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Tirana, dimanche 29 mai 2016 – L’Ukraine est confrontée à la tâche peu enviable d’honorer les promesses de la révolution de l’Euromaïdan tout en essayant de résister à l’agression de la Russie. Le soutien de la communauté euro-atlantique est vital pour que l’Ukraine puisse réussir dans cette entreprise, ont appris les parlementaires des pays membres et associés de l’Alliance lors de la session de printemps de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN qui se tient à Tirana, Albanie.
« L’accord de Minsk 2 n’est pas parfait, mais c’est le meilleur dispositif existant pour résoudre le conflit », a déclaré Lord Jopling (UK) au sujet du projet d’instauration de la paix négocié sous les auspices de la communauté internationale, tandis qu’il présentait un rapport sur l’Ukraine à la commission de l’AP-OTAN sur la dimension civile de la sécurité (CDS). Moscou continue malheureusement de ne pas respecter l’accord, de fournir un appui militaire aux séparatistes et de déstabiliser le reste du pays, a indiqué le parlementaire britannique. Lord Jopling a par ailleurs exhorté Kiev à adopter une législation clé sur la décentralisation afin de priver Moscou et ses satellites d’une excuse pour saper la mise en œuvre de l’accord.
Tout en se réjouissant de la libération en début de semaine de la pilote et parlementaire ukrainienne Nadya Savchenko, les délégués de l’AP-OTAN ont souligné que la Russie devait encore libérer d’autres prisonniers politiques ukrainiens, dont le cinéaste Oleg Sentsov.
Lord Jopling a par ailleurs condamné les nombreuses violations des droits humains en Crimée – occupée et annexée illégalement par la Russie –, en particulier la récente vague de répression à l’encontre de la population tatare. Le parlementaire a appelé la communauté internationale à réitérer avec force le message selon lequel l’occupation et l’annexion de la Crimée ne seront jamais reconnues.
Les parlementaires ukrainiens participant à la session ont demandé une assistance plus tangible de l’OTAN, en notant que l’adhésion ultérieure de l’Ukraine à l’Alliance représentait, à terme, la seule garantie de sécurité pour le pays. Ils ont également fait remarquer qu’actuellement, l’Ukraine luttait pour défendre les valeurs et la liberté de l’ensemble de la communauté euro-atlantique.
Plusieurs membres de l’Assemblée ont souligné qu’un certain dialogue avec Moscou était certes nécessaire, mais que les sanctions devaient être maintenues jusqu’à ce que la Russie change son attitude agressive. S’adressant devant la CDS, le président de l’AP-OTAN et membre du Congrès américain Michael Turner a noté que l’agressivité de la Russie allait en fait en s’accroissant, comme l’ont montré ses menaces récentes contre la Pologne et la Roumanie. La déléguée lituanienne Rasa Jukneviciene, rapporteure pour la commission politique de l’AP-OTAN, a appelé les Alliés à continuer d’opposer un front uni face aux provocations ininterrompues de la Russie, tout en restant « réalistes et fermes ». « Les dirigeants russes ne comprennent – et ne respectent – que la force. S’ils sentent une faiblesse chez leurs opposants, ils cherchent à l’exploiter », a affirmé la déléguée.
Lord Jopling a appelé la classe politique ukrainienne à placer l’intérêt de la population au-dessus du sien, et à prendre des mesures concrètes démontrant la volonté d’abandonner les vieilles pratiques de la gouvernance, aux effets délétères. Le niveau de soutien de la communauté internationale dépend directement de la capacité de l’Ukraine à tenir ses promesses en matière de réforme et à mettre fin à la corruption et aux tendances oligarchiques. Comme l’a fait remarquer le parlementaire britannique, transformer un pays comme l’Ukraine, avec sa taille et son passé, n’est pas une tâche facile. « Il nous faudra de la patience, ainsi qu’un soutien et des encouragements continus », a-t-il ajouté.
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