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Cairo, 28 September 2016 - L’Egypte a parcouru un long chemin depuis les turbulences de la période 2011-2013, mais la communauté euro-atlantique devrait contribuer à consolider la stabilité à l’intérieur comme dans le voisinage de ce pays, qui reste confronté à de multiples défis tous azimuts. Tel est le message transmis à une délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN qui a séjourné au Caire du 26 au 28 septembre.
Le ministre de la Défense, le colonel général Sedki Sobhi Sayyid Ahmed, a rappelé que l’Egypte avait échappé de peu au sort de la Syrie, de la Libye et du Yémen grâce à la détermination de son peuple et au rôle capital joué par ses forces armées. La stabilité règne et l’essentiel des infrastructures terroristes du Sinaï a été annihilé, ont indiqué plusieurs responsables. Il n’empêche que les autorités égyptiennes souhaiteraient vivement développer leur coopération avec l’OTAN et ses membres dans le domaine de la sécurité et recevoir une aide matérielle sous la forme de drones et de dispositifs anti-engins explosifs improvisés.
La situation régionale reste précaire. L’Egypte s’inquiète en particulier de l’absence en Libye d’un gouvernement qui soit capable d’empêcher des factions armées d’opérer sur son territoire. Les interlocuteurs de la délégation ont fait l’éloge de l’Armée nationale libyenne (ANL) et de son commandant en chef, Khalifa Haftar, qu’ils considèrent comme une partie de la solution, non du problème. Ils ont invité instamment la communauté internationale à lever l’embargo sur les livraisons d’armes à Libye, de manière à permettre à l’ANL de combattre Daech et d’autres mouvements extrémistes.
Les responsables égyptiens sont convaincus que les conflits interethniques et confessionnels du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord sont entretenus par des puissances extérieures et que, sans cette ingérence, les peuples syrien et yéménite pourraient trouver un règlement pacifique aux conflits dans lesquels ils sont plongés.
Les parlementaires de l’OTAN ont appris qu’à la suite de l’accord conclu entre l’Union européenne et la Turquie le flux de réfugiés et de migrants venus du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord avait été détourné vers l’Egypte et la Libye. L’Union européenne a été priée de faire montre de cohérence et d’apporter une aide suffisante à l’Egypte, qui abrite actuellement quelque 500 000 réfugiés syriens et bien d’autres migrants en provenance de ses voisins africains méridionaux.
Les interlocuteurs de la délégation ont indiqué que, sur la scène intérieure, le gouvernement était aux prises avec l’héritage désastreux du régime des Frères musulmans et qu’au vu du contexte international le peuple égyptien, qui a connu plusieurs révolutions, aspire avant tout à la stabilité. Quelques interlocuteurs occidentaux en poste au Caire ont toutefois estiment que certaines des mesures prises par les autorités pour rétablir l’ordre étaient inutilement sévères. Un interlocuteur de la délégation a estimé que cette sévérité reflétait la crainte d’une réaction de mécontentement de la part de la population au moment où le pays engage des réformes économiques nécessaires, certes, mais aussi douloureuses.
Ahmed el-Tayeb, grand imam de la mosquée al-Azhar et figure éminente de la communauté musulmane sunnite, a expliqué à la délégation de quelle manière les instances religieuses égyptiennes combattaient l’extrémisme et promouvaient un islam modéré dans le pays comme à l’étranger. Il a proposé l’aide de son institution aux pays occidentaux en butte au problème de la radicalisation au sein de certaines de leurs communautés.
La délégation se composait de huit membres de la Commission sur la dimension civile de la sécurité et était conduite par le président de cette commission, Vitalino Canas (Portugal).
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