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Istanbul, le 20 novembre 2016 – Ce dimanche, les parlementaires de l’OTAN ont exhorté les pays de l’Alliance et leurs partenaires à prévenir l’installation de Daech en Libye, à intensifier le partage de renseignements pour mieux suivre les « combattants étrangers » à la trace et à accroître leur aide financière au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord afin de priver l’organisation terroriste de nouvelles recrues.
« Le caractère imminent de la menace terroriste qui pèse sur l’OTAN est une réalité indéniable », peut-on lire dans le rapport du Groupe spécial Méditerranée et Moyen-Orient (GSM) d’Andrea Manciulli (Italie) sur l’expansion de Daech en Libye et dans la région méditerranéenne, rapport présenté lors de la session d’automne de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, qui se tient cette année à Istanbul.
Acculés dans le nord de la Syrie et en Iraq, les combattants de Daech se déplaceront sans doute vers d’autres zones en proie à l’instabilité, telle la Libye, ou rentreront chez eux, où ils risquent de semer la désolation grâce à l’expérience acquise sur les champs de bataille au Moyen-Orient. Pour M. Manciulli, la communauté internationale doit s’occuper en priorité absolue du cas de la Libye.
Le rapport, présenté à la commission politique de l’Assemblée, évoque l’enracinement géographique, idéologique et politique de Daech, un enracinement dont il sera difficile de venir à bout.
Une résolution établie par Rasa Juknevičienė (Lituanie) appelle quant à elle les pays de l’Alliance et leurs partenaires à approfondir leur coopération avec les pays riverains de la Méditerranée et du Golfe, tout en poursuivant leur offensive contre Daech.
La même résolution préconise également une augmentation de l’aide économique et financière au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord, l’objectif étant de contribuer à l’amélioration des conditions d’existence des populations et de priver ainsi les groupes extrémistes de nouvelles recrues.
Bichara Khader, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, a indiqué que les jeunes confrontés à des difficultés économiques peuvent être attirés par l’extrémisme, même s’ils ont fait de hautes études. « Ces jeunes Arabes », a dit M. Khader, « devraient normalement être un atout. En période de marasme économique, ils peuvent se transformer en handicap. »
Les membres de la commission sur la dimension civile de la sécurité de l’Assemblée ont vivement recommandé aux pays de l’Alliance de veiller à ce que leurs services chargés du contre-terrorisme soient dotés des fonds et du personnel requis et à ce qu’ils utilisent au mieux les technologies de partage de renseignements pour localiser et suivre les terroristes en puissance.
Les mécanismes de coopération internationaux déjà en place sont sous-utilisés, tandis que la menace terroriste, elle, change de forme », a dit la rapporteure Joëlle Garriaud-Maylam (France). « Nous devons nous attaquer aux causes profondes du terrorisme pour espérer être en mesure de ramener la menace à un niveau qui soit gérable.
Les parlementaires de l’OTAN ont, par ailleurs, incité les pays de l’Alliance à appliquer des mesures de confiance pour encourager le partage de renseignements telles que des formations de lutte contre le terrorisme communes ou le perfectionnement des mécanismes de supervision pour prévenir toute utilisation abusive de ces renseignements. Ils ont aussi prôné une amélioration des méthodes de lutte contre la radicalisation, notamment dans les milieux carcéraux.
La nécessité d’agir n’a jamais été aussi pressante, tant la situation est sombre. Dans un rapport de la commission des sciences et des technologies consacré au terrorisme chimique, biologique, radiologique et nucléaire, Maria Martens (NL) a indiqué que Daech continuait à employer des armes chimiques en Iraq et en Syrie en dépit de ses revers dans la région.
« Daech utilisera-t-il son stock d’armes chimiques pour un dernier baroud à Mossoul ? », s’est interrogée Mme Martens, évoquant les efforts de l’armée iraquienne pour reprendre le contrôle de cette ville du nord de l’Iraq devenue un bastion extrémiste depuis deux ans. « Il n’est pas déraisonnable de le supposer. Nous ne pouvons qu’espérer que la bataille de Mossoul ne se transforme en guerre chimique », a ajouté Mme Martens.
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