L’OTAN a un rôle clé pour la sécurité dans un contexte de menaces en constante évolution selon des parlementaires de l'OTAN en visite aux États-Unis

20 mai 2016

Washington D.C. / Chicago / Bruxelles, le 20 mai 2016 - Alors que l'OTAN est confrontée à des défis importants sur ses flancs Sud et Est, l'Europe et l'Amérique du Nord doivent mettre à profit le sommet de Varsovie pour démontrer leur solidarité et la convergence de leurs objectifs ont déclaré en substance John Heffern, premier sous-secrétaire d'État adjoint aux affaires européennes et eurasiatiques, James J. Townsend, sous-secrétaire adjoint à la défense pour l'OTAN et l'Europe, et plusieurs analystes indépendants, aux membres de la délégation de parlementaires de l'OTAN en visite du 9 au 13 mai 2016 à Washington et à Chicago.

Il est essentiel que les Alliés mettent leurs capacités à niveau et renforcent leur dispositif de dissuasion pour faire pièce au travail de sape mené par la Russie contre la sécurité en Europe orientale, a déclaré M.  Heffern aux parlementaires originaire de 14  États membres de l'OTAN. L'administration américaine attache une grande importance à son partenariat avec une Union européenne forte a-t-il ajouté, et s'attend à ce qu'elle reconduise ses sanctions contre la Russie eu égard au soutien accordé par Moscou aux forces séparatistes en Ukraine.

John Heffern et James J. Townsend ont évoqué l'Initiative de réassurance européenne, qui témoigne de l'engagement des États-Unis envers l'Alliance dans le contexte sécuritaire actuel. L'Administration Obama a ordonné que soient multipliés par quatre les fonds consacrés à cette initiative de renforcement de la paix et de la sécurité en Europe, apportant un poids supplémentaire à l'action des États-Unis en faveur de l'intégrité territoriale de l'ensemble de ses alliés européens par le renforcement de leur présence militaire terrestre, maritime et aérienne en Europe centrale et orientale.

Les responsables américains qui ont reçu la délégation ont reconnu que plusieurs des États membres de l'OTAN avaient progressé dans la réalisation des objectifs budgétaires fixés lors du sommet du pays de Galles tout en insistant sur le fait que l'Europe devait s'engager davantage pour renforcer ses capacités militaires et les financements y afférents. L'Alliance a rarement été confrontée à un éventail de menaces aussi diverses et sur un territoire aussi étendu, a déclaré M.  Townsend. Pour y faire face, il faut davantage de capacités et de ressources. Pour améliorer la situation, il est non seulement nécessaire d'augmenter les dépenses consacrées à la défense mais il convient également d'engager à l'échelle de la société tout entière un débat responsable sur la sécurité.

Ivo Daalder, président du Chicago Council on Global Affairs et ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l'OTAN, a fait écho à ces préoccupations dans l'exposé présenté à la délégation à Chicago. Il a notamment évoqué la nécessité pour l'OTAN de conclure un accord sur ses actions en ce qui concerne la Russie et s'est exprimé sur la façon dont l'OTAN pourrait relever les défis majeurs qui se posent au Moyen-Orient tout en veillant à ce que d'éventuelles tensions entre les pays qui se concentrent sur la Russie et ceux qui sont plus préoccupés par la situation dans le Sud n'ébranlent pas le consensus politique des Alliés. Il s'est par ailleurs dit profondément préoccupé par le fait que l'OTAN soit considérée par certains comme impuissante à améliorer les perspectives de la sécurité dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MOAN), sentiment qui affaiblit de fait la solidarité alliée. Il a suggéré que l'adoption d'une stratégie plus ambitieuse face aux défis de la région soit inscrite comme thème central à l'ordre du jour du Sommet de Varsovie. Il a également invité les parlementaires à débattre activement de ces problèmes et d'autres problèmes de sécurité avec leurs électeurs afin de sensibiliser le public à ces questions et l'aider à mieux en appréhender les enjeux.

Chris Chivvis, directeur adjoint au Rand Corporation's International Security and Defense Policy Center, a déclaré aux membres de la délégation que la détérioration de la sécurité dans certaines zones de la Méditerranée et du Moyen-Orient représentait pour les Alliés un problème à long terme bien plus alarmant que la Russie. Le rôle de l'OTAN a un rôle moins bien défini dans cette région alors que les menaces potentielles y sont multiples et très complexes. Si les Alliés reconnaissent généralement la nature de la menace en Europe orientale et savent précisément ce qu'il convient de mettre en œuvre pour y faire face, il n'existe pas de prescriptions politiques claires pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, ce qui devrait en soi être une source de préoccupation, a déclaré M.  Chivvis.

La vie quotidienne de nombreux citoyens des pays alliés risque davantage d'être affectée par la situation sur le flanc Sud, notamment avec la difficile situation des réfugiés. La crise migratoire en Europe est en effet devenue si grave qu'elle entraîne une refonte politique dans de nombreux pays alliés, ce qui pourrait également se répercuter sur la façon dont l'OTAN elle-même élabore et formule sa politique de sécurité.

La ligne de conduite adoptée par l'OTAN dans la région MOAN a poursuivi M  Chivvis, se fonde sur le Dialogue méditerranéen et l'Initiative de coopération d'Istanbul. Mais au-delà de l'appui de l'OTAN aux opérations en Libye et de sa large participation à des actions de formation et des exercices conjoints, ces partenariats n'ont eu que peu de retombées concrètes. Les relations politiques avec de nombreux pays de la région restent difficiles et la zone dans son ensemble est traversée de tensions politiques internes et déchirée par des conflits ouverts. Et, comme si la situation n'était pas encore assez difficile, l'OTAN n'est pas parvenue à s'accorder sur la façon de gérer la situation dans la région ou ne serait-ce que sur la pertinence de jouer un rôle majeur dans la région.

M.  Chivvis et M.  Daalder estiment que les membres de l'OTAN doivent absolument se persuader qu'ils peuvent contribuer de façon positive à la sécurité dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord et collaborer pour ce faire de façon plus étroite avec l'Union africaine et le Conseil de coopération du Golfe afin de les faire profiter de l'expérience acquise par l'OTAN concernant la gestion de coalitions et opérations complexes de sécurité. M.  Daalder et M.  Chivvis ont suggéré que l'OTAN serve de pôle d'échange de renseignement contre Daech et qu'elle collabore bien plus étroitement avec l'Union européenne sur ce front particulier. Enfin les gouvernements alliés ne devraient pas exclure l'idée que l'OTAN puisse jouer un rôle beaucoup plus actif pour affronter Daech.

La délégation qui comptait des membres de la sous-commission sur les relations transatlantiques et de la sous-commission sur les relations économiques transatlantiques était conduite par Oyvind Halleraker (Norvège) et Menno Knip (Pays-Bas).

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