provoquer des tensions au sein de la société. Cette analyse a été approuvée de concert par les experts réunis à la 62e session de l’AP-OTAN.
« C’est du travail qu’ils veulent, pas des colis de nourriture », a affirmé Sanj Srikanthan, vice-président pour l’Europe de l’organisation International Rescue Committee, devant les membres de la Commission de l’Assemblée sur la dimension civile de la sécurité. « Notre réponse et notre planification devraient s’étaler sur plusieurs années, pas sur quelques mois. »
Sabine Freizer, conseillère auprès du Bureau régional pour l’Europe et l’Asie centrale d’ONU Femmes, a appelé l’attention sur le fait que de nombreuses femmes réfugiées courent le risque d’être victimes d’abus sexuel, de trafic ou d’esclavage. Elles ont aussi moins facilement accès à des informations, des services et de l’aide juridique que les hommes qui viennent trouver refuge en Europe.
Comme l’a précisé Mme Freizer, la Convention de Genève relative au statut des réfugiés – qui date de 1951 – ne fait aucune référence aux femmes ou aux persécutions telles que les abus sexuels et les actes de violence sexiste. Lorsqu’elles présentent une demande d’asile, certaines femmes sont confrontées à la dure tâche de devoir prouver qu’elles font l’objet de violences et d’attaques sexistes.
« Les femmes pâtissent d’un manque de crédibilité, car sous l’effet de la honte et du stress, leurs témoignages sont parfois changeants », a indiqué Mme Freizer. L’oratrice a également mis l’accent sur les pourcentages très variables d’acceptation des demandes d’asile des femmes – de 80 % en Bulgarie à 8 % en Pologne l’an dernier –, et a appelé à une harmonisation des pratiques.
Le rapport de M. Skarphedinsson note par ailleurs que l’exode massif de Syriens vers la Turquie, la Jordanie et le Liban a conduit ces pays au bord de l’explosion, dans la mesure où ils doivent accueillir en tout près de 5 millions de réfugiés. Le problème de l’Europe paraît alors bien dérisoire, avec environ 1 million de migrants à accueillir.
Le Luxembourgeois Marc Angel a déploré le manque de solidarité entre les pays européens, tandis qu’ils se chamaillent pour savoir qui supportera le coût de la prise en charge des migrants. « Ce n’est pas digne des valeurs qui sont les nôtres en Europe », a-t-il ajouté.
Basat Ozturk, sous-secrétaire adjoint au ministère turc de la Défense, a affirmé devant les membres de la commission de la défense et de la sécurité que le gouvernement d’Ankara a consacré une enveloppe de 25 milliards de dollars pour la gestion de la crise des migrants. L’intervenant a cependant déploré que la Turquie bénéficie de si peu de soutien de la part de ses partenaires européens.
« Nous continuons à subir les effets de cette crise, nous accueillons les réfugiés et nous payons la facture », a déclaré M. Ozturk, « mais il n’y a ni solidarité, ni cohésion. »
La rapporteure spéciale Ulla Schmidt (Allemagne) a par ailleurs exhorté les pays des Balkans occidentaux à utiliser cette crise migratoire pour surmonter leurs préjugés et engager une coopération, en ajoutant que c’est une occasion à ne pas manquer pour améliorer la stabilité dans l’ensemble de la région.
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