Terrorisme, dissuasion et avenir des relations transatlantiques à l’ordre du jour de la session de l’assemblée parlementaire de l’OTAN en Turquie

17 novembre 2016

Istanbul, le 16 novembre 2016 – L’Assemblée parlementaire de l’OTAN se réunit cette semaine pour passer en revue les préparatifs auxquels se livre l’Alliance afin de renforcer sa présence militaire dans les pays baltes et en Pologne en réponse aux menaces russes et d’élaborer des mesures pour combattre le terrorisme dans les pays membres de l’OTAN comme au Moyen-Orient.

Pour quatre jours, Istanbul sera l’hôte de la 62e session annuelle de l’Assemblée, dont les membres accueilleront le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, ainsi que les titulaires d’importants portefeuilles ministériels turcs.

Organisée dans une ville à cheval sur l’Europe et l’Asie, plaque tournante des échanges commerciaux de la Turquie, la session a lieu quatre mois après l’échec d’une tentative de putsch dirigée contre les institutions de ce pays et quelques jours à peine après les élections législatives et présidentielle aux États-Unis, tête de file des Alliés.

Ce sera pour le membre du Congrès américain Michael R. Turner la dernière occasion de présider les travaux de l’Assemblée. Son mandat de deux ans touchant à sa fin, les parlementaires éliront son ou sa successeur le lundi 21 novembre, lors de la séance plénière.

L’Assemblée entend, par une série de résolutions, inviter les Alliés à réaffirmer leur engagement en faveur de la défense de ceux d’entre eux dont les frontières jouxtent celles de la Russie, dont le comportement belliqueux reste préoccupant. Les parlementaires devraient renouveler leur soutien à la Géorgie et à l’Ukraine et rappeler aux Alliés leur promesse d’augmenter leurs dépenses de défense.

« La réalité de l’engagement, tel qu’il est inscrit à l’article 5 du Traité, de garantir la souveraineté et l’intégrité territoriale de chaque pays membre de l’OTAN repose sur l’existence d’une dissuasion forte. Cela exige de nous tous que nous investissions dans nos ressources propres et collectives, et ce fardeau doit être réparti entre tous », a déclaré M. Turner avant l’ouverture de la session.

Au moment où Daech se trouve sous pression en Iraq et en Syrie, les parlementaires comptent préconiser un partage plus large des informations et un durcissement des contrôles aux frontières face aux craintes que la pression à laquelle l’organisation terroriste est soumise au Moyen-Orient rende plus vraisemblable un retour en Europe des « combattants étrangers » qui avaient rejoint ses rangs.

Les efforts consentis par l’OTAN pour épauler les Alliés les plus touchés par l’afflux de réfugiés sont également à l’ordre du jour de la session.

Soucieux de contribuer à enrayer cet afflux et de rassurer les partenaires régionaux de l’OTAN, les parlementaires demanderont que des pressions diplomatiques plus fortes soient exercées sur le chef de l’État syrien, Bachar el-Assad, et sur ses partisans en Russie et en Iran. Ils appelleront vraisemblablement les Alliés à développer leur coopération avec les États du Golfe et les pays riverains de la Méditerranée.

L’Assemblée exprimera son soutien à la mission Resolute Support de l’OTAN en Afghanistan, demandera que les lacunes subsistant sur le plan de la sécurité soient comblées et se prononcera pour une intensification de la lutte contre la corruption. Elle pressera en outre les pays donateurs pour qu’ils maintiennent leur aide à l’économie afghane.

Les gouvernements des Alliés seront encouragés à continuer d’investir dans les moyens aéroportés de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, à veiller à ce que leurs technologies soient compatibles à l’échelle de l’Alliance et à éliminer les obstacles au partage des informations.

« La session d’Istanbul intervient à un moment crucial. L’OTAN est confrontée à un environnement sécuritaire fluctuant, voire dangereux, et la Turquie est un Allié indispensable et dûment apprécié qui se trouve en toute première ligne, face à bon nombre des périls qui menacent aujourd’hui la sécurité », a souligné M. Turner. « Nos pays composent l’alliance la plus efficace de l’histoire, une efficacité qui se doit à leur attachement aux valeurs qu’ils partagent et à leur détermination à les défendre. Cette session nous permettra de manifester notre solidarité avec un pays dont la Constitution et les institutions démocratiques ont été la cible, il y a quelques mois à peine, d’une intolérable attaque. Nous avons également hâte d’en apprendre davantage de la part de nos amis turcs quant à la nature, à l’ampleur et à l’application des mesures d’exception prises pour répondre à cette situation. »

L’Assemblée parlementaire de l’OTAN rassemble des délégués des pays alliés et de pays partenaires, ainsi que des observateurs et des représentants de diverses organisations. Elle constitue un lien essentiel entre l’Alliance et les parlements des pays alliés – et, partant, les citoyens de la zone euro-atlantique.

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